Accéder au contenu principal
Chili

L'ex-tortionnaire Paul Schaefer vient de mourir

Paul Schaefer, le fondateur de la colonie Dignidad, avait été arrêté en Argentine (photo du 10 mars 2005 à Buenos Aires), après huit ans de fuite, puis extradé au Chili où il a été jugé.
Paul Schaefer, le fondateur de la colonie Dignidad, avait été arrêté en Argentine (photo du 10 mars 2005 à Buenos Aires), après huit ans de fuite, puis extradé au Chili où il a été jugé. Reuters / R. Andrade

Au Chili, l’ancien nazi Paul Schaefer est mort ce samedi 24 avril 2010 à l'âge de 88 ans d’un arrêt cardiaque. L’homme avait mené d’une main de fer pendant plus de 40 ans une secte composée uniquement d’immigrés allemands, appelée la colonie Dignidad.

Publicité

Avec notre correspondante à Santiago de Chili, Claire Martin

Paul Schaefer avait érigé au Chili son monde « parfait ». La colonie Dignidad est fondée en 1961 sur 17 000 hectares de nature sauvage à 350 km au Sud de Santiago.

L’ancien brancardier SS a convaincu plusieurs centaines d’Allemands de venir s’y installer. Pendant plus de quarante ans, ils seront ses prisonniers et ses disciples. Paul Schaefer oblige ses recrues au travail forcé du lever au coucher du soleil, il exclut le progrès et les moyens de communication de la colonie, il sépare les enfants des parents, il décide des mariages et des accouplements, il torture, crée sa propre religion dont il se fait le gourou. La colonie appelée, ô ironie, la Dignité, devient un véritable Etat dans l’Etat. Paul Schaefer s’y livre à la pédophilie sur plus de 200 victimes. Les jeunes sont violés, battus et drogués.

Le triste gourou bénéficie de l’impunité grâce à ses amitiés politiques. Il est un proche d’Augusto Pinochet. Sous la dictature, dans les années 70, la colonie devient un des principaux centres de tortures du pays, une cache d’armes et une base pour gérer des affaires rapportant une fortune évaluée à 100 millions d’euros. Une fortune qui demeure introuvable.

Après la chute du dictateur, la justice rattrape l’ancien nazi. Recherché depuis 1997, il est en cavale pendant huit ans. En 2005, il finit derrière les barreaux pour une liste impressionnante de crimes : viols et agressions d’enfants, trafic d’armes, association illicite, violation des droits de l’homme.

Un procès devait se tenir à Paris pour juger Paul Schaefer et un certains nombre de militaires chiliens (...) mais c'est toujours compliqué car la justice n'est pas totalement indépendante de la diplomatie.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.