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Invité Afrique

Israël Yoroba: «Il est important de sensibiliser contre Ebola»

Audio 07:35
Israël Yoroba, journaliste et blogueur ivoirien.
Israël Yoroba, journaliste et blogueur ivoirien. yoroba.net

Ecrivain, journaliste, blogueur spécialiste des nouvelles technologies, Israël Yoroba est aussi et surtout un citoyen ivoirien, qui a voulu prendre part au combat contre le virus Ebola, en diffusant des conseils de prévention via une chanson aux accents Reggae et un clip disponible gratuitement sur internet, pour une diffusion la plus large possible.

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RFI : De bons conseils pour lutter contre la propagation du virus Ebola mis en musique par le journaliste, écrivain et blogueur ivoirien qui est notre invité ce matin. Bonjour, Israël Yoroba. Vous êtes en ligne d’Abidjan en Côte d’Ivoire, un pays qui n’est pas touché par Ebola pour l’instant. Rappelons qu’il frappe le Liberia, la Guinée, la Sierra Leone et dans une moindre mesure le Nigeria. Et pourtant vous êtes inquiet en Côte d’Ivoire ?

Israël Yoroba : Oui, il y a une grosse psychose qui se vérifie parce qu’on a vu les mesures du gouvernement augmenter au point où qu'il est interdit de se saluer, se faire des accolades. Donc il y a une vraie psychose qui est présente d'autant plus que l'on voit aussi à côté de nous, dans différents pays, des personnes sont touchées et le nombre des victimes ne cesse d’augmenter.

On nous dit aussi que les manifestations sportives sont dorénavant interdites, en tout cas suspendues en Côte d’ivoire.

Oui, c’est ce qu’on a appris il y a quelques jours : que toutes les manifestations, tous les matches internationaux en Côte d’Ivoire sont suspendus. De quoi nourrir la psychose.

Par principe de précaution, de prévention, comment vous est venu l’idée de faire cette chanson aux accents reggae accompagnée d’un clip que vous avez mis d’ailleurs en ligne sur YouTube.

Je me suis dit qu’il était important pour nous en tant que citoyen de prendre aussi une part active dans cette campagne de sensibilisation. Il y a eu un gros déploiement communicationnel au niveau du gouvernement mais nous-mêmes en tant que citoyens, que pouvait-on faire, chacun avec ce qu’il a, chacun avec ce qu’il sait faire. Moi je fais un peu de musique, j’écris un peu, donc j’ai écris une chanson, j’ai mis la musique et j’ai chanté.

Là, pour le coup, il n’y a pas de communication institutionnelle. C’est une initiative qui vient de vous, de vous seul ?

Oui, une initiative individuelle, personnelle que j’ai voulu mettre en musique parce que je pense que la musique est aussi l’un des éléments qui permet de véhiculer un message. Et puis le reggae c’est une musique passe-partout. On l’écoute aussi bien dans les bureaux feutrés que dans les petits cabarets, aussi bien dans les minis-bus de transport en commun que dans les véhicules personnels. Le reggae ça passe partout.

Et la musique passe partout, y compris les frontières. Donc ce n’est pas un message destiné uniquement aux habitants de Côte d’Ivoire.

Non. Ce n’est pas uniquement pour la Côte d’Ivoire et le reggae est une musique universelle. J’ai envie de dire que c’est une musique et un message pour tout le monde entier, pour tous les pays qui sont touchés et dans lesquels on parle le français, pour l’instant. Mais il y a une version avec un sous-titrage en anglais qui est en cours et qui sera mise en ligne dans quelques jours.

Il faut préciser que votre chanson est en téléchargement libre, ça veut dire, Israël Yoroba que vous ne toucherez aucun droit, aucune royalties.

Non, je ne toucherai aucun argent sur cette production parce que je la veux accessible à tout le monde, je veux qu’elle soit téléchargée par le maximum de personnes. Je veux qu’elle soit écoutée et entendue de partout. Une action citoyenne, il n’y a pas forcément à en attendre de l’argent.

Votre titre a été mis en ligne il y a quelques jours. Cette semaine est ce que vous avez déjà des retours. Est ce que ça fonctionne, est-ce qu’il y a du buzz ?

Je sais que jusqu’au mercredi 20, il y avait plus de 5000 vues sur Youtube et puis plus de 865 par page sur les réseaux sociaux. Et je pense qu’au moment où nous parlons ça a dû doubler.

Vous avez un autre projet assez novateur puisque vous êtes président de l’Association « Bric’Espoir ». Vous faites appel au financement participatif, ce qu’on appelle en anglais le crowdfunding. Vous pouvez nous expliquer un peu çà aussi ?

L’idée est venue parce qu’on veut construire ici en Côte d’Ivoire une sorte de Technopole, un endroit où on pourra incuber des projets de jeunes. Et donc on a eu l’idée de lancer une sorte de crowdfunding (de financement participatif sur Internet) et demander à la population de contribuer. Parce que l’idée c’est aussi d’inciter les citoyens ivoiriens à l’esprit communautaire, à participer à des projets de développement communautaire. Donc le projet « Bric’Espoir », va rentrer dans une phase bêta dans quelques mois. On va commencer et puis on espère que d’ici quelques années on finira de construire le projet en lui-même.

« Bric’Espoir », ça veut dire que l’on achète des « bric » sur Internet ?

C’est ça : on achète des petites « bric » sur Internet qui coûtent 2000 FCFA et ça vous donne droit à un petit carré sur Internet où vous pouvez mettre votre image, votre logo avec un lien qui pointe vers votre site internet si vous avez un site Internet ou bien un profil ou une page Facebook.

Vous espérez un financement total de votre projet via cette participation ?

On l’espère mais on n’est pas fermé non plus si il y a des business angels qui veulent contribuer, s'il y a des mécènes qui veulent participer à ce projet. Non, on n’est pas du tout fermé même si on espère qu’au-delà même de l’argent récolté, c’est aussi insuffler une nouvelle mentalité. Dire que « c’est ensemble qu’on peut construire la Côte d’Ivoire, c’est ensemble qu’on peut reconstruire la Côte d’Ivoire, qu’on soit du nord, du sud, de l’est, de l’ouest ou du centre. C’est autour d’un projet commun qu’on pourra arriver à développer notre pays.


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