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Revue de presse française

A la Une: triple lynchage à Madagascar

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AFP

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La tension est vive sur l'île touristique de Nosy Be, au nord de Madagascar, où deux Européens, dont un Français, ont été tués par une foule en colère qui a brûlé leurs corps, les soupçonnant de s’être livrés à un trafic d'organes. Un troisième homme a été lynché jeudi soir dans la même affaire.

«Horreur à Madagascar», lance en manchette Le Parisien. Le quotidien relate les faits qui se sont déroulés dans l’île paradisiaque de Nosy-Be. «Les faits débutent mercredi (…) lorsqu’une centaine d’habitants encercle (une) gendarmerie (…) où un Malgache (…) est retenu. La rumeur l’accuse d’être impliqué dans la disparition d’un garçon de 9 ans». Plus tard, la découverte du corps sans vie de l’enfant disparu «relance l’effervescence de la foule. Le garçon est découvert sur (une) plage», poursuit Le Parisien, qui rapporte les déclarations d’un gendarme selon lequel le corps de l’enfant est «mutilé : il n’a plus de langue ni de sexe. Révoltée par la découverte macabre, une foule rageuse se lance à la recherche de deux ressortissants étrangers, soupçonnés d’être les complices du suspect malgache qu’elle détient. Sébastien et Roberto, un Français et un Franco-Italien employés d’hôtel, sont alors attrapés par plusieurs centaines de personnes».

La suite, c’est un Français anonyme vivant non loin de la plage qui la raconte dans Le Parisien. «Il y avait énormément de gens, y compris des femmes et des enfants. On se serait cru aux jeux du cirque», dit-il dans les colonnes du quotidien. Sous ses yeux, «l’horreur se produit. Tout le monde criait, les coups pleuvaient, dit-il. Quand je suis arrivé, l’un d’entre eux était déjà mort. Son corps a été traîné et jeté sur un brasier. C’est atroce. (…) On ne peut rien faire face à la vindicte populaire, face à une foule qui s’acharne».

Pourtant, insiste le journal, cette histoire de trafic d’organes est une «sale rumeur, qu’absolument rien n’accréditait hier». Ce qui n’empêche pas le journal de lui consacrer deux pages entières.

Madagascar : rumeurs urbaines ou vrai trafic ?

Et c’est bien-là le dilemme. Car aussi épouvantable soit-elle, cette affaire est un «fait divers», insistent dans Libération deux universitaires de Paris-Est. «Régulièrement, le trafic d’organes ou d’os défraie la chronique, qu’il soit le fait d’étrangers ou de nationaux (à Madagascar), explique le quotidien. Le sujet enflamme les esprits, car il puise dans l’imaginaire collectif : la figure du vazaha mpakafo (voleur de cœur, de foie ou de sang), surtout des enfants, perdure depuis l’époque coloniale». Quand à la mutilation du sexe et de la langue, poursuivent ces deux spécialistes, elle évoque davantage des «pratiques de sorcellerie, qui, comme les sectes, progressent auprès d’une population appauvrie, après des années de crise politique et économique, et, à Nosy Be, de crise du tourisme».

Dilemme pour la presse donc, car, d’une part, les faits sont-là. Mais de l’autre, «que les médias français s’emparent de ce drame risquerait d’alimenter, à Madagascar, la critique envers la géopolitique trouble de la France», craignent les universitaires dans Libé, qui remarquent : «entre deux écueils, celui du trafic d’organes sensationnaliste ou du gai lémurien exotique, comment parler dans les médias de Madagascar et de l’Afrique en général».

Lampedusa : tragédie migratoire

Naufrage d’un navire de migrants clandestins, venus pour la plupart de Somalie, et qui a fait au moins cent-trente morts. Mais l’on compte aussi deux-cents disparus. C’est l'une des catastrophes les plus meurtrières que l'île italienne de Lampedusa ait connue.

«Lampedusa, la tragédie», c’est donc en effet la manchette de La Croix. Le quotidien catholique relate les faits. Cinq cents migrants somaliens et érythréens à bord d’un bateau de vingt mètres part des côtes libyennes. Le feu à bord, le bateau qui coule très vite et des corps humains flottants «partout dans la mer», relate un secouriste dans La Croix.

