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Portrait

Andrej Ozerovskij : exilé au Kazakhtan

Andrej Ozerovskij.
Andrej Ozerovskij. CERCEC

Né en 1914 dans le chef lieu de Volhynie, à Lutsk, en Pologne orientale, Andrej Ozerovskij est arrêté, en 1944, et déporté à Briansk, en Biélorussie, puis au karlag au Kazakhstan. Il a été interviewé à Karaganda, au Kazakhstan,  en août 2009, par Isabelle Ohayon.

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Je tire très bas mon chapeau au Karlag. S’il n’y avait pas eu ce camp agricole de Karaganda, ça ferait longtemps que je ne serais plus sur cette terre. Par rapport à Briansk, la colonie pénitentiaire en Biélorussie …c’était incomparable.

Né en Pologne orientale, Andrej Ozerovskija a traversé le continent eurasiatique pour se retrouver dans la ville de Karaganda au Kazakhstan, où il file aujourd’hui ses vieux jours. Instituteur de son métier, il devient le témoin sympathisant, pendant la guerre, de la résistance polonaise et ukrainienne aux occupants nazis comme aux troupes de l’Armée rouge.

C’est à ce titre qu’il est arrêté en 1944, sous le chef d’accusation « d’activisme antisoviétique », et envoyé d’abord dans la colonie pénitentiaire de Briansk en Biélorussie où il survit à un régime extrêmement rude.

Sa déportation au Kazakhstan, en 1947, dans l’immense camp agricole de Karaganda, le karlag, le sépare définitivement de sa région natale. Quelques mois après son arrivée au karlag, il est envoyé purger sa peine dans le camp du steplag, isolé au cœur des steppes arides.Comme les autres détenus, il est employé au travail d’extraction du cuivre dans les gisements de cette région riche en ressources minières.

Libéré en 1954, il retourne à Karaganda, dans la ville du charbon où il s’établit et est embauché à nouveau à la mine, univers qu’il affectionne et dans le lequel il se réalise. Il s’intègre dans la société soviétique de Karaganda, aux côtés d’une population de déplacés en tout genre, proscrits de la société stalinienne, comme travailleurs poussés par des mesures incitatives à venir faire prospérer la ville créée de toute pièce, dans les années 1930.

Il renoue alors, par des voyages réguliers, avec sa région natale incluse, depuis 1939, au territoire de l’Ukraine, mais dit ne pas y avoir ses attaches principales. 

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