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Cinéma

«Sils Maria», élu meilleur film français en 2014

Juliette Binoche et Kristen Steward dans « Sils Maria », le film d’Olivier Assayas, couronné par le prix Louis-Delluc 2014.
Juliette Binoche et Kristen Steward dans « Sils Maria », le film d’Olivier Assayas, couronné par le prix Louis-Delluc 2014. Pallas Film / NFP Carole Bethuel

C’est un scénario et une mise en scène stupéfiants qui ont été couronnés ce lundi 15 décembre avec le prix Louis-Delluc 2014. « Sils Maria » reçoit ainsi la récompense pour le meilleur film français, souvent appelé aussi le « Goncourt du cinéma ». Le réalisateur Olivier Assayas, reparti bredouille du Festival de Cannes, se dit « très touché » d’avoir remporté « l'un des plus beaux prix de cinéma ».  Dans cette histoire escarpée et pleine de rebondissements, Juliette Binoche incarne une comédienne célèbre qui sera rattrapée en plein vol par son passé. Quant à Kristen Steward, elle interprète d'une manière brillantissime son assistante.

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Ce thriller psychologique nous propulse au milieu des Alpes suisses, car Sils Maria est d’abord un endroit magnifique, un village situé en pleine montagne dans la région de l’Engadine. Mais, il s’y produit des phénomènes naturels redoutés et renversants : « le vent de Maloja » s’avère être un vent de nuit en pleine journée. Et « le serpent de Maloja » signale la venue du mauvais temps quand les nuages épais s’écoulent dans la vallée.

C’est là que Maria Enders a été invitée pour rendre hommage au metteur en scène Wilhelm Melchior qui l’avait révélée il y a vingt ans. À l’époque, elle jouait le rôle de Sigrid, jeune fille ambitieuse et tellement troublante qu’elle provoque le suicide d’une femme plus mûre, Helena. Aujourd’hui, Melchior envisage de reprendre la pièce en inversant les rôles : Maria Enders jouera le rôle de Helena. Hélas, encore dans le train vers Zurich (et en train de divorcer), la comédienne apprend la mort du metteur en scène. Après réflexion, elle décide de maintenir l’hommage à son maître, sans connaître le prix qu’elle va payer pour sa loyauté.

Juliette Binoche et Kristen Stewart

Olivier Assayas nous embarque illico. Cette histoire nous tombe sur la tête comme le toit d’une maison après un tremblement de terre. Dresser l’oreille ne suffit pas pour détecter ce grondement venu des bas-fonds psychologiques. Il finira à déclencher l’avalanche qui remportera tout sur son chemin. Il ne laisse aucune chance ni aux protagonistes, ni aux spectateurs d’y échapper.

Les rôles joués au théâtre s’entrecroisent et s’entremêlent d’une façon terrifiante avec la vie réelle jouée à l’écran, mais aussi hors cinéma. Quand l’assistante Valentine (Kristen Stewart) donne la réplique à Maria Enders pour apprendre le texte de la reprise de la pièce, ce n’est pas seulement Maria Enders qui flippe, mais aussi Juliette Binoche pour son rôle principal. La star palmée, oscarisée et multiprimée se voit doublée par Kristen Stewart. La star de Twilight, 24 ans, rafle la mise. Mais c’est le jeu d’acteur de Chloë Grace Moretz, 17 ans, starlette trash et hollywoodienne de Kick-Ass, qui donnera le coup de grâce à Juliette Binoche. Mais, est-ce voulu, joué ou subi ? C’est là où résident la perfidie et la perfection du film. Assayas se révèle être un metteur en scène virtuose et hors pair.

Un choix présidé par Gilles Jacob

Après Le Havre d'Aki Kaurismäki en 2011, Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot en 2012 et La Vie d'Adèle en 2013, c'est alors le tour à Sils Maria d'occuper le premier rang du cinéma français, choisi par un jury composé d'une vingtaine de critiques et personnalités, sous la houlette de Gilles Jacob, qui a présidé jusqu'à cette année le Festival de Cannes.

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