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Chronique des matières premières

Ail, aïe aïe… Dubaï !

Audio 01:59

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Le cours de l’ail s’enflamme de Pékin à Rotterdam. La grippe A y serait pour quelque chose.

C’est bien connu dans les Carpates, l’ail protège des vampires.
En Chine, depuis quelques mois c’est un rempart contre le virus H1N1. On en met dans tous les plats, histoire de renforcer les défenses immunitaires face au nouveau péril.

Vrai remède de grand-mère ou croyance spontanée comme chaque épisode d’alerte sanitaire en génère ? Difficile de trancher. Toujours est-il que l’effet grippe A, qui dope actuellement la demande de jus d’orange aux Etats-Unis, a fait exploser en Chine la demande en ail, la Chine étant le premier pays consommateur et producteur de la fameuse bulbe. Si pour le marché américain du jus d’orange cette demande prophylactique est un facteur de hausse parmi d’autres, sur le marché chinois de l’ail c’est d’abord une aubaine pour les spéculateurs.

Pas seulement à cause de la grippe A, mais surtout parce que la production d'ail a chuté. Les bas prix de 2007 ont découragé les paysans. Les opportunistes aux poches bien garnies ont surgi au bon moment. Les gains qu'ils ont réalisés pendant le boum de l'immobilier ou sur la Bourse de Shanghai ont suffi à acheter quelques lots d'ail pour le stocker en attendant que les prix montent. Ils ont quadruplé depuis le mois de mars. La bulle s’est propagée sur les marchés étrangers, car la Chine est aussi le premier exportateur au monde d’ail.

En Europe, les prix rendus au port de Rotterdam ont doublé depuis le mois de septembre. La contagion est toutefois limitée puisque dans l'Union ces exportations sont encadrées par un quota quantitatif et des droits d’entrée. La fièvre de l'ail chinois ne contaminera pas le reste du monde. En attendant la grippe A court toujours et un autre virus fait trembler les marchés de matières premières.

En fin de semaine, la plupart de ces marchés ont brutalement décroché : de l'or au pétrole en passant par le jus d'orange -encore lui, il ont dévissé suite aux aveux de faillite des émirs de Dubaï. Leurs caisses sont vides, ils ne pourront plus construire des immeubles avec un accès direct au paradis. Voilà une nouvelle redoutable pandémie pour l'économie que quelques gousses d'ail ne suffiront sans doute pas à juguler.

 

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