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Revue de presse française

A la une: Benoit XVI et Pie XII, la controverse

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La décision a pris tout le monde de court. Samedi 19 décembre, le Vatican publie une liste de 21 noms, 21 personnalités toutes fraîchement proclamées « vénérables » soit la dernière étape avant leur béatification. Et dans cette liste, on trouve côte à côte deux papes que tout oppose : Jean-Paul II et Pie XII. «Soit le porte parole de la liberté d'un côté, d'après le quotidien Le Progrès de Lyon, et de l'autre, le muet de la Shoah».

Car Pie XII, élu pape lors de la seconde guerre mondiale, « savait » écrit ce matin le journal chrétien La Croix. Il savait tout du massacre des Juifs. « Les historiens sont aujourd'hui unanimes sur ce point. » Il savait donc mais il s'est tu. Il a choisi «d'agir dans la discrétion plutôt que de dénoncer ouvertement le nazisme». Et parallèlement - les historiens sont aussi formels - Pie XII a permis de sauver des Juifs en les cachant au Vatican. Plus globalement, l'Eglise catholique a -elle aussi- hébergé, caché des Juifs.

« Un grand malaise »

Pie XII reste donc un pape très controversé. Et en ouvrant la voie à sa béatification, Benoit XVI, son successeur, a créé «un grand malaise», d'après France Soir, notamment au sein des communautés juives.

Le pape, rapporte Libération, a toujours été un grand admirateur de Pie XII. Il estime que le travail d'explication de son œuvre a été fait et qu'il a été compris. Pourtant, il savait aussi qu'il allait « choquer » en rouvrant ce dossier, écrit Le Progrès. Mais «Benoit XVI pense avoir forcément raison puisque lui connaît le vrai Bon Dieu. Benoit XVI, pour Le Progrès, est donc un pape fin, obstiné et dangereux.»

Une autre figure religieuse maintenant qui fait aussi les gros titres des journaux ce lundi 21 décembre : il s'agit d'un ayatollah cette fois, «un ayatollah dissident» d'après Le Figaro. L'Iranien Hossein Ali Montazeri est mort ce week end. Ses obsèques sont prévues ce lundi et dès dimanche «des colonnes de voitures filaient en direction de Qom pour assister à la cérémonie».«Une cérémonie qui pourrait se transformer en enième manifestation contre le système en place.»

Ayatollah de la « contestation »

Car Montazeri, d'après Libération, c'était l'ayatollah de la «contestation». Figure de proue de la révolution de 1979, dauphin de Khomeiny, il est devenu ensuite «la bête noire» du régime iranien y compris des autorités actuelles.

«C'est donc aujourd'hui une grande perte pour l'opposition» écrit le quotidien. Montazeri disparu, «les deux autres figures de la contestation actuelle, Mir Hossein Moussavi et Medhi Karoubi, apparaissent bien pâles » aux côtés du grand ayatollah.

Autre contestation, en France, cette fois : celle contre le débat sur l'Identité Nationale qui se développe car il est « facteur de haine et de désunion». Un débat qui a donné lieu a des dérapages sur l'Islam et les populations d'origine immigrée. C’est ce que dénonce quelques 140 personnalités qui ont signé la pétition de SOS racisme publiée -ce lundi matin- dans les colonnes de Libération.

Parmi les signataires, on trouve notamment 3 anciens premiers ministres : Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Lionel Jospin.On trouve aussi Cécile Duflot des Verts ou encore Corinne Lepage du MODEM. Tous demandent l'arrêt des réunions publiques lancées par le ministre de l'Immigration Eric Besson car comme le rappelle SOS Racisme : «le racisme, ce n'est pas une opinion mais un délit».

1 Français sur 2 pas satisfait du débat sur l’identité nationale

Et sur ce point, les Français semblent globalement d'accord. A lire cette fois, en page 4 et 5 du Parisien, un sondage CSA qui révèle qu'1 Français sur 2 n'est pas satisfait par la tournure prise par ce débat.
Près de 30 % des personnes interrogées souhaitent donc qu'il s'arrête et 21% souhaitent qu'il soit ajourné.

En cause donc -on y revient- les récents dérapages d'élus notamment dont celui de Nadine Morano qui a dit vouloir du jeune musulman «qu'il arrête de parler verlan », qu'il mette sa casquette à l'endroit et « qu'il aime son pays». Mais ses propos ont été sortis de leur contexte d'après la secrétaire d'Etat à la famille qui assure que non, elle ne voulait pas stigmatiser les jeunes musulmans.

Pour Le Parisien, le débat s'est envenimé surtout après le referendum suisse sur les minarets. Des grandes questions sur l'identité nationale, il s’est amenuisé pour finir par ne tourner qu’autour de la question de la place de l'Islam en France. Résultat, ce débat devient encombrant pour les élus UMP qui se lancent dans la bataille des régionales. C'est ce que soulignent les Echos ce lundi 21 décembre. Et du coup, les vaillants soldats du sarkozysme préfèrent éviter l'identité nationale pour des sujets moins polémiques comme la fiscalité, l'emploi ou encore l'environnement. Et ainsi ne pas donner le bâton pour se faire battre.

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