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Chronique des matières premières

Sénégal: premier producteur de sel d’Afrique de l’Ouest

Audio 02:07
Des femmes extraient le sel près de la ville de Saint-Louis au Sénégal.
Des femmes extraient le sel près de la ville de Saint-Louis au Sénégal. Reuters/Finbarr O'Reilly

Avec en moyenne 400 000 tonnes chaque année, le Sénégal est le 1er producteur de sel d’Afrique de l’Ouest. Le sel, qui est considéré comme un produit de l’agriculture puisqu’il se récolte dans les marais salants. A cause de la sécheresse et du recul de la mangrove, une grande partie du littoral s’est désormais lancée dans l’activité. 

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Quand on longe la rivière du Saloum, des marais salants s’étendent à perte de vue. Le sel une fois recueilli à coup de piquets et de pelles, sèche au soleil avant d’être transporté en pirogue jusqu’à Dakar ou en charrettes jusqu’à l’axe Kaolack-Tambacounda. Des camions chargent les sacs, la plupart iront au Mali ou au Burkina Faso. Le sel sénégalais est également vendu en Côte d’Ivoire, au Bénin, en Guinée. Il se retrouve aussi sur les marchés du Gabon ou du Congo.

Installée depuis 1914 au Sénégal, la Société des salins du Sine Saloum est la seule industrie salinière du pays à produire du sel purifié : 225 000 tonnes par an. Ici, la récolte est mécanisée, et Guy Deschamps, le directeur général adjoint, le reconnaît, son entreprise n’a pas de problème pour écouler sa production. Les salins du Sine Saloum voudraient même s’étendre sur de nouvelles terres.

A côté des rares industries, la filière fait vivre des centaines de milliers de personnes, la plupart sont des paysans qui font du mil ou de l’arachide et qui ont trouvé là une activité d’appoint. Le sac de 25 kilos est vendu entre 300 et 800 francs CFA (autour d’un euro). C’est du sel brut, certes iodé mais non lavé et non raffiné faute d’unités industrielles de raffinage, et donc sans valeur ajoutée.

« Les ramasseurs de sel s’échinent sous le soleil mais ils ne gagnent pas grand-chose », explique Baboucar Bob, président de la Chambre de commerce de Fatick, lui-même à la tête d’une petite industrie du sel. « Le raffinage demande des investissements lourds […] il faut des machines qui consomment beaucoup d’électricité et la filière artisanale n’est pas organisée » regrette-t-il.

Aujourd’hui, dans un supermarché, 750 grammes de sel de table raffiné coûtent 1 euro et demi, c’est du sel d’importation. « Si nous étions en mesure de le fabriquer au Sénégal, nous pourrions le vendre 20 centimes d’euros, contre même pas un centime aujourd’hui ». Selon lui, même si le grand public consomme du sel brut, le marché domestique existe bel et bien puisque l’an dernier près de 2 milliards de francs CFA de sel raffiné ont été importés.

Et c’est le même montant pour le sel fin qui est utilisé dans l’agro-alimentaire. Aujourd’hui, l’un des gros fabricants sénégalais de bouillon en cube est obligé d’importer, ce qui est un comble dans un pays exportateur !
 

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