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Royaume-Uni / Brexit

Royaume-Uni: «Il y aura un impact du Brexit sur l’économie britannique»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

La large victoire des conservateurs aux législatives va permettre à Boris Johnson de mettre en œuvre le Brexit. Mais les implications économiques d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne restent floues. Trois questions à Vincent Vicard du CEPII. 

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La victoire de Boris Johnson donne une large majorité aux conservateurs pour réaliser le Brexit d'ici fin janvier. Portée par le résultat du vote, la livre sterling s'est envolée face au dollar et à l'euro. Les investisseurs sont ravis, mais le temps des incertitudes n'est pas pour autant fini, estime Vincent Vicard, économiste au Centre d’études prospectives et d'informations internationales, CEPII.

RFI : Le pari du premier ministre sortant a été d’avoir une large majorité pour faire passer son accord avec l’UE sur le Brexit. Un accord qu’il a négocié, lui-même, en octobre dernier. Ce pari semble avoir été réussi…

Vincent Vicard : On a en effet un vote assez clair avec une majorité absolue pour les Tories (parti conservateur). Ce vote permet à Boris Johnson de faire passer ce qu’on appelle un accord de sortie. Cet accord permettra au Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne à partir de 31 janvier 2020. Mais ce n’est qu’une première étape du Brexit. Elle ouvrira une période pendant laquelle rien ne changera, mais où commencera la négociation du nouveau traité de libre-échange avec l'UE. Un traité qui devra définir la relation du pays avec son principal partenaire commercial. Et c’est une toute autre histoire. Le temps des négociations risque d'être beaucoup plus long que ce qu’a prévu Boris Johnson. Il a parlé de la fin 2020. Cela paraît plus qu’ambitieux. L’accord entre l’UE et la Corée du Sud a pris quatre ans à être finalisé. Le CETA signé par l’UE avec le Canada a pris environ huit ans. Des temps très longs qui peuvent être réduits, mais il y a un temps incompressible et cela paraît très difficile d’envisager une finalisation pour la fin 2020.

Y’a-t-il eu d’autres enjeux pour les Britanniques dans ces élections ?

Il y a eu sans doute une lassitude vis-à-vis du processus du Brexit, et sûrement une envie d’en finir d’une manière ou d’une autre. On a vu que même les parlementaires britanniques n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur la forme qu’ils voulaient donner à leur sortie de l’UE. Maintenant on se dirige vers un traité de libre-échange du type de celui que l’Union européenne avait signé avec le Canada. Mais sans être trop alarmiste, de nombreuses études montrent qu’il y aura un impact du Brexit sur l’économie britannique. Quel que soit le scénario, il y aura une réduction du niveau de vie des Britanniques à long terme. Le CEPII a fait des estimations qui prennent en compte le coût des nouvelles barrières douanières entre le Royaume-Uni et l’UE. Résultat, le Brexit pourrait faire baisser de 3% le Produit intérieur brut britannique par habitant, soit 2 000 livres par ménage et par an. Finalement, tout dépendra du type de l’accord négocié avec Bruxelles.

Prévoyez-vous d’autres effets du Brexit sur l’économie britannique ?

Il faut prévoir son impact sur la spécialisation de l’économie britannique. Je pense notamment à l’industrie automobile qui dépend beaucoup des chaînes de valeurs et de l’importation des composants de l’espace européen. Il y aura aussi un impact sur le secteur des services, notamment les services financiers. La fin du passeport européen signifiera qu’un certain nombre de services financiers ne pourront plus être fournis à partir des établissements implantés sur le sol britannique pour leurs clients qui sont dans les pays européens. Ces établissements vont devoir ouvrir leurs filiales européennes. En revanche, le Brexit devrait contenter les agriculteurs britanniques. Une fois les barrières douanières réinstaurées, les produits agro-alimentaires européens importés par le Royaume-Uni deviendront plus chers. Du coup, les produits britanniques devraient être beaucoup plus compétitifs.

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