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Chronique des matières premières

Les cours du coton plombés par les stocks

Audio 01:49
REUTERS/Amit Dave

La récolte de coton va commencer dans l'hémisphère nord dans un climat un peu morose pour les producteurs  

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70 à 80 cents la livre de coton est un bon prix, par rapport au niveau du début des années 2000, mais pour des producteurs qui ont vu les cours franchir les 2 dollars au printemps 2011, à la bourse de New York, c'est plutôt décevant.

Les cotonculteurs ont joué de malchance lors de la dernière campagne (2011-2012) : alors qu'ils avaient misé à fond sur le coton au vu des prix exceptionnels de la campagne précédente (2010-2011), les filatures asiatiques ont commencé à ralentir la cadence, lorsque le coton est sorti de terre. Résultat : les stocks mondiaux, qui étaient réduits à leur plus bas niveau depuis 15 ans fin 2010, débordent aujourd'hui, et ils ne sont pas près de dégonfler puisque la nouvelle récolte commence dans l'hémisphère Nord, soit 80 % de la production mondiale. La Chine en particulier est assise sur des stocks de fibre phénoménaux : non seulement elle a profité de la dégringolade des prix mondiaux, depuis le printemps, pour importer à tour de bras, mais elle a acheté sa production nationale pour éviter que le revenu des paysans chinois ne s'effondre. Les réserves chinoises sont une « bombe à retardement » qui empêche les cours du coton de rebondir. Or le surplus mondial de coton fibre par rapport à la demande de fil (23,5 millions de tonnes) devrait subsister en 2012-2013, malgré la baisse anticipée de la production mondiale (25,5 millions de tonnes de coton fibre). Les stocks vont donc se cumuler aux précédents, pour atteindre un niveau historique de près de 16 millions de tonnes.

Seule l'Inde pourrait modifier ce scénario et elle est coutumière du fait sur les marchés de matières premières. Deuxième exportateur mondial derrière les Etats-Unis depuis l'an dernier, elle devrait voir sa production de fibre baisser assez nettement cette année, la sécheresse et la baisse des rendements dans certaines régions s'étant ajoutée à la baisse des surfaces. Si elle décrétait un embargo ou des quotas d'exportation pour garantir un approvisionnement à son industrie textile, ce pourrait être une occasion pour les producteurs africains, qui sont sur les mêmes marchés, de tirer leur épingle du jeu. Mais New Delhi ne prendra peut-être pas le risque de voir les prix nationaux s'effondrer pour les paysans indiens.

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