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Revue de presse Afrique

A la Une : l’impatience des pays du continent à la Conférence de Copenhague sur le climat

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« Le coup d’éclat des pays africains » : c’est le titre de L’Union au Gabon, qui constate que les 53 pays africains ont suspendu durant quelques heures hier leur participation aux groupes de travail. « Manière de protester, explique le quotidien gabonais, contre le peu d’importance qu’accorderait la conférence au renouvellement des engagements, au-delà de 2012, des pays industrialisés dans le cadre du Protocole de Kyoto. » Or, ce renouvellement des engagements « est le seul instrument qui permet de s’assurer que les uns et les autres vont s’engager sur une base minimale », explique l’un des délégués gabonais cité par le journal.

Une « pollution utile » ?

L’Afrique fait donc monter la pression… Et pour L’Observateur au Burkina, en effet, « ce coup d’éclat avait pour objectif principal de se faire remarquer au moment où les pourparlers entrent dans leur phase décisive. Ce pourrait être une forme de " pollution utile " », poursuit le quotidien burkinabé, qui reprend là l’expression d’un conférencier. « Reste à savoir, tempère le journal, si les complaintes des Africains seront entendues par les puissances qui sont en réalité les seuls maîtres à la manœuvre, car c’est bien connu, souligne L’Observateur, le problème n’est pas seulement environnemental, il est aussi et surtout économique et financier. »

Cette dernière semaine de négociation est « décisive », affirme Le Pays, toujours au Burkina. « Jusqu’ici, les experts se contentaient de déblayer le terrain pour les ministres qui prennent la relève cette semaine avant de laisser la place les 17 et 18 décembre prochains aux chefs d’Etat et de gouvernement. Ce sont eux, poursuit Le Pays, qui doivent décider notamment du degré de pollution à ne pas atteindre pour éviter la destruction de la couche d’ozone et du coût des compensations à verser aux pays non pollueurs mais qui subissent les conséquences des changements climatiques. Mais, s’interroge le quotidien burkinabé, les pays riches et gros pollueurs pourront-ils parvenir à accorder leurs violons sur ces questions ? »

Une seule voix pour les dirigeants africains

Justement, les chefs d’Etat africains attendus à Copenhague entendent bien mettre tout leur poids dans la balance. Ainsi, Ali Bongo a quitté Libreville hier, nous apprend le site d’informations GabonEco. Et comme ses pairs du continent, il souhaite « un engagement contraignant qui engage les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il souhaite également, poursuit GabonEco, la réduction des émissions des pays émergents de 15 à 30% (…). En contrepartie de ces efforts, ces pays attendent des nations industrialisées une aide financière pour mieux s’adapter aux changements climatiques. » Une aide d’autant plus importante, souligne GabonEco, que le Gabon fait partie du massif forestier du bassin du Congo, le deuxième poumon vert de la planète derrière l’Amazonie.

Pour le quotidien Sud au Sénégal, l’Afrique fait bloc… « Les délégués africains, affirme le journal, veulent avoir gain de cause car l’Afrique est le continent qui pollue le moins, et dans le même temps celui qui souffre le plus des changements climatiques. » Mais, s’interroge-t-il, « quel texte sera présenté aux ministres et plus aux chefs d’Etat et de gouvernement ? Est-ce le texte qui fait l’objet de discussions dans les groupes de travail ? Faut-il s’attendre à un coup fourré ? Et dans ce cas, les leaders africains auront-ils la force de dire non ? »

« Entre espoir et foire d’empoigne » : c’est le titre de l’éditorial de La Nouvelle République en Algérie. La Nouvelle République qui souligne que « toutes les aides économiques promises depuis des décennies n’ont été, à quelques exceptions près, que de belles paroles. Or, le Nord riche, s’il veut sauver son climat qui dépend en partie du Sud pauvre, devra cette fois-ci payer. Payer pour lutter contre la déforestation, payer pour assurer un développement harmonieux, payer en faisant sauter les barrières de l’Organisation mondiale du commerce, payer encore en n’exportant plus ses surplus agricoles subventionnés qui tuent les productions locales… »

« N’oublions pas la biodiversité ! »

Enfin, Le Potentiel au Congo démocratique insiste, lui, sur l’importance de préserver la biodiversité, un domaine qui est loin d’être une priorité à Copenhague. Et pourtant… « N’oublions pas la biodiversité », s’exclame Le Potentiel qui prend de nombreux exemples. Entre autres, la migration de certains insectes vers le Nord avec des conséquences sur les forêts, l’élevage et l’agriculture. La raréfaction de l’abeille, un insecte essentiel à la reproduction des espèces végétales, ou encore le déplacement de nombreuses espèces de poissons vers des eaux plus froides et plus profondes.

Tout cela peut avoir des conséquences considérables : « alimentation, santé, accès à l’eau et aux matières premières, emplois, tout ou presque ce qui compose notre quotidien, s’exclame Le Potentiel, est menacé parce que directement lié de près ou de loin à la préservation de la biodiversité. L’urgence est réelle et n’a rien à voir avec une simple préoccupation d’écolo. Et ce qu’il nous faut aujourd’hui, assure le quotidien congolais, c’est une politique en matière de recherche (…). Une politique ambitieuse, volontariste (…) et assortie de financements. »

On le voit, même si un premier pas sera peut-être franchi à l’issue du sommet de Copenhague, la bataille pour la préservation de notre planète ne fait apparemment que commencer.

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