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Revue de presse française

A la Une, Léonarda le retour ?

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AFP

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C’est la question du jour, alors que Manuel Valls rentre à Paris après avoir écourté son déplacement aux Antilles. Le ministre de l’Intérieur va prendre connaissance de l’enquête administrative sur les conditions d’expulsion de la collégienne Léonarda vers le Kosovo, en compagnie de sa famille d’origine Rom.

Cette question, Le Figaro se la pose en manchette. « Léonarda va-t-elle revenir en France ? ». Une question, mais aussi et surtout « un casse-tête, estime le quotidien. Car, quels que soient les résultats de l’enquête, ne se présentent au gouvernement que de mauvaises solutions ». Comme le résume un « dirigeant socialiste » anonyme dans Le Figaro, le dilemme de François Hollande est on ne peut plus clair : « Si on fait revenir [Léonarda], la droite va nous accuser de laxisme et le FN en rajoutera. Si on ne la fait pas revenir, c’est une partie de la gauche qui va dire : “C’est la honte ! Ne comptez pas sur nos voix pour les prochaines élections” ».
 
Qu’en pensent les Français ? Selon un sondage BVA que publie Le Parisien, les deux tiers d’entre eux sont opposés à une éventuelle annulation de l'expulsion de Léonarda et de sa famille vers le Kosovo. Ce sont aussi 65 % des personnes interrogées qui sont contre le retour de la famille en France. Seulement 46 % des Français se déclarent choqués par l'interpellation de Léonarda en pleine sortie scolaire à l'origine de manifestations lycéennes dans plusieurs villes de France. Et les trois quarts des Français approuvent la position de Manuel Valls dans cette affaire. « Mais là où Valls fait un tabac, souligne Le Parisien, c’est dans le camp d’en face : 89 % à droite approuvent la position du ministre socialiste… un plébiscite ! ».

Léonarda : petites combines et gros mensonges

En attendant, Léonarda est toujours au Kosovo. Et comme de très nombreux organes de presse, Le Monde est allé à sa rencontre à Mitrovica, ville frontière du nord du Kosovo, où le père, la mère et les sept frères et sœurs se retrouvent dans un petit pavillon loué par la mairie. Les journalistes se pressent au premier étage pour interroger les membres de la famille Dibrani. Léonarda « enchaîne les interviews », constate le quotidien du soir. La jeune adolescente (…) y prend goût. « Son petit ami lui a envoyé un texto parce qu’il l’avait vue à la télévision. Elle rigole en disant qu’elle est "devenue une star" et raconte la longue route pour l’aéroport où elle rejoint sa famille pour ce "baptême de l’air imposé". Personne, en effet, n’avait encore pris l’avion, rapporte le journal qui note que l’appartement est assez confortable, (…) meublé sommairement mais les tissus des nombreux canapés – qui servent aussi de lits – et les tapis omniprésents lui donnent de la chaleur. Le bois brûle dans le grand poêle de la pièce principale ».

« La famille Dibrani, un cas dur à défendre », admet Libération. Car le père de Léonarda a multiplié les mensonges. Le Figaro, ce matin, expose les détails de cette série d’affabulations proférées par Resat Dibrani pour tenter d’obtenir un droit d’asile en France. Un vrai festival. Mais la Cour nationale du droit d’asile ne s’est pas laissée prendre. Par trois fois, elle a rejeté les demandes de la famille de Léonarda, et le quotidien dévoile « la série de fables, étayées de documents à la véracité douteuse, présentées par Resat Dibrani dans l’espoir d’obtenir indûment le droit d’asile ».

Léonarda : la piste italienne

Reste une piste évoquée hier pour dénouer la situation : Léonarda serait née en Italie, c'est-à-dire dans l’espace Schengen. Piste reprise ce matin par Le Parisien. Dans le quotidien, un avocat spécialisé en droit des étrangers explique qu’un enfant né en Italie est italien, quelle que soit la nationalité de ses parents. « Sous réserve que sa naissance soit déclarée à l’état-civil, ce qui, dans le cas présent, n’est pas encore avéré. Alors, Léonarda pourrait revenir au nom de la libre circulation dans l’espace Schengen ».

