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Culture

Recréer du merveilleux avec «La Petite fille aux allumettes»

Détail de l'affiche de La Petite fille aux allumettes, jusqu'au 4 janvier au Studio théâtre de la Comédie-Française.
Détail de l'affiche de La Petite fille aux allumettes, jusqu'au 4 janvier au Studio théâtre de la Comédie-Française. DR

La troupe de la Comédie-Française présente au Studio théâtre à Paris « La Petite fille aux allumettes », tirée d'une histoire d'Andersen. C'est un des contes les plus cruels de l'auteur danois qui nous plonge le soir du réveillon du jour de l'an aux côtés d'une pauvre petite marchande d'allumettes transie de froid, loin bien loin de la magie des fêtes de fin d'année.

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Bien sûr, on ne s'attend pas à assister à un joli conte de Noël. Le conteur danois Hans Christian Andersen a été au 19e siècle un pauvre enfant orphelin et sa petite fille aux allumettes, pieds nus dans la neige, va mourir à la fin de la représentation. Les enfants le savent, mais cette mise en scène puissante d'Olivier Meyrou en a fait pleurer plus d'un. Salomé, 10 ans, le déconseille aux plus jeunes : « Ce que je viens de voir, c’est du théâtre, mais pas du théâtre comme j’ai l’habitude d’en voir. Le théâtre que je vois, c’est plutôt pour les enfants, mais cela m’a vraiment beaucoup touché, parce que La Petite Fille aux allumettes, c’est une petite fille dans la rue, elle n’est pas très riche, c’est triste. »

L’imaginaire d’un enfant

L'histoire est transposée dans le monde contemporain, portée par une voix off, celle de la narratrice, la grand-mère qui est aussi la mort. Olivier Meyrou a voulu crée un personnage de mère qui n'existe pas dans le conte originel. Une mère morte, fantomatique, qui tente de protéger son enfant de l'inéluctable. Pendant que les familles célèbrent la nuit du Nouvel An, une petite fille tente de vendre des allumettes, les brulant une à une pour se réchauffer. « Le conte commence à 23 h et il se termine à minuit, explique le metteur en scène Olivier Meyrou. J’essaie d’entrer dans l’imaginaire d’un enfant pour vraiment ne rien hiérarchiser. Elle a froid, elle est abandonnée. Elle a perdu sa maman. Et à chaque allumette, il y a un souvenir ou une image qui vient la réchauffer : un copain imaginaire. Donc le but était de recréer du merveilleux à partir de là, tout en sachant que le conte est tragique et je ne voulais pas édulcorer la tragédie. »

Les mouvements deviennent parole

Sur scène, la petite fille est réfugiée dans son imagination est interprétée par Anna Cervinka, la toute dernière recrue de la Comédie-Française, exceptionnelle de justesse : « À part de dire ‘allumettes’, je n’ai pas beaucoup de texte [rires]. Il a fallu des scènes d’improvisation. J’ai essayé de créer cela comme des pantomimes où les mouvements deviennent parole. Je suis partie de la base que c’est un enfant qui a froid et que cela reste ludique et non pas dramatique dès le début. Elle trouve des moyens pour jouer et même un gobelet devient comme un nez d’un pingouin ou un carton devient une maison. Mais petit à petit, le jeu se transforme en cauchemar… »

Sur scène, au milieu des bourrasques de vent et de neige résonne l'appel de l'abbé Pierre, lancé en 1954, des vidéos de dessins d'enfants, des cartons en guise d'abri, un ami imaginaire et une petite fille qui accompagne longtemps le spectateur.

► La Petite fille aux allumettes, jusqu'au 4 janvier au Studio théâtre de la Comédie-Française.

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