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France / Mode

[Exposition] Tourner le dos à la mode pour mieux la regarder

Exposition «Back Side-Dos à la mode» au musée Bourdelle, à Paris, du 5 juillet au 17 novembre 2019.
Exposition «Back Side-Dos à la mode» au musée Bourdelle, à Paris, du 5 juillet au 17 novembre 2019. RFI/Silvano Mendes

Le musée Bourdelle, à Paris, accueille du 5 juillet au 17 novembre l'exposition « Back Side - Dos à la mode ». Organisée par le palais Galliera, l’exposition nous invite à changer de perspective et à sublimer la mode d’un angle parfois oublié. Une autre vision du corps et du vêtement.

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Il y a un an, Melania Trump faisait la Une des médias avec une veste sur laquelle il était écrit : « I really don’t care, do you ? » (« Je m’en fiche complètement, pas vous ? »). Portée lors de sa visite à un centre d’hébergement pour enfants réfugiés à la frontière mexicaine, la pièce a eu différentes interprétations : entre messages envoyés à son mari, à ceux qui la critiquaient, à la presse, et même aux migrants auxquels elle rendait visite, les lectures ont été multiples. Mais au-delà de l’épiphénomène médiatique, l’épisode a été aussi un événement mode. Chose rare de nos jours, le dos d’un vêtement, qui en plus venait d’une chaîne de fast fashion, a été mis en évidence partout dans le monde.

Dans une société occidentale obsédée par le visage, selfie oblige, on ne s’attarde plus sur le dos des vêtements. Le décolleté plongeant de la robe signée Guy Laroche, portée par Mirelle Darc dans le film Le Grand Blond avec une chaussure noire, appartient aux fantasmes des cinéphiles et d’autres nostalgiques. Et pourtant, il y a une véritable tradition chez les créateurs de mode, qui s’efforcent d’orner ou dénuder la seule partie du corps que nous ne pouvons ni voir ni toucher entièrement.

C’est à cette autre face de la mode que s’intéresse le palais Galliera dans une belle exposition qui vient d’ouvrir ses portes à Paris. Grâce aux 140 silhouettes et accessoires, du XVIIIe siècle à nous jours, complétés par des vidéos, on revient sur la dimension symbolique du dos humain.

De la traîne d’une robe aux photos de Jeanloup Sieff, en passant par camisoles de force, les exemples sont nombreux et nous montrent comment cette partie du corps, surtout féminin, devient l’objet de sublimation ou fétiche au fil de l’histoire.

Le dos comme vecteur de message

Érotique pour certains, contestataire pour d’autres, le dos apparaît comme un vecteur de messages. Du nom des joueurs de foot posé sur l’arrière des maillots aux uniformes de la police, cette partie des vêtements nous dit plus qu’on ne le pense. Le créateur Martin Margiela en a même fait une marque de fabrique, avec la disparition de l’étiquette, remplacée par quatre points de couture blanche sur le dos de ses pièces.

Néanmoins, avec des défilés vus seulement de face dans un flot d’images semblables diffusées sur internet, « développer le dos de leurs modèles semble être pour beaucoup de créateurs contemporains une perte de temps et une dépense inutile », nous rappelle Alexandre Samson, commissaire de l’exposition. À se demander quel impact ce raisonnement exclusivement « frontal » pourra avoir sur la mode de demain.

L’événement est organisé par le palais Galliera, qui subit actuellement des travaux de rénovation et s’associe à nouveau au musée Bourdelle pour une opération hors les murs. L’exposition, qui a eu une première version à Bruxelles, arrive à Paris élargie et l’ensemble est davantage mis en valeur par le cadre du musée, qui propose à son tour, et dans presque toutes ses salles, un dialogue parfait entre les vêtements et les fragments des plâtres du sculpteur. Toujours vus de dos.

« Back Side - Dos à la mode », jusqu’au 17 novembre au musée Bourdelle

► À écouter aussi :

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