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Chronique des matières premières

Coton versus vivrier

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D’ordinaire la culture du coton profite au vivrier, c'est même l'un des atouts de cette culture d'exportation. Les paysans approvisionnés en intrants en font bénéficier l’ensemble de leurs plantations. D’où de meilleurs rendements pour la culture du mil, du maïs ou du sorgho et une sécurité alimentaire accrue dans les zones où la cotonculture est répandue. Cela se vérifie dans la plupart des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest mais la flambée des prix agricoles de 2008 a redistribué les cartes au moment des semis, au détriment du coton.

Au Burkina, explique le président de la Sofitex, la société cotonnière burkinabè, les agriculteurs ont privilégié les cultures les plus rentables, en l’occurrence le maïs, plus rémunérateur cette année que le coton graine. D’autant plus que les rendements de cette céréale sont nettement supérieurs : un hectare donne deux ou trois tonnes de maïs contre une tonne seulement de coton graine. Cela explique en partie la baisse des superficies consacrées au coton.

Par ailleurs, les engrais destinés au coton ont souvent été détournés pour d’autres cultures faisant ainsi chuter les rendements. Tant que le bilan de fertilité du pays est globalement positif, le coton, même en recul, continue à jouer un rôle moteur dans l’agriculture. Ce n'est plus le cas avec l’essor du trafic d’intrants. Des sacs distribués au Sénégal ont ainsi été retrouvés jusqu’en Sierra Leone. Quand les paiements pour le coton graine tardent trop, le paysan vend un sac pour récupérer rapidement le cash que le coton graine était censé lui procurer. Ce genre de commerce informel découle autant de la flambée des denrées agricoles et des engrais que de la crise des sociétés cotonnières qui peinent à assumer leur mission en raison de leurs difficultés financières.

Pour dynamiser l’ensemble de l’agriculture des pays producteurs de coton, et donc améliorer la sécurité alimentaire, en évitant une concurrence contre productive entre les différentes cultures, il apparaît indispensable aujourd'hui d'organiser la filière du vivrier comme celle du coton. C'est le voeu souvent exprimé par les cultivateurs

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