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Aujourd'hui l'économie

Un G20 pour ranimer la croissance

Audio 03:56
Le G20 se tient à Brisbane, en Australie, les 15 et 16 novembre 2014.
Le G20 se tient à Brisbane, en Australie, les 15 et 16 novembre 2014. REUTERS/Jason Reed

Les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 se retrouvent ce week-end à Brisbane en Australie avec une priorité à leur agenda : réactiver la croissance, au point mort au Japon comme en Europe.

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L'Europe va-t-elle perdre dix ans avant de retrouver un élan ? C'est la question posée mercredi par Jacob Lew, le secrétaire d'Etat américain au Trésor. Une telle mise en garde donne le ton de ce G20. L'allusion à la décennie perdue vise le Japon, englué dans la stagnation depuis les années 1990. Mais un Japon qui tente de s'en sortir. La politique mise en place par Shinzo Abe n'a pas encore fait ses preuves et il s'apprête à rectifier le tir, des annonces sont attendues dans les prochains jours.

Quant à l'Europe, elle reste encore au stade des incantations. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, parle de commission de la dernière chance. Mais son plan de relance à 300 milliards d'euros est encore bien vague, tout comme l'éventuelle relance monétaire envisagée par la Banque centrale européenne. Et les performances au troisième trimestre, révélées ce matin, si elles sont légèrement meilleures que prévu, 0,3 % de croissance en zone euro au lieu de 0,2 ne doivent pas masquer la réalité : c'est le chiffre des unités qui compte, le 0, car la croissance est en panne depuis trois ans.

Le Produit intérieur brut de la zone euro n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise financière. Le chômage, l’inflation ultra-basse, et l’Allemagne en train de caler complètent ce tableau déprimant. Ce qui s'est passé ce trimestre en France résume bien le problème : seule la consommation des ménages et les dépenses publiques ont alimenté le petit 0,3 % de croissance mais les investissements, de l’Etat, des entreprises et des ménages, le moteur indispensable à la croissance, eux continuent à reculer.

Les ministres des Finances du G20 se sont mis d'accord sur plus de 1 000 mesures pour redresser la barre, avec un objectif de 2 % de croissance d'ici 2018

Ce catalogue détaillé qui devra être entériné par les chefs d'Etat contraste avec le simple engagement verbal pris à Saint-Pétersbourg lors du dernier sommet du G20. Ce qu'il faut retenir de cette liste minutieuse, c'est la volonté d'entrer dans le concret, en donnant des recettes explicites aux gouvernants.

Le patron de l'OCDE, Angel Gurria, constate que la politique monétaire, c'est-à-dire la planche à billets, la politique budgétaire, c'est-à-dire l'assainissement des comptes publics par l'austérité, ont aujourd'hui atteint leurs limites. Les économies encalaminées doivent passer au stade des réformes structurelles, c'est-à-dire changer de fond en comble par exemple le marché du travail en France ou en Italie, investir dans les infrastructures en Allemagne, miser sur la formation, l'éducation.

Le G20 a-t-il vraiment le pouvoir de changer les choses ?

Il a été mis sur pied pour résoudre les problèmes économiques et financiers. D'abord au niveau ministériel en 1999, puis au niveau des chefs d'Etat en 2008 pour gérer la débâcle financière. Les 19 pays membres représentent 80 % du Produit intérieur brut mondial. Il a donc assez d'envergure, il lui manque un pouvoir politique. Ce n'est encore qu'une instance de concertation.

Les gouvernants peuvent être d'accord à Brisbane, mais une fois rentrés chez eux, il leur faudra surtout convaincre les gouvernés et c'est le vrai défi à relever. Que ce soit les électeurs allemands, très attachés à la rigueur budgétaire, ou des Français ou des Italiens, soucieux de préserver leur filet de sécurité ou leur pouvoir d'achat. Ce n'est pas au G20 mais bien à l'Union européenne et aux gouvernements nationaux de prendre l'initiative.
 


 
EN BREF DANS L’ECONOMIE
 
L'organisation terroriste Etat islamique s'apprête à émettre sa propre monnaie

C'est du moins ce qu'affirme le groupe qui contrôle une partie de la Syrie et de l'Irak dans un communiqué publié sur internet. Les pièces seraient fabriquées à partir d'or, d'argent et de bronze. L'organisation, qui lève déjà des taxes, se doterait ainsi d'un des principaux attributs de souveraineté d'un Etat.

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