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Chronique des matières premières

Ferraille : un importateur providentiel sauve la mise

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Le marché de la ferraille pourra peut-être sortir de la crise car la demande est de retour. En France, la ferraille s’échange aujourd’hui autour des 150 euros la tonne, soit le même niveau de prix qu’en 2007. Sur ce marché de matière dite secondaire, c’est-à-dire issue du recyclage, on voit effectivement une série de signaux positifs émis en plusieurs points du globe. C’est réjouissant puisque la ferraille – ou alors scrap en anglais – est une marchandise hypersensible à l’état général de l’économie. Elle anticipe les crises comme les périodes de forte croissance. En 2008, les ferrailleurs ont senti le vent du boulet plusieurs semaines avant l’implosion de la Lehman Brothers ; les ventes, les cours se sont fracassés pendant l’été après avoir atteint des sommets historiques au printemps. 

La ferraille, principalement employée par la sidérurgie électrique, a terriblement souffert de la chute de la production d’acier. Il y a un an plus personne ne vendait ou n'achetait. Les commandes ont repris cette année mais elles progressent difficilement. Chez les ferrailleurs français, les affaires des trois premiers trimestres restent bien inférieures à celles de 2008, tant en terme de volumes échangés qu’en terme de prix. Les cours ont cependant bien résisté en retrouvant rapidement leur niveau d'il y a deux ans grâce à un acheteur providentiel : la Chine. Cette dernière, qui n’importait plus de scrap depuis des années, parce qu’elle trouvait les prix trop élevés, a profité de la glissade de l’année dernière pour se réapprovisionner. Les négociants chinois se sont fournis auprès des Etats-Unis, premier pays producteur et exportateur de ferraille.

Ce flux sino-américain a évité le dépôt de bilan à bien des ferrailleurs éreintés par la descente aux enfers de 2008. Cet automne d’autres pays clé pour ce marché sont revenus aux affaires : le Japon pour l’exportation et la Turquie pour l’importation. Sa sidérurgie fournit des produits semi-finis à la Chine ainsi que des ronds à béton pour les chantiers du Golfe. Ankara, de loin le premier importateur de ferraille, en a discrètement acheté ces derniers temps 450 000 tonnes. Sans pour autant déclencher une envolée des cours. Le temps où le chargement du moindre bateau destiné à la mer Noire électrisait le marché, est révolu néanmoins tous ces signaux accumulés promettent une année 2010 radieuse à tous les récupérateurs de la planète.

 

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