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VISA POUR L'IMAGE

Webdoc: Samuel Bollendorff reçoit le Visa d'Or RFI-France24

Samuel Bollendorff reçoit le Visa d'Or, félicité par Jean-François Leroy, directeur du festival Visa pour l'image.
Samuel Bollendorff reçoit le Visa d'Or, félicité par Jean-François Leroy, directeur du festival Visa pour l'image. ©Pierre René-Worms/RFI

Le Visa d’Or RFI-France24 2014 du meilleur webdocumentaire a été décerné à Samuel Bollendorf et Olivia Colo pour Le Grand Incendie. Ce prix, assorti d’un chèque de 8 000 euros, a été remis à Perpignan ce mercredi 3 septembre lors d’une des traditionnelles soirées de projection au Campo Santo. Rencontre avec Samuel Bollendorff.

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RFI : Que signifie ce Visa d’Or RFI-France24 ? Les lauréats les années précédentes sont prestigieux : Prison Valley ; La zone ; Alma, une enfant de la violence 

Samuel Bollendorff : On est très touchés, très fiers de recevoir ce Visa d'Or. On est touchés surtout pour les familles, pour la mémoire de ces gens qui se sont immolés, qui ont tenté de se faire entendre. Le fait d’avoir un prix, ça donne du crédit à notre démarche, mais surtout, ça va redonner de la visibilité à ce projet, et on espère un peu d’éclairage sur ces histoires qui ont été traitées comme des faits divers, alors qu’il y avait manifestement un message qui était adressé à la société, au collectif. De ce point de vue là, on est donc très heureux d’avoir ce prix pour remettre un coup d’éclairage sur cette problématique.

Quand on regarde Le Grand Incendie, on a un sentiment de honte d‘être passé à côté de ces histoires. Comment vous est venue l’idée de ce webdocumentaire ?

On écrivait un documentaire dont l’enjeu allait se dérouler dans un service de grands brûlés et en enquêtant, on est tombés sur un cas d’immolation, puis un deuxième, puis un troisième et on s’est dit qu’il fallait qu’on enquête là-dessus. Et on s’est rendu compte qu’il y avait un cas d’immolation sur la place publique tous les 15 jours en France. On s’est donc lancés dans ce documentaire.

Ca a été facile de retrouver les témoins de ces histoires ?

Des gens comme moi, on les met à la poubelle.

Visa pour l'Image prix webdoc

Ca a été très difficicle parce qu’il y avait très peu d’infos. De simples entrefilets dans la presse locale. Donc il fallait aller sur les lieux, taper aux portes, essayer de retrouver les gens peu à peu et les témoins qui souvent étaient pris dans une chappe de plomb. Jusque-là, ce n'était pas eux qui avaient eu la parole. Il y avait un discours officiel et médiatique qui couvrait ce que eux pouvaient avoir à dire.

Comment êtes-vous venu au webdocumentaire ?

J’ai démarré en 2008, un peu par hasard. J’ai rencontré Arnaud Dressen de la société Honkytonk avec qui j’ai produit Le Grand Incendie. Et on a réfléchi à la manière dont on pouvait déployer un projet que j’avais réalisé dans les mines de charbon sur le web. On a créé un pilote qui s’appellait Voyage au bout du charbon, qu’on a diffusé sur le site du monde.fr et qui a eu un succès étonnant. Cela a lancé un peu le webdocumentaire dans le photojournalisme. Parce que les webdocumentaires existaient déjà, mais n’étaient pas diffusés sur les sites de presse généraliste. Et donc depuis ce temps, j’expérimente, je cherche les nouvelles formes d’écriture qui vont nous permettre de continuer à faire notre métier finalement.

Dans les autres sélectionnés pour ce prix, aviez-vous un favori ?

J’avais bien sûr l’espoir qu’on ait ce prix. Mais le travail sur la Syrie, Journaux intimes de la révolution, était très fort. Ça permettait de voir la guerre en Syrie de l’intérieur avec des témoignages très forts. Même si le développement interactif n’était pas très poussé. Et puis bien sûr le travail de David Dufresne et Philippe Brault à Fort McMurray qui est un mastodonte (NDLR : le jury lui a attribué une mention spéciale). Donc on est très fiers d’avoir eu ce prix dans cette sélection qui était de très, très bonne qualité.

Parlez-nous de l’interface du Grand Incendie. Sismographe, électrocardiogramme ?

Pour nous c’était beaucoup de choses, c’était évidemment la modulation de la voix, c’était un électrocardiogramme, un sismographe, des courbes de statistiques. C’est tout cela que ça nous évoquait. Mais en réalité, c’est la modulation de la voix. L'idée, c’était bien sûr que ça évoque d’autres choses.

Y aura-t-il d’autres supports pour le Grand Incendie ?

On cherche un diffuseur à l’étranger. La version anglaise est prête, mais on cherche un site qui serait partenaire. Par ailleurs, on prépare une exposition sur d’autres lieux d’immolation à l’étranger pour donner sa dimension internationale au projet.

Quel sera votre prochain webdocumentaire ?

On vient d’avoir l’aide à l’écriture du CNC pour un projet sur les folklores locaux dans le Nord de la France. Mais on en est qu’au début.

Samuel Bollendorff reçoit son prix sur la scène du Campo Santo à Perpignan, entouré d'Olivier Laurent, Jean-François Leroy, le directeur du festival, Christophe Champin (RFI).
Samuel Bollendorff reçoit son prix sur la scène du Campo Santo à Perpignan, entouré d'Olivier Laurent, Jean-François Leroy, le directeur du festival, Christophe Champin (RFI). ©Pierre René-Worms/RFI

Regardez le webdocumentaire Le Grand Incendie
Le programme des expositions, projections, rencontres sur le site officiel de Visa pour l'image
Un aperçu de la sélection 2014 de Visa pour l'image

 

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