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Chronique des matières premières

Levée partielle de l'embargo pétrolier européen en Syrie: un geste symbolique en faveur des rebelles

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L'Union européenne a décidé de lever en partie l'embargo sur les exportations de pétrole syrien pour soutenir les rebelles. Mais cette décision sera difficile à mettre en place. 

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A défaut de lever l'embargo sur les armes pour aider les rebelles syriens, l'Europe manifeste son soutien autrement, en levant partiellement l'embargo sur les exportations de pétrole. Cet embargo avait été décidé en décembre 2011. Il avait pour but d'asphyxier le régime de Bachar el-Assad, sachant que même avec moins d'1% de la production mondiale, le pétrole syrien rapportait un tiers de ses devises au pays.

Désormais, une grande partie des gisements est sous le contrôle des rebelles. A part le champ d'Al Omar toujours tenu par le régime de Damas, la région pétrolifère orientale de Deir ez-Zor est majoritairement aux mains de l'opposition syrienne depuis la fin de l'année dernière. La rébellion progresse aussi dans les zones de production de Raqqa et de Hassaka, dans le nord-est du pays.

Pourtant, cela risque de ne pas se traduire tout de suite par des revenus importants pour les rebelles. Car il leur manque un débouché vers la mer ; le seul oléoduc du pays rejoint le port de Banias, toujours aux mains du régime Assad. ll reste aux rebelles la possibilité d'exporter le pétrole par camions citernes vers la Turquie ou l'Irak, mais les convois sont des cibles faciles pour les bombardements. On voit difficilement des compagnies européennes prendre le risque d'acheter du pétrole dans ces conditions.

Pour l'instant, les revenus pétroliers de la rébellion se résument à la contrebande de brut, transformé localement dans des raffineries clandestines. Ce qui suscite d'ailleurs des conflits meurtriers entre les différentes factions ou avec les communautés locales, qui s'accusent mutuellement de voler le pétrole.

La levée de l'embargo européen ne va donc pas changer grand chose dans l'immédiat. Le geste est avant tout symbolique, il donne un supplément de légitimité à la rébellion syrienne ; mais il donne aussi aux Etats européens la possibilité dans un proche avenir de faire le tri entre les différentes factions en refusant le pétrole qui serait vendu par les jihadistes syriens.

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