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Revue de presse française

A la Une : les adieux à Margaret Thatcher

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« On aimait la détester », titre Aujourd'hui en France en Une. Chaque quotidien français revient ce mardi sur le décès de l’ex-Premier ministre britannique, Margaret Thatcher. « Pas de larmes », commente de son côté L'Humanité. « La Dame d'enfer, résume le journal, bonne fée de la City et bourreau des cités ». Quel héritage ? s'interroge La Croix pour celle qui n'avait pas pris la parole depuis plus de dix ans mais qui, pourtant, « a laissé une empreinte très présente sur la vie du monde ». Pour le journal, « c'est elle qui a donné une impulsion décisive (...) à la mondialisation ». « La première (...) qui aura mis en œuvre des politiques telles que les privatisations, la déréglementation sociale ou la libéralisation financière ».

Des idées que « la grande faucheuse », comme la surnomme Libération en une, « appliquera avec la conviction d'un prêcheur, expliquant qu'il n'y avait pas d'autre option ». Les Échos rappellent sa haine du socialisme avec notamment ces petites phrases, restées dans l'histoire: « Le problème du socialisme c'est que vous finissez par manquer de l'argent des autres », lance-t-elle. Ou encore: « Guérir les Britanniques du socialisme était comme essayer de soigner une leucémie avec des sangsues ». « Sans doute est-il injuste que l'on se souvienne d'elle uniquement pour cela », nuance La Croix.

« Les yeux de Caligula, la bouche de Marylin »

En effet, pour une partie de la presse, Margaret Thatcher a autrement marqué son temps : première femme à la tête du gouvernement britannique ; complicité avec Gorbatchev, l'homme qui a amené la chute du communisme en Europe ; restauration de la fierté nationale avec la guerre des Malouines. « La gauche radicale a saisi l'occasion de sa mort pour faire de l'humour noir, écrit Les Échos. Mais le centre-gauche comme la droite admirent en Thatcher le leader de conviction par opposition aux hommes politiques d'aujourd'hui, perçus comme guidés par des experts en communication ».

Une femme forte à qui l'ancien président François Mitterrand avait trouvé « les yeux de Caligula et la bouche de Marylin Monroe ». Pour Le Figaro, c'était « le courage au pouvoir ». « La Dame de Fer n'a jamais voulu contenter tout le monde. Intransigeante sur les principes, elle avait horreur de tous ces faux consensus qui incitent les politiques à ne jamais rien régler. (...) La France et l'Europe d'aujourd'hui, juge  Le Figaro, auraient bien besoin de dirigeants de sa trempe». Elle a certes redressé le Royaume-Uni, « mais le prix payé par son pays, devenu encore plus inégale sous sa conduite, dévalue ce bilan », pense Libération.

La chanson anti-Thatcher : un courant à part entière

Libération loue en revanche l'inspiration qu'a donnée la dame à de nombreux groupes pop-rock. « Le bon peuple a un doux rêve, voir Margaret sur la guillotine » : c’est un extrait du premier album solo de Morrissey en 88. Exemple parmi tant d'autres, de ce qui «de la fin des années 70 au début des années 2000, est devenu un sous-genre de la pop-culture britannique: la chanson anti-Thatcher », des anarchistes de Crass à The Beat, qui demandait dans un titre à Thatcher de démissionner. En France aussi, on s'en souvient, « Renaud se soulage littéralement, ajoute Libération, dans Miss Maggie en 1985 ». Un scandale éclate d'ailleurs entre Paris et Londres.

Plus tard, même après son départ de Downing Street, le « genre ne s'éteindra pas, tant les musiciens britanniques aiment la détester. Elton John lui-même, chantera en 2004: « Joyeux Noël Maggie Thatcher. Nous faisons la fête aujourd'hui parce que ce jour nous rapproche de votre mort » ». Bref, conclut Libération, « la musique britannique a perdu son meilleur ennemi hier ». Elle n'avait pas que des amis dans le septième art non plus. Le réalisateur Ken Loach s'est battu pour qu'elle n'ait pas d'obsèques nationales, raconte Le Parisien. « Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques, propose-t-il. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C'est ce qu'elle aurait fait ».

« Transparence ou déballage ? »

Autre sujet dans la presse ce matin: le patrimoine des ministres sera rendu public d’ici le 15 avril, à la demande du président français. « Transparence ou déballage ? » s'interroge Le Parisien. « Avec cette opération transparence inédite, François Hollande espère faire renaître « la gauche morale » de ses cendres. (...) Parce qu'il y a feu à la maison ». Affaire Cahuzac, démenti d'un autre ministre, Laurent Fabius, au sujet d'un supposé compte en Suisse. Certains bons élèves ont pris une longueur d'avance, note Le Parisien. Cécile Duflot ou encore Pascal Canfin ont publié leur patrimoine. « Pour éviter le feuilleton, Matignon a donc du recadrer ses troupes » : la publication, apprend-on, se fera « de manière ordonnée lundi sur le site internet du gouvernement ».

Tous les ministres vont devoir se plier à la règle, avec plus ou moins d'enthousiasme, note le journal. Certains doutent de l'efficacité d'une telle mesure. « Sans compter le gêne de lever ainsi le voile sur sa vie privée ». Un ministre se demande « si bientôt on leur demandera la taille de la capote». « On va se regarder bizarrement autour de la table », confie un autre. « Il est vrai, lance Le Parisien, qu'entre les œuvres d'art d'un Laurent Fabius ou l'Opel Corsa 'achetée il y a huit ans' d'un Benoît Hamon, il y a un monde... ».

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