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France / Economie

2014: annus horribilis pour l'emploi en France

En France, le chômage atteint un nouveau record avec une hausse de 0,8% en novembre 2014.
En France, le chômage atteint un nouveau record avec une hausse de 0,8% en novembre 2014. REUTERS/Benoit Tessier

Pas de cadeau de Noël pour les demandeurs d’emploi. Les chiffres de novembre ne sont pas bons. Avec 27 400 chômeurs en plus, le chômage atteint un nouveau record en France. L’occasion de se pencher sur le bilan de l’année 2014.

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Manuel Valls, le Premier ministre, avait prévenu, il n’y aurait pas de bonnes nouvelles en novembre. C’est confirmé : une hausse de 0,8 % de demandeurs d'emploi en catégorie A. C'est-à-dire ceux qui n'ont pas travaillé du tout le mois dernier. « On a sur les trois derniers mois une petite accélération des inscriptions. On est en moyenne à plus de 25 000 inscrits dans cette catégorie », souligne Bruno Ducoudré de l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Au total, pour les catégories A, B et C, qui prennent en compte les personnes qui ont effectué des petits boulots, la France métropolitaine, départements et territoires d’outre-mer inclus, totalise 5 478 600 chômeurs. Cette hausse du chômage frappe durement les jeunes de moins de 25 ans. Plus 0,6%. Et ce malgré le recours aux contrats aidés. Le tableau est également sombre pour les seniors, les plus de 50 ans : 0,6% de demandeurs d'emploi en plus. Sur un an, cette augmentation frôle les 11%. Et pour ne rien arranger, le nombre de chômeurs de longue durée a augmenté en un an de plus de 9%.

Quid de l’inversion de la courbe de chômage ?

On est loin de l’inversion de la courbe du chômage promise pour la fin de l’année dernière par le président de la République. En effet, ces mauvais chiffres sont liés à la faible croissance enregistrée en France. « Cela s’explique en partie par le fait qu’en début d’année on a connu un premier semestre qui n’était pas bon, avec 0 et -0,1 de croissance. A cause du décalage entre la croissance et l’emploi, de l’ordre de deux ou trois trimestres, cela ce répercute maintenant », précise Bruno Ducoudré.

Sur le front des entreprises, les difficultés persistent, particulièrement pour les PME (petites et moyennes entreprises) qui en général embauchent. Elles ne parviennent pas à dégager suffisamment de marges. Leurs charges restent trop lourdes, leurs carnets de commande ne sont pas assez étoffés. Frileux, les chefs d’entreprise n’ont pas confiance et n’osent pas investir.

L’Etat a pourtant lancé le pacte de responsabilité au début de l’année, et le CICE, le contrat impôt compétitivité emploi, l’année dernière. En gros, une baisse de charge de plus de 40 milliards d’euros pour les entreprises. Un sujet dont on a entendu parler tout au long de l’année. Mais le pacte de responsabilité n’est toujours pas entré en vigueur. Le CICE, lui, l’est depuis un an. Mais le crédit d’impôt n’est pas assez important pour redonner de la marge aux PME, et leur permettre de créer les 300 000 emplois espérés.Un grand nombre d’entreprises sont en difficulté et mettent la clé sous la porte. Tous les mois, l’économie française détruit des emplois. Et chaque année, de nouveaux jeunes, sortis fraîchement des écoles, arrivent sur le marché de l’emploi et ne sont pas intégrés dans le tissu productif.

Même si la situation de l’emploi est inquiétante, il y a eu pire, rappelle Bruno Ducoudré : « L’accélération des inscriptions [à Pôle emploi] n’est pas aussi forte que celle de fin 2012, début 2013, où on était de l’ordre de plus 30 000 à 35 000 inscrits par mois, donc nous ne sommes pas revenus au plus fort de la crise 

Si la France n’est pas en bonne santé. La situation du chômage s’améliore, en revanche, dans le reste de l’Europe. En Espagne, par exemple, même si le pays n’est pas tiré d’affaire, la croissance remonte et le chômage, qui frappe encore cinq millions six cent mille personnes, commence à reculer.

Une reprise possible en 2015 ?

Le chômage devrait continuer à grimper jusqu’à au moins mi-2015, selon l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Une estimation partagée par Bruno Ducoudré : « Pour 2015, on prévoit une augmentation du chômage en France, mais ce chômage ne devrait pas trop augmenter, parce que la politique de l’emploi et l’accélération de la croissance permettraient d’éviter des trop fortes destructions d’emplois, mais seraient insuffisantes pour faire baisser le taux de chômage à l’horizon 2015. »

Mais avec la montée du CICE et l’instauration du pacte de responsabilité, l’Institut des statistiques prévoit tout de même la création de 80 000 emplois en 2015. L’INSEE indique aussi que le climat des affaires s’améliore, particulièrement dans l’industrie manufacturière. Le commerce mondial, qui a ralenti ces dernières années, reprend des forces, grâce notamment à la reprise aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Cela veut dire que la demande adressée à la France pourrait augmenter et donc doper des exportations, déjà soutenues par la baisse de l’euro. Par ailleurs, la baisse du prix de pétrole va entrainer une diminution des prix à la pompe, mais aussi des prix de production. Cela accroit en général les marges des entreprises.

Et le pouvoir d’achat des ménages, moteur de la croissance française pourrait lui aussi se redresser. Une note d’optimisme en cette fin d’année, mais il faudra beaucoup de patience.

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