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Chronique des matières premières

Premier congrès africain de l'huile de palme à Abidjan

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Plantation dédiée à l'huile de palme.
Plantation dédiée à l'huile de palme. Marco Schmidt/ Wikimedia Commons

Du 11 au 13 juin, la Côte d’Ivoire accueille le premier congrès africain de l'huile de palme. Objectif : relancer les filières du palmier à huile en Afrique et redorer l'image de ce produit tropical.

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C'est un peu le retour aux sources pour le palmier à huile, puisqu'il est originaire d'Afrique. Dans les années 1960, le champion mondial de l'huile de palme était le Nigeria, il fournissait la moitié de l'offre mondiale. Depuis, l'Asie, à force de défrichements, a dépassé l'Afrique de très loin, l'Indonésie produit aujourd'hui à elle seule 30 fois la récolte nigériane ! Les surfaces indonésiennes et malaisiennes, près de 15 millions d'hectares aujourd'hui, n'ont plus rien à voir avec les surfaces ouest-africaines, et les rendements non plus : ils sont cinq à six fois moins importants en Afrique, où il n'y a pas eu beaucoup de progrès au niveau variétal.

Depuis quelques années, l'Afrique veut sa part des revenus générés par l'huile de palme, la moins chère pour les consommateurs, mais la plus rentable à produire, même depuis que les cours ont fléchi. D'autant que la consommation d'huile de palme progresse vite, et en premier lieu en Afrique, pour la cuisine, dans la transformation agroalimentaire et les cosmétiques. La Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest connaît un déficit d'huile de palme de près de 2 millions de tonnes. Tous les pays de la Cédéao doivent donc importer de l'huile de palme asiatique : le Nigeria en premier lieu, mais aussi la Côte d'Ivoire, pourtant fournisseur d'huile de palme ivoirienne à tous les pays voisins.

Pour l'instant, les efforts pour défendre la culture africaine du palmier à huile ne sont pas convaincants : le gouvernement nigérian, en instaurant tout récemment une taxe de 35% sur l'importation de l'huile de palme asiatique, n'a fait qu'étouffer la transformation nigériane. D'autres gouvernements sont pointés du doigt, en Sierra Leone, au Liberia, au Cameroun pour avoir laissé des investisseurs étrangers défricher des milliers d'hectares sans concertation avec les populations. La Côte d'Ivoire, qui organise ce premier congrès africain de l'huile de palme, va tenter de réhabiliter l'image de cette filière. Deux millions d'Ivoiriens en vivent.

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