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Culture

Mort de la chanteuse et actrice Marie Laforêt à 80 ans

L'actrice et chanteuse française Marie Laforêt, pendant le tournage de «Marie-Chantal contre le docteur Kha», par Claude Chabrol, le 7 mars 1965.
L'actrice et chanteuse française Marie Laforêt, pendant le tournage de «Marie-Chantal contre le docteur Kha», par Claude Chabrol, le 7 mars 1965. Jean-Claude DELMAS / AFP

La chanteuse et actrice française Marie Laforêt est décédée samedi 2 novembre à Genolier, en Suisse, à l'âge de 80 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. D’une beauté majestueuse, elle a tourné avec les plus grands réalisateurs. Et sa carrière musicale fut emplie de succès et de charmes, avec des tubes comme « Les Vendanges de l’amour » ou « Viens, viens ».

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L’annonce est venue par sa fille, la réalisatrice Lisa Azuelos, à travers son attaché de presse, Dominique Segall. Les causes de sa mort n’ont pas été précisées.

Surnommée « la fille aux yeux d'or » (ils étaient en réalité jaune-vert), elle a joué dans 35 films, notamment avec des réalisateurs comme Georges Lautner, Henri Verneuil ou encore Pierre Granier-Deferre, Michel Deville, Jean-Pierre Mocky, et vendu plus de 35 millions d'albums, au long d'une existence bien peu rectiligne.

Un physique exceptionnel qui ne lui a pas toujours porté chance, selon elle

« Ma carrière est de bric et de broc, mais ma vie est remplie du début à la fin », assurait celle qui, mariée cinq fois, fut aussi actrice de théâtre, écrivain, antiquaire et commissaire-priseur.

Marie Laforêt était une personnalité complexe, intello à mille lieues du féminisme, à la fois modeste, snobe et gouailleuse, dotée d'un humour corrosif. « J'aime bien les gens qui ont une angoisse », indiquait-elle. Son physique exceptionnel - traits purs et sensuels, cheveux longs romantiques - ne lui avait pas toujours porté chance, affirmait-elle.

Maïténa Doumenach, son vrai nom, a vu le jour le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer (Gironde), fille d'un industriel. À l'âge de 3 ans, dira-t-elle 35 ans plus tard, elle est violée par un voisin : « Impossible d'en parler pendant des décennies ». « Sans ce viol, soulignera-t-elle, je n'aurais pas fait un métier public qui allait à l'encontre de ma timidité naturelle. J'ai choisi un métier exutoire. »

Alain Delon, Belmondo, Verneuil, Molinaro, Solanas, Chabrol…

Jeune fille, elle est attirée par le couvent, mais se passionne pour le théâtre au lycée, à Paris. Elle remporte ensuite un concours d'actrice, organisé par Europe 1, en 1959. Alors, un an plus tard, elle apparaît au cinéma au côté d'Alain Delon dans le classique Plein soleil (de René Clément) puis, en 1961, dans La fille aux yeux d'or, tiré d'un roman de Balzac, réalisé par Jean-Gabriel Albicocco. Ce dernier deviendra son époux.

Elle joue ensuite dans Joyeuses Pâques et Flic ou voyou de Georges Lautner, avec Jean-Paul Belmondo, Les morfalous d'Henri Verneuil, La chasse à l'homme, d'Édouard Molinaro, ainsi que Fucking Fernand, de Gérard Mordillat qui lui a valu une nomination pour le César du meilleur second rôle féminin, Tangos, l'exil de Gardel, de Fernando Solanas, qui a emporté le prix du jury 1985 à Venise, entre autres.. Elle a aussi été dirigée par Chabrol, Granier-Deferre, Deville, Mocky…

« Je n’ai pas une voix, j’ai un timbre »

Côté musique, son premier 45 tours sort en 1963, avec « Les vendanges de l'amour », écrit par Danyel Gérard. Le succès fait apparaître d'autres tubes, en chaîne : « Ivan, Boris et moi », « Il a neigé sur Yesterday » (chanson-hommage aux Beatles), « Viens sur la montagne », « Marie douceur, Marie colère », « Que calor la vida ».

Tout en se tenant à l'écart du show-biz, elle remplit l'Olympia en 1969, tourne dans le monde entier. « Je n'ai pas une voix, j'ai un timbre », notait-elle pourtant, minimisant son talent personnel. Ajoutant, comme pour bien montrer qu'elle n'était point dupe, ne pas « avoir honte de faire ce que je fais : interpréter au premier degré des chansons populaires ».

Petit à petit, elle renonce aux enregistrements, privilégie l'écriture, notamment lors qu’elle écrit ses propres chansons, mais aussi un livre remarqué : Contes et légendes de ma vie privée. Une fois binationale franco-suisse, Marie Laforêt s'installe à Genève, où elle tient une galerie d'art.

En 1994, elle publie une compilation de ses chansons en quatre volumes, parcourant ses 30 ans de carrière. Elle fait aussi du théâtre : en 2000, elle interprète une bouleversante Maria Callas, qui lui vaut une nomination aux Molières.

Marie Laforêt défraie à nouveau la chronique en 2002, mais pour d'autres raisons qu'artistiques : elle est liée par un de ses époux à la famille de Didier Schuller, cet ancien directeur de l'office HLM des Hauts-de-Seine et condamné dans une affaire de financement occulte. Elle témoigne de sa peur dans l'émission de Thierry Ardisson, sur Canal + et en tire un livre : Panier de crabes.

Au cours de ses 80 ans, elle s'est mariée cinq fois, a eu trois enfants avec Judas Azuelos, homme d'affaires d'origine marocaine juive, puis avec Alain Kahn-Sriber, homme d'affaires et collectionneur d'art. Sa fille, Lisa Azuelos, réalisatrice du film LOL, avec Sophie Marceau, ne cachait pas ses difficiles relations avec sa mère. Celle-ci, de son côté, admettait avoir été parfois trop absente avec ses enfants.

L'actrice et chanteuse Marie Laforêt, lors de son spectacle «Marie chante Laforêt» le 12 septembre 2005, au Théâtre des Bouffes Parisiens.
L'actrice et chanteuse Marie Laforêt, lors de son spectacle «Marie chante Laforêt» le 12 septembre 2005, au Théâtre des Bouffes Parisiens. JOEL ROBINE / AFP

(Avec AFP)

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