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Chronique des matières premières

L’Egypte veille au grain

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Sur le marché du blé, l’Egypte redistribue les cartes. Le premier importateur au monde durcit les conditions imposées à ses fournisseurs, une tuile pour les céréaliers français. Pour le moment, la France est encore en bonne position, puisque c'est le premier fournisseur en blé du marché égyptien pour la campagne en cours, mais cet avantage est compromis par la mise en place d’une nouvelle réglementation. Depuis le premier juillet, plus d’un million de tonnes de grains récoltées en France ont été acquises par le GASC, l’organisme public qui achète les deux tiers du blé importé par l’Egypte. 

Les céréaliers français pensaient atteindre la barre des deux millions de tonnes d’ici la fin de la campagne. Mais désormais un chargement de 60 000 tonnes minimum est exigé. Voilà qui remet en cause les exportations françaises vers l’Egypte car le port de Rouen, le premier port céréalier européen, n’a pas le tirant suffisant pour charger ces gros bateaux. Les autres ports français peuvent accueillir ces bateaux mais ils proposent des blés bien plus chers et pas forcément compatibles en qualité avec le nouveau cahier des charges de cet importateur tatillon. Les Egyptiens sont devenus très exigeants depuis leurs déboires du printemps avec des cargos russes de 30 000 tonnes.

Les petits bateaux en question avaient réussi à obtenir des certificats de complaisance peu en rapport avec la réalité de leur chargement. Pour éliminer ces blés contaminés, le Caire a donc décidé de revoir à la hausse le taux de punaise toléré. Cela pénalise les exportations russes. Surtout, le Caire a décidé d'envoyer des inspecteurs dans les ports d'embarquement pour contrôler la marchandise en amont. Le recours à des plus gros bateaux permettra de limiter le nombre de ces missions d'inspections. Du coup tous les fournisseurs de l’Egypte ont relevé leurs prix pour se conformer à ces nouvelles attentes du premier importateur au monde de blé. Leurs offres se tiennent aujourd'hui dans un mouchoir de poche. Seul le fret fait la différence. Mardi, les Français ont réussi à placer un bateau de 60 000 tonnes sur l’Egypte, il partira de Dunkerque. Les trois autres bateaux de 60 000 tonnes seront chargés par les Russes.

 

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