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Prix Femina / Littérature

Sylvain Prudhomme remporte le prix Femina, Manuel Vilas le Femina étranger

Sylvain Prudhomme, lauréat du prix Femina pour «Par les routes» (Gallimard), ici en septembre 2019.
Sylvain Prudhomme, lauréat du prix Femina pour «Par les routes» (Gallimard), ici en septembre 2019. Joel Saget / AFP

L’écrivain Sylvain Prudhomme a décroché mardi 5 novembre le prix Femina 2019 pour son livre « Par les routes », dédié à l’auto-stop. Le prix Femina étranger a été attribué par le jury exclusivement féminin à l'Espagnol Manuel Vilas pour « Ordesa », traduit par Isabelle Gugnon.

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L’auto-stop, cette culture de mobilité presque disparue, se situe au cœur du récit de ce roman raconté à la première personne par Sylvain Prudhomme. Cet esprit d’ouverture vers l’autre, rallié à la volonté de bouger, une prise de risque et à l’espoir de rencontres inattendues et enrichissantes, se retrouve aussi dans le style d’écriture particulier de l’auteur, dont certains louent l’absence de ponctuation trop affichée laissant le lecteur juger lui-même de l’expressivité à donner à la phrase.

Dans Par les routes (éditions Gallimard), le protagoniste de l’histoire s’appelle Sacha. Écrivain parisien, la quarantaine, il est en pleine crise existentielle, sans enfant, ni femme. Il rêve d’« une existence plus vraie », décide de quitter la capitale, de changer d’air et chercher une nouvelle vie, plus calme, dans une petite ville du sud-est de la France. Il retrouve alors un ami de jeunesse, jadis l’incarnation de la liberté qui l’entrainait à l’époque à partager sa passion de l’auto-stop. Aujourd’hui, il le retrouve heureux, père de famille, et toujours adepte de l’auto-stop pour assouvir sa soif de liberté.

Sylvain Prudhomme, une enfance en Afrique

Paradoxe tragique, c’est l’admiration que Sacha porte à cette symphonie familiale de l’autostoppeur qui fera vaciller l’équilibre finalement très fragile du couple. Autrement dit, Par les routes nous montre délicatement que le chemin vers l’autre est semé d’embûches et d’autres existences possibles.

Né en 1979, à la Seyne-sur-Mer, Sylvain Prudhomme vit aujourd’hui à Arles. Agrégé de lettres modernes, il a été déjà primé pour le livre Par les routes par le prix Landerneau. Il est aussi l’auteur de huit livres et a écrit de nombreux reportages dont certains situés en Afrique, mais aussi un recueil de contes du Bénin, Contes du pays tammari, publié en 2003 aux éditions Karthala.

Son attrait pour le continent noir s’explique par le fait d’avoir vécu une partie de son enfance au Cameroun, au Burundi, au Niger et sur l’île Maurice. Après ses études à Paris, il a dirigé entre 2010 et 2012 l’Alliance franco-sénégalaise de Ziguinchor, au Sénégal. Il est également traducteur de l’essai Décoloniser l’esprit du Kényan Ngugi wa Thiong’o. En 2012, il avait obtenu le prix Louis-Guilloux pour son histoire d’un fermier algérien à l’époque du combat pour l’indépendance, Là, avait dit Bahi.

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