Mais ceux qui croient que la naissance présumée de Léonarda en Italie pourrait être une issue à la crise se trompent, rétorque Libération. « Etre né en Italie n’en confère pas automatiquement la nationalité. Il faut ensuite justifier d’une durée de présence sur le territoire, puis faire la demande auprès des autorités, explique Libé. Or, et c’est aussi une grande constante dans les parcours des migrants, la méconnaissance du droit et la volonté de vivre le plus discrètement possible n’encouragent pas ce genre de démarche ».

Alors, oui, comment François Hollande va-t-il se sortir du « piège » Léonarda ? « Reste le débat sur les conditions de l’interpellation dans un cadre scolaire, et surtout la politique », conclut Libération.

Léonarda : quelle politique d’immigration ?

Justement. La politique, ce matin, il y en a plein la presse française autour de cette affaire. Florilège :

« Par tradition et par culture, la gauche n'a jamais vraiment tranché entre l'idéologie et le droit », résume Le journal de la Haute-Marne.

« La politique d'immigration. Celle de Sarkozy était détestable, mais la gauche, elle, n'en a pas et laisse ce front inoccupé, regrette La République des Pyrénées. Plutôt que de transformer l'affaire Léonarda en règlements de compte politiciens, il vaudrait mieux prendre à bras le corps la question de l'immigration ».

« L'affaire est pain bénit pour Marine Le Pen et ravageuse pour François Hollande, souligne Sud-Ouest. En mégotant leur soutien au ministre de l'Intérieur quand ils ne le flinguent pas, les socialistes jouent avec le feu ».

« La France est donc ce pays où l'on peut interpeller une collégienne au vu et su de ses camarades aux fins d'expulsion du territoire, s’indigne Le courrier de l’Ouest. Aucun argument juridique, aucun élément de contexte ne peuvent justifier cette violence d'État ».

Alors, oui, Léonarda, retour ou pas retour ? Suspense insoutenable.

Qatar : les sacrifiés du Dieu football

Il est un autre pays où la question de l’immigration est posée en ce moment, c’est le Qatar, qui a hérité de la Coupe du monde de football de 2022. Et sur les chantiers de la future compétition, les ouvriers immigrés meurent par centaines.

Chaque année, les travailleurs originaires d’Asie du Sud-Est, qui constituent 80 % des deux millions d’habitants du Qatar, sont plusieurs centaines « à le quitter dans un cercueil, constate Le Monde. Ils finissent leur vie dans le pays ou ils croyaient en commencer une nouvelle, fauchés dans la force de l’âge par des conditions de travail harassantes ».

Comme le relève le quotidien du soir, les experts de la Confédération syndicale internationale ont calculé qu’au moins 4 000 immigrés paieront de leur vie le Mondial qatarien. Les chiffres fournis par les ambassades « font frémir », s’alarme le confrère. Celle de l’Inde, qui représente la communauté immigrée la plus importante du Qatar, a dénombré 237 morts en 2012. Pour les neuf premiers mois de 2013, « le compteur des décès marquait 159, avec un pic à 27 pour le mois d’août ». Chez les Népalais, deuxième plus gros contingent immigré (…) et le plus représenté dans le secteur de la construction, le bilan n’est pas moins macabre : 200 morts chaque année, selon une source anonyme « très bien informée » citée par Le Monde.

Le journal décrit « la vie de forçat que mènent les ouvriers du BTP ». En décrochant la « timbale du Mondial », la dynastie Al-Thani s’est placée toute seule sous les projecteurs des médias et des organisations de défense des droits de l’homme. L’Emirat est aujourd’hui confronté au « scandale le plus retentissant de sa courte histoire. Au nom du Dieu football, le pays le plus riche de la planète risque de devenir le tombeau des prolétaires du désert », martèle Le Monde.

Turquie – Israël : espions à vendre

L’affaire des espions israéliens prétendument livrés par la Turquie à l’Iran : reprenant ce matin le récit du Washington Post, Le Figaro raconte cette histoire d’agents du Mossad, une dizaine, « vendus » début 2012 par Ankara à Téhéran. La Turquie a énergiquement démenti ces informations. Mais en dépit de ces dénégations, le quotidien français semble accorder du crédit aux accusations du journal américain. Une affaire qui menace de « faire voler en éclats le laborieux rapprochement engagé ces derniers mois » entre la Turquie et Israël, estime Le Figaro.

 

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