«Le mot qui me vient est celui de honte ! C’est une honte», a dit le pape François, rapporte le quotidien catholique. Le souverain pontife, qui s’était rendu à Lampedusa en juillet dernier, rappelle La Croix, enjoint les chrétiens à «prier pour les victimes venues d’Afrique dans l’espoir d’une vie meilleure».

Les morts de Lampedusa, Le Parisien les montre ce matin. Sur la photo, impossible de dénombrer les housses en plastique contenant les corps et qui sont alignées à même le sol sur le port, parmi les filets de pêche. «Il faut que les caméras de télévision viennent ici, montrent les cadavres, sinon c’est comme si ces tragédies n’existaient pas», s’indigne dans le quotidien la maire de Lampedusa.

Madame la maire «a pourtant la triste habitude d’assister à des drames de l’immigration, remarque Libération. Mais devant les dizaines de cadavres alignés sur le port de la petite île, elle n’a pu retenir ses pleurs et crier son indignation». Mais le «phénomène», comme le qualifie le journal en évoquant cette immigration clandestine transméditerranéenne, est en «très forte hausse». Et le dernier en date, celui dont nous parlons, «fait suite à la mort, il y a trois jours, de treize immigrés, pour la plupart érythréens, retrouvés noyés du côté de Raguse (sud-ouest de la Sicile). Et quelques heures seulement avant la tragédie de Lampedusa, un navire avec à son bord 117 Syriens avait été arraisonné, un peu plus au nord, au large de Syracuse. Depuis le début de l’année, ce sont plus de 25 000 personnes qui ont débarqué sur les côtes méridionales de l’Italie, soit au moins trois fois plus qu’en 2012», énumère Libé.

Lampedusa ? Un drame non pas italien mais «européen», a dit, sur les lieux de la tragédie, le ministre italien de l’Intérieur, rapporte Le Figaro.

Marine Le Pen : course de cotes

Une «percée de Marine Le Pen (qui) inquiète à gauche et à droite», lance en manchette Le Figaro. Le journal publie ce matin quelques extraits d’un sondage TNS/Sofres réalisé pour son hebdomadaire Le Figaro Magazine.

Selon cette enquête, la présidente du Front national devient la troisième personnalité que les Français souhaitent «voir jouer un rôle important» dans les mois qui viennent. Progressant de 3 points, à 33 % d’opinions favorables, Marine Le Pen obtient la même cote de confiance que les anciens Premiers ministres François Fillon et Alain Juppé, et la même également que la directrice générale du Fond monétaire international Christine Lagarde.

Dans ce même sondage, la cote du président François Hollande continue de baisser avec 74% de sondés, contre 70% en septembre, qui ne lui font pas confiance, de même que celle du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à qui 69% des sondés ne font pas confiance.

Commentant cette enquête, Le Figaro s’en prend aux socialistes à qui Marine Le Pen «dit merci», lance le journal. La présidente du FN «aime le PS au pouvoir. On la comprend», s’agace le confrère, qui enjoint la droite à tirer elle aussi les leçons de la «marinomania» plutôt que de «s’escrimer en de vaines querelles qui achèvent de désespérer ses électeurs».

Prisons : à eux la liberté

Le Figaro qui s’est également procuré l’étude d’impact de la réforme pénale. Résultat : beaucoup moins de prisonniers en France d’ici 2017. C’est la réforme défendue par la ministre de la justice Christine Taubira. Selon cette étude d'impact portant sur la population carcérale que s’est procuré Le Figaro, il pourrait y avoir entre 2.900 et 6.900 détenus de moins d'ici à 2017. Le journal en conclut que la Garde des sceaux «a atteint - du moins sur le papier - l'objectif qu'elle s'était fixé : réduire le nombre de personnes incarcérées».

La baisse la plus importante de la population détenue tient à «deux décisions phares de Christiane Taubira : la fin des peines planchers, ainsi que la suppression du mécanisme de révocation automatique des sursis simples», explique Le Figaro.

Rallyes : le roi du volant

Le Français Sébastien Ogier est champion du monde des rallyes. Et son sourire pleine page éclate en une de L’Equipe. «Ogier prend le pouvoir», lance le quotidien sportif.

Libération annonce «le sacre de Sébastien II», étant rappelé que l’ancien autre champion du monde français des rallyes s’appelle Sébastien Loeb.

Ogier pour Le Figaro, c’est «l’héritier de la couronne». On le voit, la monarchie vrombit sous les capots des journaux français.

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