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États-Unis / Transport

Boeing: David Calhoun prend les rênes d'une compagnie en pleine crise

David Calhoun, ici en 2004, est depuis ce lundi 13 janvier le nouveau patron de Boeing.
David Calhoun, ici en 2004, est depuis ce lundi 13 janvier le nouveau patron de Boeing. TORU YAMANAKA / AFP

L'année 2019 aura été difficile pour Boeing dont les 737 MAX sont cloués au sol à la suite de deux accidents mortels. En ce début d'année, l'avionneur américain part sur une nouvelle base ou presque. Ce lundi 13 janvier, David Calhoun prend officiellement ses fonctions à la tête du géant américain de l'aéronautique.

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C'est autant de la gestion de crise que de la gestion d'entreprise qui attend David Calhoun. Le premier défi du patron de l'avionneur américain sera de faire en sorte que les 737 MAX, l'avion vedette du constructeur, puissent revoler rapidement. Boeing travaille à corriger le logiciel mis en cause dans les crash de deux avions, mais la date d'un retour dans les airs de ce modèle est encore floue. Fin février, début mars est l'hypothèse la plus optimiste, fin avril voire début mai selon certains experts, comme Richard Aboulafia, chez Teal group.

La date est d'autant plus incertaine que l'agence fédérale américaine de l'aviation, la FAA, a passé l'avion au microscope et détecté des problèmes sur un microprocesseur et des câblages électriques. En attendant, faute de pouvoir livrer ses avions, Boeing a accumulé les stocks et a arrêté la production au 1er janvier et jusqu'à nouvel ordre.

La FAA moquée par des employés de Boeing

David Calhoun devra aussi travailler à l'image de la marque, écornée par cette affaire. Une image davantage ternie par la teneur de courriels internes, transmis au Congrès américain. Certains employés expriment par exemple clairement qu'ils ne mettraient pas « leur famille dans un simulateur MAX ».

D'un autre côté, un employé dit vouloir se battre contre tout régulateur qui imposerait des formations de pilotes sur simulateur. Une méthode jugée plus coûteuse et susceptible d'allonger les délais d'approbation du modèle, mais qui aurait peut-être permis aux pilotes d'être mieux préparés. Quelques mois plus tard, il se vante d'avoir « permis [à Boeing] d'économiser des tas de dollars ». La FAA est aussi égratignée. Un employé ironise en 2016 : il « n'y a aucune certitude qu'elle comprenne ce qu'elle approuve ».

« Cet avion est ridicule »

Il faudra aussi à David Calhoun sans doute restaurer la confiance au sein-même de l'entreprise. « Cet avion est conçu par des bouffons, qui, en retour, sont supervisés par des singes », écrit un employé en 2017, semblant parler de la FAA. Dans un autre message, l'avion est jugé « ridicule », un autre employé critique une équipe de dirigeants qui, selon lui, « comprend très peu l'industrie mais impose des objectifs irréalistes ».

Pas sûr que le profil de David Calhoun le rassure : le nouveau patron, un ancien cadre de General Electric, est davantage un financier qu'un spécialiste de l'aéronautique. Reste à savoir s'il fera long feu à la tête de Boeing. Plusieurs experts s'accordent sur le fait qu'il présente une bonne solution de court terme pour stabiliser l'entreprise. Sur le long terme, ils sont plus sceptiques.

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