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Commerce mondial

La guerre de la banane est finie

Dans l'entrepôt d'un producteur équatorien.
Dans l'entrepôt d'un producteur équatorien. AFP

Les pays de l'Union européenne et l'Amérique latine ont signé, mardi 15 décembre 2009, un accord visant à réduire les droits douane européens sur la banane en provenance d’Amérique latine. Un coup dur pour les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) qui sont exonérés de droits douane.

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C’est un accord historique qui a été signé, mardi à Genève, entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine, puisqu’il met fin à quinze années de conflit sur les tarifs douaniers pour la banane. Cette guerre opposait les producteurs de « bananes dollars », les pays d’Amérique latine soutenus par les Etats-Unis, à l’Union européenne qui autorise ses anciennes colonies, les pays en développement dits ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), à exporter sans droits de douanes en Europe grâce à un régime préférentiel.

Ce système permettait ainsi de protéger l’accès des bananes du groupe ACP à hauteur de 20% du marché européen et autant pour les bananes communautaires. Il a ouvert la voie à une longue série de plaintes à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des pays latino-américains (Brésil, Costa-Rica, Colombie, Equateur, Honduras, Guatemala, Nicaragua, Panama et Venezuela) qui ont, chaque fois, abouti à des condamnations de l’UE à l’OMC.

Une rude concurrence pour l’Afrique

Le nouvel accord abaissera immédiatement les tarifs douaniers européens de l'UE sur les bananes d'Amérique latine, qui passeraient à 148 euros la tonne, contre près de 176 euros actuellement. Ce tarif passera même à 114 euros la tonne d'ici 2017, offrant de nouvelles perspectives d'exportations pour les producteurs de bananes sud-américains. En contrepartie, les plaignants renoncent à leur droit de poursuite. Quant aux ACP, l’UE a prévu pour les soutenir une enveloppe allant jusqu’à 200 millions d’euros « pour les aider à s’ajuster à une concurrence plus sévère de l’Amérique latine ».

En 2008, ces pays ont exporté quelque 920 000 tonnes de bananes vers l'UE, contre 3,9 millions de tonnes en provenance d'Amérique latine. Pour les pays africains, cet accord sur la banane est plutôt un coup dur. Le Cameroun et la Côte d’Ivoire, gros producteurs, devraient être les plus touchés. A titre d’exemple, la Côte d’Ivoire exporte chaque année près de 230 000 tonnes de bananes. Et plus de 500 000 personnes vivent directement ou indirectement des exportations de bananes dans les deux pays.

Relancer le cycle de Doha

Selon une étude publiée mardi par l'ONG International Center for Trade and Sustainable Development , l'accord devrait toucher les ACP de plein fouet, entraînant une chute de 14% de leurs exportations tandis que celles des pays latino-américains croîtraient de 17%. Pour Michel Gnui, président des producteurs de bananes de Côte d’Ivoire : « pour éviter de disparaitre sur le marché de la banane, les producteurs ivoiriens doivent maintenant exporter ailleurs. Ils vont mettre l’accent sur le développement du marché intérieur et du marché régional ».

Le texte de l’accord doit être soumis aux instances européennes concernées, puis renvoyé devant l’OMC qui doit ensuite le certifier pour qu’il puisse entrer en vigueur. Cet accord sur la banane devrait également relancer les négociations du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce mondial dans l’impasse depuis quatre ans. Elles achoppent principalement sur les subventions agricoles maintenues par les Etats-Unis et l'Union européenne. Si le dossier de la banane est sur le point d’être réglé, reste toujours la question des subventions américaines au coton qui pénalisent bon nombre de pays africains.
 

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