Accéder au contenu principal
Chronique des médias

Rupert Murdoch veut interdire Google de puiser dans ses sites internet

Audio

Rupert Murdoch, le magnat anglo-australo-américain des médias, a annoncé le week-end dernier qu’il envisageait d’interdire Google de puiser dans ses sites internet.

Publicité

S’il est bien un révélateur de la guerre que livre l’ancien monde médiatique à la nouvelle économie numérique, c’est bien Rupert Murdoch lui-même, le magnat anglo-australo-américain de 78 ans qui possède le Wall Street Journal, le New York Post, le Sun ou encore Fox ou Sky News. Le week-end dernier, ce patron aux 175 journaux dans le monde - qui ont tous soutenus la guerre en Irak - a donc profité d’une interview sur sa chaîne d’info britannique pour dire tout le mal qu’il pensait des moteurs de recherche. « Ils volent nos histoires car ils se servent sans payer », a lâché Murdoch en citant Google, Microsoft avec son nouveau moteur de recherche Bing ou encore ask.com, un agrégateur d’informations sur internet. Tous ceux-là « n’auraient pas dû bénéficier de la gratuité tout ce temps, a-t-il ajouté, et je pense que nous nous sommes endormis ».

Au journaliste qui lui demandait alors pourquoi il ne retirait pas ses sites du référencement de Google, le patron de médias a répondu qu’il envisageait de le faire dès lors que ses médias seraient devenus payants sur internet comme il l’a annoncé, même si ce basculement attendu en juin prochain risque de prendre plus de temps que prévu. Dans son collimateur notamment les articles repris par Google News, portail commercialisé auprès des annonceurs sans que le moteur de recherche ne reverse directement une partie des revenus publicitaires aux éditeurs, au prétexte qu’il génère de l’audience sur leur site. Google a alors fait observer que « les organes de presse ont un contrôle total pour décider si leur contenu – et quelle part de celui-ci apparaît parmi les résultats d’une recherche ».

Quoiqu’il en soit, le coup de gueule de Murdoch illustre bien la situation paradoxale dans laquelle se trouvent de nombreux médias d’information face à internet. D’un côté, ils ont besoin de générer de l’audience, et de plus en plus en plus pour compenser l’érosion de la publicité classique sur internet qui a tendance à s’éparpiller dans une galaxie de sites web. Et en ce cas, rien ne vaut un moteur comme Google qui renvoie en masse les internautes vers les sites médias. Mais, d’un autre côté, ces mêmes sites médias cherchent à générer des revenus nouveaux en développant des parties privatives, payantes, qui leur permettront, espèrent-ils, de limiter la chute de leurs revenus sur les supports traditionnels comme le papier. Peut-être est-ce cet écartèlement entre deux stratégies contradictoires qui fait la difficulté des médias. En France, le Canard enchaîné, qui n’a jamais livré une seule info sur internet, est aujourd’hui florissant.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.