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Chine

La police de Shanghai « fait le ménage » avant l’Exposition universelle

La Chine a déployé de nombreux policiers pour assurer la sécurité de l'Exposition universelle de Shanghai.
La Chine a déployé de nombreux policiers pour assurer la sécurité de l'Exposition universelle de Shanghai. AFP/Philippe Lopez

La police de Shanghai a arrêté plus de 6 000 personnes dans le cadre d’une opération anti-délinquance avant l’ouverture de Shanghai 2010. C’est la quatrième opération de ce genre en moins de deux mois dans la mégalopole de l’Est de la Chine qui accueillera le 1er mai prochain 192 pays et attend 100 millions de visiteurs.

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« Meilleure Ville, meilleure Vie ». Le slogan de Shanghai 2010 est chanté à tue-tête sur les affiches et le site internet de l’Exposition, pas question de laisser le moindre grain de sable venir enrayer cette belle promesse. La ville fait peau neuve pour l’évènement. Après la rénovation du Bund le long de la rivière Huangpu, le nouveau quartier financer de Lujiazui, les magnifiques pavillons des 192 pays représentés, les autorités veulent désormais chasser les délinquants. 6 402 personnes ont été arrêtées pendant la première quinzaine d’avril affirme le China Daily. 30 000 agents des forces de l’ordre, 16 commissariats autour du Park de l’Exposition ont été mobilisés dans près de 900 opérations de police. 1 300 personnes sont encore derrière les barreaux précise encore l’agence d’information en ligne, les autres ont été relâchées après avoir été « rééduquées ». 

Interdiction de fumer

Tout doit être prêt et « en ordre » pour le Jour J. Shanghai 2010 étant aussi la « vitrine » de cette nouvelle Chine aux taux de croissance à deux chiffres, les autorités ont renforcé les mesures de sécurité. Les personnes interpellées représentent tout le panel des individus susceptibles « d’importuner » les visiteurs : voleurs à la tire, prostituées, vendeurs de dvd pornographiques, organisateurs de pari et même « 2 000 conducteurs de deux roues non immatriculés » qui pourraient représenter un danger sur la route. Il est interdit de cracher sur les trottoirs, il est aussi interdit de fumer dans les lieux publics. Tout ce qui pourrait ternir l’image de la ville a fait l’objet d’un « grand nettoyage ». Ce même principe de « précaution » avait été appliqué avant les Jeux Olympiques de 2008. Les « coiffeuses branleuses » du vieux Pékin qui pour la plupart n’ont jamais tenu un peigne et des ciseaux de leur vie avaient alors été priées de faire un tour en province. Selon le China Daily, 31 étrangers ont également été arrêtés pour entrer illégale sur le territoire et pour consommation de stupéfiants. Selon le plan de surveillance annoncé pour l’évènement : des inspecteurs seront postés à bord de tous les bus qui desserviront l’Exposition, des détecteurs de métaux seront également installés aux 870 entrées des 282 stations de métro de la ville.

Délinquants et dissidents

Ces interdictions et ces mesures de préventions s’appliquent à tous ceux qui pourraient venir troubler « l’ordre public ». Certaines organisation des Droits de l’Homme dénoncent ainsi la répression menée contre les dissidents et militants dans la capitale économique et financière à l’approche du 1er mai. Selon le réseau China Human Rights, au moins dix d’entre eux ont été envoyés en camps de rééducation par le travail. La décision a le mérite d’être expéditive puisqu’elle permet la détention sans passer par une décision de justice. D’autres personnes ont été placées en résidence surveillée. Le bureau municipal de la sécurité publique n’a pas voulu commenter ces accusations. La police de Shanghai a en revanche formellement démentie la rumeur d’un couvre-feu pour expatriés pendant la durée de l’exposition universelle.

Le témoignage de l'activiste Feng Zhenghu

Certaines organisations des droits de l'homme dénoncent la répression menée par le régime contre les dissidents et les militants. Parmi eux, l'activiste Feng Zhenghu, interpellé puis relâché dans la journée. Son témoignage a été recueilli par la rédaction chinoise de RFI.

« Je dormais avec ma femme, quand nous avons soudain entendu frapper (très fort) à la porte... Six policiers et de nombreux agents de sécurité sont venus me chercher pour m'emmener au poste de police. J'ai tout de suite demandé à voir le mandat d'arrêt pour connaître les motifs de mon interpellation. Après un refus, j'ai appris que l'on m'arrêtait pour "insulte et diffamation". J'ai d'abord rigolé, puis j'ai expliqué aux policiers que je n'avais pas pu insulter ou calomnier quelqu'un, puisque je me trouvais à mon domicile. Les policiers m'ont posé des questions, puis ils m'ont emmené au poste du district de Yangpu. D'autres policiers ont continué à fouiller mon appartement et ont saisi tout mon matériel informatique ».

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