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France

Réforme des retraites: Jean-Paul Delevoye présente ses conclusions

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye (g) présente ses conclusions aux partenaires sociaux, le 9 décembre 2019 à Paris.
Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye (g) présente ses conclusions aux partenaires sociaux, le 9 décembre 2019 à Paris. DOMINIQUE FAGET / AFP

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye a réuni patronat et syndicats une dernière fois ce lundi 9 décembre pour leur présenter ses « conclusions » sur la réforme promise par Emmanuel Macron.

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Les partenaires sociaux ne sont pas sortis déçus de la réunion avec Jean-Paul Delevoye. Et pour cause : ils n'en attendaient rien. Pas question en effet de griller la priorité au Premier ministre Edouard Philippe qui doit présenter mercredi les détails du projet de la réforme des retraites. La chaîne de télévision TF1 annonce d'ailleurs qu'il sera l'invité de son JT de 20h.

« Je suis convaincu que le statu quo n'est pas tenable, que ce projet est indispensable et que les générations futures nous seront reconnaissantes », a pour sa part affirmé le haut-commissaire à la réforme des retraites, après avoir listé les points d'accord et de désaccord, au terme de deux années de concertation avec les partenaires sociaux.

Dans un document de synthèse de cette concertation, Jean-Paul Delevoye fait ressortir « une forte volonté de remédier aux limites du système actuel tout en conservant son ADN », justifiant ainsi la création du « système universel » censé remplacer les 42 régimes de retraite existants.

Consensus sur certains points

Selon le haut-commissaire, certaines de ses propositions font plutôt consensus. C'est le cas du maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, et des départs anticipés pour les carrières longues et les métiers « régaliens », garantie « dans la loi » que la valeur du point « ne peut baisser ». Mais également d'une pension minimum à 85 % du Smic pour une carrière complète, ou encore de la prise en compte de la pénibilité et des primes pour les fonctionnaires.

D'autres sujets sont en revanche loin de faire l'unanimité, en particulier « l'entrée en vigueur du nouveau système » dès 2025. Le haut-commissaire esquisse donc un nouveau scénario en deux temps : « Les jeunes générations pourraient commencer à s'affilier au système universel, si possible rapidement après la loi », tandis qu'une autre date de bascule serait fixée pour « la première génération concernée par l'intégration progressive » dans ce nouveau régime.

« L'âge d'équilibre » à 64 ans, avec une décote avant et une surcote après, est un autre point de discorde. Jean-Paul Delevoye estime pourtant que sa « mise en place progressive (...) paraît devoir être privilégiée » pour résorber le déficit global du système de retraite, évalué entre 8 et 17 milliards d'euros à l'horizon 2025.

« Un exercice de com' »

Le gouvernement s'est livré à « un exercice de com' pour essayer d'occuper le terrain », a réagi Catherine Perret, de la CGT, au sortir de la réunion. « Aucun consensus ne se dégage » sur cette réforme et les Français « ont compris qu'elle est mauvaise », estime le syndicat à la pointe de la contestation. « Rien de neuf à l'horizon » non plus pour Michel Beaugas, de Force ouvrière. « L'espérance d'une bonne retraite pour ceux qui ont travaillé toute leur vie est cassée par le gouvernement », estime-t-il.

Même la CFDT, pourtant favorable au principe d'un « système universel », dit ne pas avoir « appris grand-chose ». Pour le premier syndicat de France, « l'essentiel va se jouer mercredi », avec les annonces du Premier ministre, Édouard Philippe, auxquelles « tout le monde est suspendu ». « Il faut que le gouvernement ne se loupe pas mercredi », a averti le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure.

D'ici là, une nouvelle journée de mobilisation est prévue ce mardi et la CGT dit être « déjà en réflexion » au sujet d'une autre jeudi. Et la contestation pourrait bien s'élargir. Les internes en médecine sont ainsi appelés à une grève illimitée à partir de mardi pour dénoncer la « dégradation des soins » et les généralistes à fermer leurs cabinets le samedi à partir du 14 décembre. De leur côté, quatre syndicats du transport routier et de la logistique ont appelé à la grève le 16 pour de meilleures conditions de travail.

(Avec AFP)

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