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Décès d'Hervé Bourges, grande figure de l'audiovisuel français

Hervé Bourges a notamment été président de RFI.
Hervé Bourges a notamment été président de RFI. RFI/Sébastien Bonijol

Hervé Bourges, grande figure de l'audiovisuel français et grand défenseur de la francophonie, est décédé dimanche 23 février à l'âge de 86 ans, a-t-on appris auprès de ses proches.

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Hervé Bourges est décédé dans un hôpital parisien, entouré de son épouse et de ses proches, a notamment indiqué à l'AFP Olivier Zegna-Rata, qui fut son directeur de cabinet au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Journaliste, patron successif des chaînes de télévision TF1, France 2 et France 3, et de radio, Hervé Bourges avait été à la tête du CSA de 1995 à 2001. Il a notamment été directeur général de RFI en 1981. Quelques années auparavant, en 1970, il avait dirigé l'École supérieure de journalisme de Yaoundé.

Outre ses rôles éminents dans les médias, Hervé Bourges fut aussi un militant anti-colonialiste du temps de la guerre d'Algérie, un fervent défenseur de la francophonie et un amoureux de l'Afrique, qu’il qualifiait de « continent de l’avenir » au micro de RFI en 2017 dans l'Invité Afrique.

Né le 2 mai 1933 à Rennes (en Ille-et-Vilaine, dans le nord-ouest de la France), il fut diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ) en 1955, dont il deviendra le directeur puis le président en 1976. Sa vie fut ensuite un long parcours entre médias, politique et même diplomatie, il fut un temps ambassadeur de France auprès de l'Unesco.

Il avait signé en 2012 un dernier documentaire, L'Algérie à l'épreuve du pouvoir, avec le réalisateur Jérôme Sesquin.

C’est en Algérie et en Afrique qu’Hervé Bourges « a tout appris », selon ses mots.  Journaliste à Témoignage chrétien, engagé contre la colonisation, il a écrit plusieurs ouvrages autobiographiques sur l'Algérie, pays qui lui tenait à coeur. Entre 1962 et 1965, Hervé Bourges a été conseiller du président algérien Ahmed Ben Bella, le premier président de la République algérienne.

«  Je l’ai rencontré, il était avec Khider, Aït Ahmed, Boudiaf et Bitat. C’étaient les cinq chefs de la révolution algérienne, dont l’avion avait été détourné le 20 octobre 1956. Je les voyais à la demande d’Edmond Michelet, le ministre de la Justice du général de Gaulle, qui me demandait d’entretenir des relations avec eux. Ce que j’ai fait... », avait-il déclaré à RFI à la mort de Ben Bella en 2012, qui lui avait même confié une mission secrète de réconciliation avec son frère ennemi, Hocine Aït Ahmed, qui avait pris le maquis.

Mais l’ « Algérie nouvelle » aura aussi un goût amer pour Hervé Bourges. Resté dans son pays d’adoption après la chute de Ben Bella, il est arrêté en 1966, interrogé pendant quarante heures par les services de sécurité algériens, et torturé.

Proche de François Mitterrand comme de Jacques Chirac, Hervé Bourges était l’auteur, parmi de nombreux ouvrages, d’un Dictionnaire amoureux de l’Afrique, continent dont il avait appris à connaître, disait-il, « les dirigeants et les opposants, les artistes, les intellectuels » et aussi de nombreuses recettes de cuisine.

« Intransigeant sur les principes d’ouverture et de démocratie, il s’est dépensé sans compter pour aider au développement de médias francophones pluriels. Défenseur acharné de la liberté de la presse et du développement de la formation des journalistes, il laisse une empreinte inaltérable dans le panthéon de la Francophonie et de l’UPF », écrit dans un communiqué l'Union de la presse francophone (UPF), dont Hervé Bourges a été ancien président en 2001.

En tant que fondateur de l'École supérieure internationale de journalisme de Yaoundé en 1970, Hervé Bourges  Hervé Bourges a formé les premiers journalistes professionnels en Afrique, souligne  Laurent-Charles Boyomo Assala, le directeur actuel de l'école.

Il a laissé au Cameroun des héritages de mémoire parce qu’il a formé un certain nombre de journalistes dont ils avaient fait des « soldats » ou des agents du développement, des journalistes qui ont constitué la première génération de vrais professionnels africains...

 

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