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Sommet de Copenhague

A Copenhague, la déception est à la hauteur des espoirs

Des écologistes devant le Bella Center expriment leur déception avec une banderole "Shame", "Honte" en français, le 19 décembre 2009.
Des écologistes devant le Bella Center expriment leur déception avec une banderole "Shame", "Honte" en français, le 19 décembre 2009. AFP/ Olivier Morin

On attendait un accord historique, ambitieux, contraignant mais ce sera un accord non contraignant, limité et pas vraiment consensuel. C'est donc la déception qui prédomine à Copenhague après deux semaines de sommet sur le climat. Les écologistes notamment se disent écoeurés alors que pour le numéro un de l'ONU, Ban Ki-moon, cet accord constitue une « étape essentielle ». 

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Avec notre envoyé spécial à Copenhague, Arnaud Jouve

Le sommet des Nations unies sur le Climat se termine avec un accord de Copenhague, au statut juridique flou, dont le contenu de trois pages, est évidemment très en dessous du texte initial de deux cent quarante pages qui avait été élaboré par les experts.

L’accord final affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à deux degrés centigrades par rapport à l’ère pré-industrielle mais il ne comporte aucun engagement chiffré par rapport à l’émission de gaz à effet de serre. Il se contente de prôner la coopération afin d' atteindre un pic d’émission le plus tôt possible. En parallèle de l’accord, une réunion est déjà prévue sur ce point à Bonn, en juin 2010. D’autre part, l’accord se fixe pour but de mobiliser cent milliards de dollars par an, à partir de 2020, pour les pays en développement.

Quant au protocole de Kyoto qui engage les pays signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, il est mentionné, mais sans que ne soit envisagée sa prolongation au-delà de 2012.

C'est donc un texte très en dessous des attentes et qui nécessitera dans un deuxième temps, rapidement, la mise en place d’un cadre juridique fort afin d' être consolidé. Cela pourrait alors, lui donner la forme d’un traité ; ce qui avait provoqué ici, à Copenhague, de multiples contestations.

Cet accord mis au point, in extremis, vendredi 18 décembre par vingt-huit pays, comprenant notamment les Etats-Unis, l’Europe, le groupe des pays émergents (Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud) a été proposé en séance plénière à l’ensemble des pays membres de la convention. Cela a suscité de nombreuses réactions et de nombreux débats qui se sont prolongés toute la nuit ; pour finalement convenir ce samedi matin, 19 décembre, que cet accord ne serait pas consensuel et que les pays, qui ne souhaitaient pas s’associer à cette initiative, pouvaient le faire.

L’accord de Copenhague est donc, à cette heure, soutenu par cent quatre-vingt-deux pays et ne devrait plus être remis en question dans les heures qui viennent.

Avec notre envoyée spéciale à Copenhague, Véronique Rigolet,

Un accord a minima à Copenhague, c’est un maximum de déception pour Nicolas Sarkozy. « Il s’agit d’un accord imparfait », a-t-il reconnu. Un accord qui est loin, très loin du grand traité dont il avait rêvé, lui, qui depuis des mois mène une véritable croisade en faveur du climat. Cet accord ambitieux, il voulait l’arracher à Copenhague avec la même détermination, le même volontarisme qui lui avaient permis d’obtenir des Vingt-Sept de l’Union européenne, le plan climat, en 2008.

Le président Sarkozy à Copenhague n’a pas ménagé ses efforts, convoquant « à la hussarde » une réunion extraordinaire dès son arrivée, et trois semaines également après avoir fait le déplacement au Brésil et à Trinidad, pour rallier le plus grand nombre à la nécessité d’adopter une déclaration ambitieuse.

Mais l’ambition a fait long feu à Copenhague, vaincue par la complexité d’une négociation, non plus à 27 mais à 192, et par la farouche opposition de la Chine, le plus gros pollueur de la planète.

C’est donc tout sauf un succès pour le président Sarkozy. Le coup a visiblement porté mais il ne s’avoue pas vaincu, se promettant déjà de se servir de cet accord a minima, comme d’un tremplin, en vue d’un futur traité, fin 2010.

C’est un échec absolu. C’est un fiasco diplomatique complet. La montagne a accouché d’une souris.

François Gemenne

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