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Grèce

Grèce: une sortie de récession précaire

Une agence pour l'emploi à Athènes. En Grèce, le taux de chômage est de 26%.
Une agence pour l'emploi à Athènes. En Grèce, le taux de chômage est de 26%. REUTERS/John Kolesidis

La Grèce est sortie de la récession après six années sans croissance. Pour la première fois depuis 2008, le produit intérieur brut a augmenté de 1,7% au troisième trimestre de cette année. Ce sont les chiffres du service des statistiques grecques, l'Elstat. Pour autant, le pays sort-il de la crise ?

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Avec notre correspondante à Athènes, Charlotte Stiévenard

Concernant les derniers chiffres de la croissance, la Grèce s'en sort mieux que la plupart de ses partenaires européens dans la Zone euro. Avec 1,7% de croissance du PIB contre 0,8% en moyenne, la Grèce passe même devant l'Allemagne, pourtant surnommée le « moteur de la croissance de l'Europe ». La Grèce semble ainsi consolider une tendance qui s'est annoncée dès le deuxième trimestre de cette année, où la croissance était déjà positive.

Le tourisme tire l'économie vers le haut

Cet été, les aéroports ont tourné à plein régime. L'association des entreprises grecques du tourisme, la SETE, prévoit plus de 22 millions de visiteurs étrangers en Grèce cette année, soit 4 millions de plus que l'année précédente. Andreas Andreadis, le président de l'association, s'en félicite. Selon lui, si l'on inclut le transport maritime, le tourisme en Grèce a contribué à l'économie du pays à hauteur de 17,1 milliards d'euros.

Les exportations ont baissé

Mais le pays pêche toujours du côté des exportations, alors que la Banque centrale européenne (BCE), la Commission et le Fonds monétaire international (FMI) comptaient là-dessus pour relancer la machine. Les exportations ont chuté de plus de 7% cette année.

Le pays vend surtout du pétrole et des produits manufacturés et agricoles. Pour Panagiotis Petrakis, professeur d'économie à l'Université d'Athènes, on ne peut donc pas compter sur eux, car leurs marges de croissance sont limitées. D'une part, avec le ralentissement de l'économie en Europe, la Grèce voit ses principaux acheteurs, l'Italie et l'Allemagne, affaiblis. Et de l'autre, le coût du travail reste très élevé pour ce type de produits. Les créanciers de la Grèce avaient appelé à des mesures pour le faire baisser, mais le gouvernement s'est concentré sur une simple baisse des salaires avec les conséquences sociales que cela implique.

Une baisse du chômage due aux emplois saisonniers

C'est justement l'autre facette du problème. La croissance est de retour, mais pas sûr que les Grecs ressentent ces changements au quotidien. Selon les derniers chiffres de l'Autorité statistiques grecque, il y a une légère baisse du chômage, moins un point de pourcentage depuis cet été. Mais elle est surtout due aux emplois dans le tourisme et l'agriculture, des emplois saisonniers donc. Il y a toujours 26% de chômage et, entre 2012 et 2013, le taux de pauvreté a connu une hausse record. Il est passé de presque 12% à plus de 23,5%. La consommation intérieure ne repartira donc pas, non plus, de si tôt.

Le retour de la confiance n’est pas encore pour aujourd’hui

Pour l'année prochaine, la Commission européenne table quand même sur une augmentation de 2,9% du produit intérieur brut en Grèce. Mais, là aussi, Panagiotis Petrakis relativise. Ces dernières semaines, une levée de fonds sur les marchés a montré que le retour de la confiance n'est pas encore pour aujourd'hui. Pour le professeur d'économie, cette incertitude et la situation politique difficile dans laquelle se trouve le gouvernement pourraient, ensemble, avoir un impact négatif sur les prévisions de croissance.

Depuis plusieurs mois, le Premier ministre Antonis Samaras tente de sortir du plan d'aide et, cette semaine, il a appelé à un allègement de la dette. L'enjeu ? Rassurer alors que des élections anticipées pourraient avoir lieu fin février. Si le Parlement ne parvient pas à rassembler les 180 voix nécessaires pour élire le président, il sera dissout. Or la coalition entre conservateurs et socialistes ne dispose actuellement que de 155 sièges.

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