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25e sommet France-Afrique

Anciens et nouveaux partenaires courtisent l’Afrique

Des ouvriers chinois construisent une ligne de chemin de fer à Dondo en Angola.
Des ouvriers chinois construisent une ligne de chemin de fer à Dondo en Angola. Per-Anders Pettersson/Getty Images

La France et ses entreprises, qui ont longtemps été les partenaires privilégiées de bon nombre de pays africains, sont aujourd’hui concurrencées par les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, à la recherche de matières premières mais aussi de nouveaux marchés pour leurs sociétés. Cette nouvelle donne ne manque pas d’être présente dans tous les esprits au sommet franco-africain de Nice où le secteur privé figure en bonne place.

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Les représentants de quelque 80 entreprises françaises et 150 entreprises africaines ont été invités au Sommet de Nice pour débattre des besoins de l’Afrique, qui sont immenses, et des opportunités qu’elle présente dans un monde en crise où elle s’en sort mieux que d’autres. Selon le Conseil français des investisseurs français en Afrique (CIAN), une majorité d’entreprises françaises implantées en Afrique, qui vont de groupes importants comme le pétrolier Total jusqu’à la micro-entreprise, sont optimistes pour 2010.

Ce sentiment ne manque pas d’être partagé par les partenaires émergents de l’Afrique, qui sillonnent le continent, mais aussi par des Russes intéressés par certaines matières premières, des Américains par les hydrocarbures et même des Arabes du Golfe, à l’affût, comme les Asiatiques, de nouvelles terres pour la production agricole ou celle de biocarburants de nouvelle génération. D’autant plus que le marché africain représente désormais un milliard de personnes. Dès 2008, Paris avait pris en compte cette nouvelle donne et préconisé un dialogue accru avec les dirigeants africains ainsi qu’avec Pékin, New-Delhi ou Brasilia.

La Russie, dont le président Dmitri Medvedev s’est rendu en 2009 en Afrique, cherche avant tout à consolider sa coopération avec des pays comme l’Egypte, le Nigeria, l’Angola ou la Namibie. Si le groupe Gazprom s’intéresse notamment au Nigeria, premier producteur de pétrole de l’Afrique subsaharienne talonné par l’Angola, les diamants pour la société russe Alrosa qui opère (entre autres) en Angola ainsi que la pêche figurent aussi en bonne place.

Un milliard de dollars investis par la Chine en 2009

Le grand partenaire de l’Afrique est cependant la Chine qui a conclu un partenariat stratégique avec le continent. Malgré la crise, l’investissement chinois en Afrique a fortement augmenté en 2009, dépassant un milliard de dollars. Les entreprises chinoises sont actives dans tous les secteurs en commençant bien sûr par le pétrole et la pétrochimie, mais en continuant aussi par la construction de logements, l’électricité, les transports, les télécommunications, la sidérurgie ou les chemins de fer. Selon la Banque mondiale, la Chine a signé avec 35 pays africains des accords portant sur la construction de projets d’infrastructure d’envergure comme les barrages hydroélectriques de Méroé au Soudan, de Tekeze en Ethiopie et de Bui au Ghana ou la rénovation de chemins de fer et de routes dans plusieurs pays africains.
Pékin a souvent garanti ses approvisionnements pétroliers en accordant plusieurs milliards de dollars de crédits (en Angola par exemple) dans des domaines qui vont de la construction de maisons et de fermes à celle d’installations portuaires et de voies ferrées. La Guinée et le Gabon, notamment, ont conclu des accords similaires pour le minerai de fer, la République démocratique du Congo (RDC) pour le cuivre et le cobalt et le Soudan pour le pétrole. Certains de ces accords ont été critiqués tant localement qu’au plan qu’international. Les bailleurs de fonds traditionnels affirment redouter que l’Afrique, qui a bénéficié d’allègements de ses dettes, ne se réendette à nouveau. D’autres critiques touchent l’arrivée de petits entrepreneurs chinois qui raflent le petit commerce ou la pêche, sans parler d’un phénomène nouveau : l’apparition sur le terrain d’entreprises qui ne sont ni étatiques ni paraétatiques, mais sont contrôlées par l’armée ou par des provinces chinoises dont le fonctionnement reste opaque.

Les contrats indiens intègrent un volet formation et partage d’expertise

Ces dernières années, l’Inde a investi plus de 500 millions de dollars dans les infrastructures, dont une grande partie au Nigeria pour la construction d’une raffinerie de pétrole, d’une centrale thermoélectrique et de voies ferrées. Dans le domaine des transports, l’indien Tata est solidement établi au Nigeria et en Afrique du Sud, d’où il exporte les véhicules qu’il assemble vers les autres pays d’Afrique. Le groupe Arcelor Mittal est également présent, même si certaines de ses activités ont été critiquées notamment au Liberia.

L’Inde utilise à la fois une politique économique et de développement. Plusieurs contrats ont un volet de formation et de partage d’expertise que ce soit dans les domaines de l’énergie, l’agriculture, la joaillerie, le tourisme ou le secteur bancaire et financier.

Les entreprises brésiliennes soutenues par Luiz Inácio Lula da Silva

De son côté, Petrobras, le géant du pétrole brésilien, envisage d’investir plus de 2 milliards de dollars en Angola et au Nigeria. Vale, une société sidérurgique brésilienne, va consacrer 1,3 milliard de dollars au développement des gisements de charbon du Mozambique, où Coal India a aussi acquis des concessions minières. Egalement actif en Afrique, et ce depuis 1984, le conglomérat Odebrecht (ingénierie, construction, pétrole, gaz, biocarburants, chimie, immobilier…) est implanté dans une dizaine de pays (Congo, RDC, Djibouti, Gabon…) et constitue le premier employeur en Angola avec des activités dans la gestion de supermarchés, la production d’éthanol ou de denrées alimentaires.

Notre dossier spécial

Les entreprises brésilienne bénéficient du soutien inconditionnel de Luiz Inácio Lula da Silva qui s’est rendu en Afrique à de nombreuses reprises et qui est le chantre des biocarburants.

Le développement des relations économiques de l’Afrique avec la Chine et d’autres pays émergents n’a pas manqué de susciter l’intérêt des entreprises occidentales, ce qui donne à l’Afrique une plus grande marge de manœuvre à condition qu’elle défende ses propres intérêts qui ne sont pas toujours ceux des pays émergents.

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