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Chronique des matières premières

Le déclin du WTI?

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Les marchés pétroliers se cherchent une nouvelle boussole. Les Saoudiens, les premiers producteurs au monde de pétrole, ne veulent plus du baril de West Texas Intermediate coté à New York pour fixer leur prix.

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Depuis quinze ans, le prix du pétrole exporté par l’Arabie Saoudite est fixé en fonction du cours du West Texas Intermediate coté à New York. C’est avec le Brent à Londres, la principale référence pour l’ensemble des pétroles extraits à travers le monde, y compris pour les bruts extra-lourds aux caractéristiques fort éloignées de celles de ce brut extra-léger.

Mais les Saoudiens ont fini par se fatiguer des mouvements incontrôlés du marché new-yorkais souvent peu en rapport avec la réalité des échanges physiques. Comme ce pétrole américain ne s’exporte pas, quand la demande interne se tarit, le cours s’affaisse, même si les Américains importent par ailleurs un autre pétrole.

C’est un effet pervers de la cotation du WTI qui coûte cher aux Saoudiens. Le premier producteur au monde expédie chaque jour au moins un million de barils sur le marché américain, soit 20% de sa production. Pour protéger ses intérêts de vendeur, le prix du pétrole qu’il expédie aux Etats-Unis sera basé, à partir du mois de janvier, sur l’indice des bruts lourds extraits dans le Golfe du Mexique fourni par la société Argus.

Cette décision annoncée il y a quinze jours par Riyad a déclenché une cascade de commentaires. Et de promptes décisions. La société qui contrôle le marché new-yorkais s’apprête à lancer un nouveau contrat papier dérivé de cet indice Argus. En janvier, elle lancera un autre contrat à terme sur le brut lourd, cette fois avec un sous-jacent physique.

Les trois tentatives précédentes ont toutes échoué. Si le brut lourd est aujourd’hui la qualité la plus échangée à travers le monde et la plus demandée par les raffineries qui ont adapté leurs outils pour pouvoir le traiter, il est encore hasardeux de vouloir en faire une référence pour la fixation des prix. Pour qu’un marché franchisse ce cap, il faut qu’il attire les opérateurs physiques et les investisseurs. Mais on le voit actuellement avec les avaries du dollar, le marché new-yorkais du pétrole aimante de plus en plus les capitaux des gérants. Le WTI, au moins comme outil financier, a encore un bel avenir devant lui.
 

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