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Chronique des matières premières

Le gaz, grand blessé de la crise

Audio 02:06

Sur les marchés de matières premières, le gaz apparait comme le grand blessé de la crise. Son cours se redresse mais les perspectives sont moroses.

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A titre de comparaison, sur les marchés américains, le pétrole vaut aujourd’hui 45% de plus qu’il y a un an tandis que le gaz en vaut encore 25% de moins. Les cours se relèvent depuis septembre mais la pente est douce et la route sera longue prévoient en substance les experts de ce combustible fossile promis à un avenir radieux jusqu’à l’implosion bancaire de la fin 2008.

Le premier évènement qui a totalement déstabilisé indépendant de la crise économique. C’est l’explosion de la production des gaz non conventionnels aux Etats-Unis. Ces gaz contenus dans des gisements peu perméables et donc compliqués à extraire sont soudain sortir du sol comme par enchantement grâce au forage horizontal, une technologie qui s’est développée beaucoup plus vite que prévue. La semaine dernière 22 nouveaux puits ont été signalés, car l’exploitation de ce gaz non conventionnel, malgré la chute des cours, continue à être rentable. Il est souvent meilleur marché que le gaz naturel liquéfié importé à grands frais.

Avec la forêt de puits en activité à travers les Etats-Unis, les stocks de gaz sont au zénith. Bien au-dessus de la moyenne de ces cinq dernières années. Ce ballon pèse sur une demande encore bien faiblarde. La consommation des centrales électriques s’est évanouie avec la récession et les importations ont fléchi partout dans le monde en 2009. Cela concerne aussi bien le Brésil qui importe de Bolivie, que les Etats-Unis avec le Canada ou la Thaïlande avec le Myanmar et bien sûr l’Europe avec la Russie.

La demande ne retrouvera pas le niveau de 2008 avant 2011. Vus les stocks qui s’amoncellent aux Etats-Unis et vu les nouvelles capacités de liquéfaction du gaz qui s’annoncent, il faudra au moins cinq ans pour faire éclater la bulle qui pèse sur ce marché. Autant dire que plus rien ne presse pour construire les tuyaux censés assurer la sécurité gazière de l’Europe.

Le projet le plus avancé de gazoduc, le Nord Stream qui reliera l’Allemagne à la Russie en passant au fond de la Baltique, ne sera sans doute pas prêt en 2012 comme l’affirment pourtant ses promoteurs. Je vous rappelle que le groupe français GDF cherche à entrer dans le consortium. Cela fait partie des sujets qui seront abordés aujourd’hui à Versailles où le premier ministre français François Fillon reçoit Vladimir Poutine, son homologue russe.

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