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Économie

La rocambolesque évasion de Carlos Ghosn

Carlos Ghosn était assigné à résidence au Japon depuis avril dernier avant son arrivée au Liban. (Image d'illustration)
Carlos Ghosn était assigné à résidence au Japon depuis avril dernier avant son arrivée au Liban. (Image d'illustration) REUTERS/Issei Kato/File Photo

Les circonstances du départ de l'ancien patron du groupe automobile Renault-Nissan, Carlos Ghosn, de Tokyo et son arrivée à Beyrouth restent floues. Son avocat japonais se dit « abasourdi ». Il affirme conserver les passeports de son client, avec qui il dit n’avoir eu aucun contact depuis son départ.

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L’exfiltration de Carlos Ghosn serait l’œuvre d’une agence de sécurité privée. Elle aurait planifié, organisé et exécuté l’opération, selon le quotidien arabophone al-Akhbar, rapporte notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh.

Le journal rapporte que l’ancien patron déchu de Renault-Nissan serait entré au Liban avec un passeport français dans la nuit de lundi à mardi à bord d’un jet privé en provenance d’Istanbul. D’autres sources précisent qu’il serait en fait arrivé dans la nuit de dimanche à lundi.

La chaîne de télévision LBC ajoute un détail au récit. Carlos Ghosn serait arrivé en Turquie en provenance du Japon, caché dans une caisse. Une opération de cette ampleur et de cette complexité nécessite de gros moyens et des complicités au moins dans les trois pays concernés en premier lieu : le Japon, la Turquie et le Liban.

Une source de sécurité libanaise affirme que les autorités à Beyrouth ont été presque mises devant le fait accompli. Elles n’ont été informées de l’arrivée de Carlos Ghosn que peu de temps avant l’atterrissage de son avion.

Et maintenant ?

« C'est une nouvelle vraiment surprenante [...]. Honnêtement, je suis très heureux, parce que cela fait presque plus d'un an qu'il est au Japon. J'ai vu un certain silence de la part des autorités françaises alors que Carlos Ghosn était en train de crever en prison. Je suis heureux, parce qu'il va pouvoir se défendre. Je crois que, du Liban, il va pouvoir s'exprimer », se réjouit Antoine Menassa, à la tête de plusieurs organisations de la diaspora libanaise, et membre du comité de soutien de Carlos Ghosn.

« Cette fuite, pour les Japonais, c'est une preuve. C'est ce qui est mis en avant, c'est la preuve de sa culpabilité. S'il fuit, c'est qu'il a quelque chose à se reprocher. Je pense qu'ils vont lancer un mandat d'arrêt international contre Carlos Ghosn. Mais, tant qu'il reste au Liban ou qu'il va dans un certain nombre de pays où il reste protégé, Carlos Ghosn pourra vivre tout à fait normalement sans aucun problème », explique Eric Verney, chercheur à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), spécialiste du blanchiment d'argent et des paradis fiscaux.

Il rappelle que l'ancien patron de Renault-Nissan est poursuivi dans plusieurs pays dont la France. Une enquête est en cours sur le mariage à Versailles où il aurait payé une partie avec les fonds de Renault. « Cette image de milliardaire qui échappe à la justice et qui peut frauder le fisc, c'est ce qui ressort aujourd'hui de cette affaire. Et face à cela, on a des "gilets jaunes" et d'autres qui reprochent d'être à la merci de la justice et du fisc ».

La France n'aurait eu aucune information

Le Liban et le Japon n'ont pas signé d'accord d'extradition qui permettrait à Tokyo de se voir remettre Carlos Ghosn, a indiqué une source judiciaire. De son côté, une autre source aux Affaires étrangères a assuré que le Liban n'avait reçu, pour le moment, « aucune correspondance ou requête du Japon concernant M. Ghosn ».

La France n'a eu aucune information sur cette fuite, a assuré, mardi 31 décembre dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères. « Les autorités françaises ont appris par la presse l'arrivée de Carlos Ghosn au Liban. Celui-ci faisait l'objet de poursuites judiciaires au Japon, avec des mesures destinées à éviter qu'il ne quitte le territoire japonais », a indiqué le ministère dans un communiqué laconique. « Les autorités françaises n'ont pas été informées de son départ du Japon et n'ont eu aucune connaissance des circonstances de ce départ. »

► A écouter aussi : Fuite de C.Ghosn: «pour les Japonais, cette fuite est une preuve de culpabilité»

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