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Sommet de Copenhague

Le sommet de Copenhague se referme sur un accord a minima

Les journalistes en attente de la conférence de presse finale à Copenhague, le 19 décembre 2009.
Les journalistes en attente de la conférence de presse finale à Copenhague, le 19 décembre 2009. Reuters / Christian Charisius

Le Sommet de Copenhague vient de se refermer formellement en « prenant note » de l'accord dit de Copenhague, négocié par la trentaine de pays qui auraient pu changer la donne.La conférence de l'ONU prend acte donc pour ne pas dire qu'elle adopte les textes proposés afin d'en activer les mécanismes de financement.  Retour sur une nuit riche de tensions, frustrations et rebondissements.

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Avec nos envoyés spéciaux à Copenhague, Anne-Cécile Bras et Sylvain Biville

Premier bilan

On se souvient qu'au tout début de la conférence, la capitale danoise avait été rebaptisée Hopenhague, en référence à l’espoir suscité par ce rendez-vous unique au monde. «Aidez-nous à sauver la planète» avait lancé une petite fille dans un film catastrophe projeté en lever de rideau.

Douze jours plus tard, on est à des années lumière de cette atmosphère euphorique.
Un accord a été obtenu à l’arraché vendredi soir par les chefs d’Etat, qui sont partis sans même attendre son adoption définitive – qui n'est d'ailleurs toujours pas acquise. Tout cela en dit long sur la défiance à l’égard de ce compromis a minima. Dans le projet d’accord de Copenhague, l’objectif de limiter à 2°C le réchauffement de la planète est bien réaffirmé, mais il n’est assorti d’aucun engagement contraignant de réduction des émissions de gaz à effets de serre. Le financement de l’aide aux pays les plus affectés par le changement climatique en reste au stade des intentions. Et surtout, la perspective d’un nouveau traité pour remplacer Kyoto a été reportée aux calendes grecques. Les interminables discussions de procédure qui retardent l’adoption de l’accord viennent ternir un peu plus une conférence qui n’a pas été la hauteur de ses ambitions. 

Le fil rouge de la nuit

Vendredi soir vers 22h, l’issue de la conférence de Copenhague s’acheminait vers un accord politique sur la base d’un texte que tout le monde avait dans les mains… Cette hypothèse semblait se confirmer avec les déclarations de Nicolas Sarkozy qui lors d’une conférence de presse annonçait la conclusion d’un accord qui n’était pas parfait mais qui était le meilleur possible… Peu de temps après Barack Obama, qui venait de quitter le Bella Center, apparaissait sur les écrans de télévisions avec une déclaration sensiblement identique.

Le texte que nous avons n’est pas parfait… à mes yeux il manque deux choses : l’objectif des 50% en 2050… et la deuxième chose qui est une déception : il n’y a pas l’organisation mondiale de l’environnement…

Ce qu'il manquera dans le document final de la conférence selon Nicolas Sarkozy

Aujourd’hui, nous avons fait une percée significative et sans précédent à Copenhague... nous avons travaillé toute la journée pour établir un nouveau consensus... Nous venons de loin, mais nous avons encore beaucoup à faire.

Barack Obama : «Nous venons de loin mais nous avons encore beaucoup à faire»

Deux heures plus tard

Le reportage sonore de l'un de nos envoyés spéciaux à Copenhague : un projet d'accord perdu 'dans les méandres des procédures onusiennes'.

Le récit d'une journée et d'une nuit de négociations marathon

Le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping qui préside le G77, le groupe des 130 pays en développement, sème le doute en déclarant que ce texte serait le pire accord de l’histoire… Toute l’attention était alors suspendue à la conférence de presse de l’Union européenne qui, après de nombreux reports, a finalement eu lieu à 2 heures du matin. Le Premier ministre suédois Fredrick Reinfelt, dont le pays assure la présidence européenne, et José Manuel Barroso le président de la Commission européenne confirment alors le principe d’un accord politique, conclu sur la base d’un texte concocté par les 28 chefs d’Etat et de gouvernement qui avaient travaillé toute la journée en groupe restreint représentatif des 193 pays membres de la Convention des Nations unies sur le climat.

Le coup de théâtre danois

Lorsque les représentants des 193 pays se sont retrouvés dans la même salle, tout le monde pensait que la présidence danoise de la conférence allait faire entériner cet accord politique à minima même si tous les pays de la convention n’y adhéraient pas… Ce texte pouvait être une base de travail pour d’autres réunions ultérieures. Mais le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a créé la surprise en annonçant aux représentants des 193 pays qu’il leur proposait un nouveau texte basé sur l’accord politique mais transformé en une déclaration qui engagerait chacun des pays signataires.

Il y a eu alors blocage car pour que ce scénario fonctionne, il faut un consensus. Or une poignée de pays refuse catégoriquement cette procédure. Depuis chaque pays prend la parole, le temps passe, la conférence s’enlise face à un Premier ministre danois livide… et ça semble bien parti pour durer encore de longues heures !

L’irruption sur la scène environnementale des ong et de la société civile
 

La conférence de Copenhague est un échec puisqu'au bout de deux semaines les pays participants n'ont pratiquement réussi à se mettre d'accord sur rien mais pour Pascal Hutsing, directeur de Greenpeace France, les seuls vainqueurs de cet échec ce sont les ONG grâce à la mobilisation qu'elles ont créée.

On constate l'émergence d'une nouvelle société civile, une convergence des luttes... Même si l'échec de Copenhague est total, tout le travail que nous avons réalisé... va un jour porter ses fruits, c'est clair... les seules bénéficiaires de Copenhague, en quelque sorte, ce sont les ong...

Selon Pascal Husting, directeur de Greenpeace France, la société civile finit par s'imposer

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