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Culture / Sénégal

Coup d’envoi de la «Dak’Art 2014»

DAK'ART, 11e Biennale d’art contemporain, du 9 mai au 8 juin à Dakar.
DAK'ART, 11e Biennale d’art contemporain, du 9 mai au 8 juin à Dakar. © Lucie Falque-Vert

La 11e Biennale d’art contemporain à Dakar a ouvert ses portes ce vendredi 9 mai. Elle offre un mois d’expositions et de rencontres artistiques. Lancée en 1990, la Biennale est devenue au fil des ans un rendez-vous incontournable, l’occasion de mettre en avant l’art contemporain africain. Avec son In, et son Off, qui prend chaque année de plus en plus d’ampleur, et propose cette année pas moins de 270 expositions.

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De notre envoyée spéciale à Dakar, Sarah Tisseyre

Anglais, wolof, allemand, français… On entendait parler toutes les langues ce matin dans la salle du Grand Théâtre National à Dakar où s’est tenue la cérémonie d’ouverture officielle de la Biennale, en présence du premier ministre Aminata Touré. Des professionnels venus d’un peu partout dans le monde ont fait le déplacement, qu’ils soient artistes, galeristes, commissaires d’exposition.

« Quand je suis venu la première fois en 2000, nous étions quatre Nigérians, aujourd’hui nous sommes une trentaine », confie un plasticien. « C’est la Biennale la plus ancienne d’Afrique » ajoute Mélanie Bouteloup, responsable de Béton Salon, un centre d’art parisien, venue pour la première fois participer à l’événement, « Dak’Art a su au fil du temps se forger une solide réputation, c’est une Biennale importante, qui permet de faire le point sur la création contemporaine africaine ».

Remise de prix

D’où la satisfaction des artistes qui se sont vus remettre les prix de la Biennale ce matin… Le Grand prix Léopold Sédar Senghor, le plus prestigieux, est revenu à l’Algérien Driss Ouadahi et au Nigérian Olu Amoda. « Avec eux, explique l’un des trois commissaires, Abdelkader Damani, nous avons voulu récompenser des artistes travaillant sur des formes d’expression dites « anciennes », la peinture, le relief, l’objet », et d’ajouter : « l’art contemporain s’est développé ces dernières années sur le conceptuel, le post conceptuel, avec les nouvelles technologies entre autres, et tout cela est très bien, mais nous disons qu’il faut être courageux pour affronter la peinture aujourd’hui avec toute son histoire, et quand c’est bien fait, cela mérite une récompense ».

Un In à plusieurs facettes

Leurs œuvres seront à découvrir dans le cadre de la principale exposition du In, au Village de la Biennale. Elle s’ouvre finalement ce samedi 10 mai plutôt qu’aujourd’hui et présente au total 62 artistes d’Afrique et de la diaspora. Des créateurs qui ont pour point commun de ne jamais avoir participé aux précédentes éditions, dans un souci de renouveau. Certains sont toutefois déjà très connus, comme le Franco-Algérien Kader Attia, qui participait il y a deux ans à la Documenta de Kassel, un rendez-vous majeur de l’art contemporain qui se tient tous les cinq ans en Allemagne. Pour Dak’Art, il a constitué une œuvre de près de trois mètres de haut qui reproduit avec des casiers métalliques l’Hôtel de l’Indépendance du cœur de Dakar laissé à l’abandon depuis quelques années.

Prévue également dans le In de cette édition 2014, une exposition ouverte pour la première fois à des artistes qui ne sont pas originaires du continent Africain. Une trentaine de plasticiens européens, mais aussi chinois, ou syriens, exposent ainsi au Musée Théodore Monod dès aujourd’hui.  « Voilà plus de 20 ans que la Biennale existe, justifie Babacar Mbaye Diop, son secrétaire général, « et je me suis dit qu’il fallait l’ouvrir à des artistes du monde entier ». A cela il faut ajouter une exposition consacrée à la sculpture africaine, ou encore des rencontres entre professionnels sur les métiers des Arts visuels.

Un Off foisonnant

Et puis c’est parti aussi pour le Off de la Biennale, qui, depuis 1998, prend chaque année de plus en plus d’ampleur. D’une vingtaine d’expositions à l’époque, il est passé à 270 cette année ! Un programme détaillé des lieux d’exposition à Dakar, mais aussi notamment à Saint Louis, permet de s’y retrouver, carte à l’appui. Cela va de la petite boutique, du petit restaurant, à la grande entreprise. « C’est incroyable », s’exclame Mauro Petroni, qui se charge d’organiser le Off depuis le début, devant ce succès croissant, soulignant que « tout repose en plus sur le privé ».  De grandes sociétés comme Eiffage, des Fondations comme Benetton, participent elles mêmes désormais à l’organisation d’expositions, qui deviennent de plus en plus professionnelles. Les Etats du Maroc et d’Algérie ont cette fois monté un pavillon pour leurs artistes. Quant à la coopération belge, elle s’est chargée de faire venir une trentaine de plasticiens du Bénin. Au total, des artistes d’une dizaine de pays africain seront exposés dans le Off.

Retours au pays natal

Enfin, parmi les moments forts de cette édition, il faut aussi souligner ces trois expositions consacrées à de grands noms de l’Art contemporain au Sénégal et dont les œuvres reviennent au pays… Celles du peintre Iba Ndiaye, un père fondateur de l’art contemporain sénégalais, seront exposées à Saint Louis ; elles ont été récemment offertes par ses héritiers à l’Etat sénégalais. La Fondation Blachère organise une exposition hommage au sculpteur Mustapha Dimé, dont elle conservait les œuvres en France depuis sa mort prématurée en 1998. Quant à Ousmane Sow, le sculpteur entré il y a quelques mois à l’Académie française des Beaux Arts à Paris, il a lui-même choisi de rapporter ses sculptures et les présentera dimanche au public. Trois retours au pays natal qui sont aussi l’occasion d’une réflexion sur la nécessité de créer un Musée d’Art Contemporain au Sénégal.

A quand un musée d’art contemporain ?

« Il nous faut un musée d’art contemporain », plaidait ainsi à la tribune ce matin Thérèse Diatta, du Comité d’Orientation de la Biennale, comme de nombreux professionnels ici. Entre le Sénégal et l’art contemporain, c’est en effet une longue histoire, entamée avant même l’Indépendance, marquée notamment par le Festival des Arts Nègres, en 1966, encouragée notamment par le président Léopold Sédar Senghor. Et Thérèse Diatta de rappeler qu’il y eut à Dakar le Musée dynamique (1966-1976)  où Chagall, Picasso, Soulages et Iba Ndiaye ont été exposés dans les années 1970.

Dak’Art 2014, 11e Biennale d’art contemporain, du 9 mai au 8 juin à Dakar, Sénégal
Ecouter l'interview de Babacar Mbaye Diop et Mauro Petroni, par Sarah Tisseyre

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