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Économie

Carlos Ghosn: une conférence de presse à Beyrouth pour «dicter le tempo médiatique»

Des journalistes se rassemblent devant le parking d'une maison qui appartiendrait à l'ancien chef de Nissan, Carlos Ghosn, dans un quartier riche de la capitale libanaise, Beyrouth, le 7 janvier 2020. Ghosn donnera une conférence de presse le 8 janvier.
Des journalistes se rassemblent devant le parking d'une maison qui appartiendrait à l'ancien chef de Nissan, Carlos Ghosn, dans un quartier riche de la capitale libanaise, Beyrouth, le 7 janvier 2020. Ghosn donnera une conférence de presse le 8 janvier. JOSEPH EID / AFP

Carlos Ghosn va enfin s'exprimer. Après avoir fui le Japon dans des circonstances encore floues l’industriel parlera devant la presse, ce mercredi à 14 heures, depuis sa résidence de Beyrouth au Liban. Une conférence qui doit permettre à l'ancien PDG de Renault – Nissan de reprendre le contrôle de sa communication. Florian Silnicki, spécialiste de la communication de crise nous éclaire sur la situation.

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Par Marc Logelin

RFI: Pour quelles raisons Carlos Ghosn organise-t-il cette conférence de presse?

Florian Silnicki : Pour dicter le tempo médiatique. Jusqu’à présent sa parole n’était pas libre. Il en était privé en permanence. Sa seule prise de parole était la diffusion d’une vidéo où il clamait son innocence en mai dernier. C’était une action assez kamikaze d’un point de vue de la communication de crise. Carlos Ghosn y apparaissait de manière peu valorisante. Et surtout il misait son argumentaire en dénonçant un complot industriel et judiciaire. Or en communication de crise la stratégie de dénonciation d’un complot est toujours la moins efficace. Pour être crédible et entendu par les opinions publiques vous vous devez être empathique et non offensif.

Cette prise de parole est – elle indispensable ?

Il était temps que Carlos Ghosn s’exprime. Il a eu jusque-là une communication sous contraintes judiciaires particulièrement maladroite. Il s’est mis en difficulté tout seul. Il doit donc rapidement se faire entendre pour regagner la bataille de l’image qu’il a perdu au Japon. Le timing est le bon. Sa parole arrive dans le débat public pour contrebalancer les récits autour de sa personne. Il est passé du héros au banni. Il s’agit donc pour ses communicants, à travers cette conférence de presse, d’imposer une figure de victime d’un système judiciaire qui se serait acharné sur sa personne.              

Quels seraient les conseils que vous lui donneriez ?

Je lui dirais qu’il faut éviter un certain nombre de pièges. Tout d’abord, il ne faut rien mentir et rien cacher. Il faut mettre toute la vérité sur la table. Nous vivons une époque où il n’est plus possible de dissimuler quoi que ce soit. Tout finit par se savoir. Il doit répondre à toutes les questions qui lui seront posées avec la plus grande transparence et la plus grande exhaustivité possible. Je lui dirais ensuite de détailler comment il a vécu les conditions de sa détention. Le but est encore d’assoir sa posture de victime du système judiciaire japonais. Cependant je le mettrais aussi en garde. Il doit assumer ses responsabilités. Ne pas nier les évidences incontestables. Les journalistes ont déjà  en leur possession des documents. Il ne doit pas se rater et jouer carte sur table.

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