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France / Photographie

Les clichés du «Rêve d’humanité» du photographe Reza

Reza a réalisé des installations d'envergure à Washington ou à Doha, et ici, sur les quais de Seine à Paris.
Reza a réalisé des installations d'envergure à Washington ou à Doha, et ici, sur les quais de Seine à Paris. RFI/AuroreDumser

Depuis le 24 juillet et jusqu’au 15 octobre 2015, d’immenses photographies ont été installées à Paris, sur les quais de Seine, en face du musée d’Orsay. Derrière cette initiative, le photojournaliste d'origine iranienne Reza qui se distingue depuis des années en immortalisant les regards des réfugiés et des exilés. 

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Passant sur les bords de Seine, des yeux vous observent. Des regards fixes, puissants. A l’origine de cette installation, le photojournaliste Reza, un habitué des lieux d’exposition parisiens en plein air. Après les grilles du palais du Luxembourg ou du parc de La Villette, il s'installe entre le musée du Louvre et le musée d'Orsay, à deux pas du jardin des Tuileries. Il compte ainsi toucher un maximum de personnes : Parisiens en balade ou touristes étrangers qui, munis de leurs smartphones, deviennent « de petits ambassadeurs » du « rêve » de Reza.

Ambassadeurs d’humanité

Distillés sur les 370 mètres d’exposition, sept mots : « hospitalité, amitié, dignité, solidarité, respect, paix et espoir ». « Ces valeurs universelles lient les humains entre eux, explique Reza. Grâce à elles, nous prenons conscience d’appartenir à une même famille. Et que certains membres de cette famille souffrent. » C’est son « Rêve d’humanité », titrant l'exposition.

De nombreux portraits de Reza composent la fresque de 370m de l'exposition «Rêve d'humanité».
De nombreux portraits de Reza composent la fresque de 370m de l'exposition «Rêve d'humanité». RFI/AuroreDumser

« Susciter de l’empathie pour les réfugiés et les exilés » constitue le premier objectif du journaliste. Mais pas à tout prix : « Pas de misérabilisme, ne cesse-t-il de répéter. Je veux des moments de poésie. » Ainsi, en zone de guerre, il se rappelle avoir toujours privilégié les regards des rescapés aux images de cadavres.

Et c’est ce que retiennent les passants. Marylène explique : « Ici, les camps de réfugiés, ce n’est pas que de la tristesse ou du déracinement. On voit de la joie dans les photos. » Un peu plus loin, un téléphone à la main, Nadège ne décroche pas son regard des portraits : « Ce sont des communautés stigmatisées, mais ici je découvre des personnes. Cette exposition change mon regard. »

Un cliché, une histoire

Ici, le portrait d’un petit garçon rwandais qui pensait que l’appareil photo de Reza avait le pouvoir de lui rendre ses parents. Ailleurs, un couple de réfugiés sur un âne qui a indiqué son chemin au photographe perdu. Plus loin encore, une paire de chaussures gelées photographiées par une jeune Syrienne réfugiée.

Depuis plus de trente ans, le photojournaliste forme des jeunes à son métier : dans les zones de guerres et de conflits, mais aussi dans les banlieues françaises et siciliennes. Et depuis 2013, dans un camp de réfugiés syriens au Kurdistan irakien : Kawergosk. Donner le moyen à ces jeunes de s'exprimer par eux-mêmes ? Logique pour Reza : « La photo lie ceux qui regardent et ceux qui subissent. Et l’histoire racontée par ceux qui la vivent possède un autre sens et un autre effet. »

Le Haut Commissariat aux réfugiés, invité d'honneur

Les stagiaires du HCR informent aussi les passants sur le rôle de l'agence onusienne.
Les stagiaires du HCR informent aussi les passants sur le rôle de l'agence onusienne. RFI/AuroreDumser

Pour lire entre les pixels, douze stagiaires du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) accompagnent gratuitement les visiteurs, entre 10 h 00 et 18 h 00 en semaine. Ils partagent les informations et anecdotes du photographe. Mais ils communiquent aussi sur le rôle du HCR, une demande explicite de Reza lui-même, « pour mettre en avant le formidable travail du HCR sur le terrain. »

Pour ces jeunes issus de formations en relations internationales, c'est l'occasion de transmettre leurs connaissances, d'argumenter ou simplement d'échanger avec les visiteurs. Et s'ils ne devaient retenir qu'un message, ce serait celui du photographe originaire de Dubaï Ali Bin Thalith qui signe quelques portraits de la fresque : « Ce pourrait être nos enfants. » Mais pas sûr que le message ait été entendu par tous. Le lendemain du lancement de l'exposition, Reza a porté plainte : un tag « FN » [Front national, NDLR] recouvrait l'un des panneaux.

 

Regards sur l'intimité d'un camp de réfugiés syriens

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