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Chronique des matières premières

RDC : les planteurs de café sur le marché de l'arabica

Audio 01:53
Des baies rouges de café sur un lit de graines de café arabica.
Des baies rouges de café sur un lit de graines de café arabica. Getty Images/Creativ Studio Heinemann

Les planteurs de café de l’est de la RDC essaient de tirer leur épingle du jeu dans le marché en pleine croissance de l’arabica. La production est encore irrégulière, peu soutenue et mal organisée. Mais l’arabica congolais a l’avantage d’être de bonne qualité, et de pouvoir être certifié bio.

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Dans une dégustation à l’aveugle il arrive que le café arabica congolais vienne ravir les papilles des testeurs au point d’être classé parmi les meilleurs d’Afrique juste après celui de l’Ethiopie. Mais quand on en révèle la provenance, l’enthousiasme des acheteurs retombe car ils connaissent les difficultés d’approvisionnement et de régularité.

L’arabica est cultivé essentiellement dans le Nord-Kivu, région minée par les guerres et l’absence de routes; à cela s’ajoute un autre handicap : l’accumulation de taxes qui vont peser jusqu’à 40% du prix, quand on sait par exemple qu’au Rwanda ou au Burundi voisins les droits de sortie vont de 1 à 2%. C’est la raison pour laquelle le café de l’est congolais sort surtout en contrebande, et il est comptabilisé dans l’exportation des pays voisins.

Les planteurs du Kivu peuvent cependant en tirer de bons revenus, le prix a plus que triplé depuis 5 ans. Passant de 2 dollars le kilo en 2007 à 7 dollars aujourd’hui. Le marché de l’arabica est en pleine progression avec la généralisation de la mode de l’espresso dans les pays occidentaux, et l’apparition de nouveaux consommateurs en Asie. Les Japonais par exemple, consomment de plus en plus de café, alors qu’ils l’ignoraient il y a une dizaine d’année.

L’isolement et la pauvreté dans le Kivu ont contraint les planteurs à se passer d’engrais, ils n’avaient pas les moyens de s’en acheter. De ce mal surgit un bien car la production est de fait un café bio. Reste à pouvoir le faire certifier par un organisme international reconnu ; un luxe que très peu peuvent se payer, cela coûte cher. Là encore il y a une injustice, en Ouganda par exemple la certification bio est financée par l’Etat.

Certains planteurs congolais, les plus fortunés investissent cependant pour valoriser la production. Par exemple en installant de quoi faire de « l’arabica washed », le café lavé à l’eau ; geste très technique mais qui rapporte lorsqu’il est réussi. L’étape suivante serait de pratiquer la torréfaction sur place pour livrer un produit fini.

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