Accéder au contenu principal
Chronique des matières premières

Du fer pour soutenir la reprise chinoise

Audio

Publicité

 

Le marché du fer retrouve du volume et des prix élevés. Le minerai destiné à la sidérugie chinoise tutoie la barre des 100 dollars. Les producteurs indiens proposent actuellement à leurs clients chinois du minerai à 105 dollars la tonne, coût et fret inclus. Un prix irréaliste selon un négociant. Il est vrai qu’à ce niveau les acheteurs se font désirer.

Tout laisse penser que la barre des 100 dollars sera dépassée cette semaine car la demande chinoise est pressante. En important des quantités astronomiques de fer en septembre (65 millions de tonnes), les Chinois ont étonné le monde. La sidérurgie anticipait la semaine de congés du mois d’octobre, d’où des achats plus importants que prévu, ont expliqué après-coup des analystes éclairés. Si l’on suit cette hypothèse, les importations chinoises de fer auraient dû baisser le mois suivant.

Or, l’inverse s’est sans doute produit. Les carnets de commande du fret démontrent que les importations chinoises de minerai dépasseront sûrement les 65 millions de tonnes. Sur la route entre l’Australie et la Chine 60 bateaux de type cape size, c’est-à-dire les plus gros navires utilisés dans le transport du vrac, ont été réservés par Rio Tinto et BHP Billiton contre 40 seulement pour le mois de septembre.

Il faut donc bien admettre ce que révèle le dynamisme du marché du fer: la reprise chinoise est plus énergique, plus massive que prévu. Mais les analystes ne sont jamais trop prudents et ils cherchent donc une explication ailleurs. Si Pékin achète maintenant sur le marché spot, c’est pour se préparer aux négociations annuelles sur le prix du fer, avancent les plus sceptiques.

Lorsqu’ils seront entrés dans le vif du sujet, les Chinois cesseront d’acheter, histoire de tromper l’ennemi. Une hypothèse qui a le mérite de mettre le doigt sur un dossier hyper sensible : Depuis quarante ans, les prix sont fixés sur une base annuelle. Mais depuis quelques années, la discussion tourne au vinaigre. La baisse de 33% entérinée au printemps par les autres sidérurgistes était insuffisante pour les Chinois mais ils n'ont pas pu obtenir un traitement de faveur, d'où leur courroux qu'a payé cher un cadre de Rio Tinto, qui est poursuivi par la justice chinoise pour corruption. Rio Tinto serait prêt à faire un effort. Il est en effet difficile de se brouiller avec le pays qui engloutit 60% du fer échangé à travers le monde.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.