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Revue de presse Afrique

A la Une: Burkina Faso, feu vert pour la transition

Audio 04:26
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Deux semaines après la chute de Compaoré, la charte de transition, qui reste encore à signer, a donc été adoptée à l’unanimité.

Trop fraîche, la nouvelle ne bénéficie pas encore d’un traitement en profondeur dans la presse africaine. Seuls les journaux en ligne la reprennent sur Internet. Avec les bandeaux d’urgence qui conviennent pour l’occasion. A commencer par les sites panafricains.

« Dernière minute, lance ainsi Presseafrik.com, accord sur la transition au Burkina Faso. La nouvelle vient de tomber. Les partis politiques et organisations de la société civile du Burkina Faso sont parvenus à un accord sur l’architecture des organes de la transition ». Un peu court mais ça a au moins le mérite de claquer comme un étendard au vent.

Tout à son optimisme, le site Afrik.com prédit que le « calme » pourrait bien être « définitif » au Burkina Faso.

Sur place, FasoZine, aussi, s’enthousiasme. « Ça y est ! Cette fois-ci est la bonne ». Et le site relate la séance. « Le modérateur de la cérémonie a, au terme des 3 heures d’âpres discussions, demandé à l’assistance de dire qui est contre ce projet de charte. Mais personne n’a levé le doigt. Qui est pour ? Là, toute la salle lève la main. Puis on entend des gens crier le nom de l’armée dans la salle pour indiquer que les militaires n’ont pas bien levé la main, remarque FasoZine. A ce moment et comme pour leur prouver le contraire, les deux représentants de l’armée lève leurs mains haut, mieux, ils se mettent débout. Puis en chœur, toute l’assistance entonne l’hymne nationale du Burkina Faso. Puis chacun congratule son voisin ».

Pressentant la signature de l’accord, le quotidien L’Observateur Paalga, avant-même sa conclusion, saluait la concession faite par l’armée burkinabè concernant la présidence de la transition. « Dieu veille jusque-là sur le Pays des hommes intègres », se félicitait le journal, qui invitait les militaires à mettre « un peu d’eau dans leur pinard » ! [Étant précisé que le « pinard », c’est tout simplement du vin, pas de celui dont s’enorgueillissent les vignerons, mais plutôt du mauvais vin].

De l’eau dans le vin des militaires, donc, car il reste tant à faire. Et notamment la désignation de celui qui sera chargé de « piloter la transition » en qualité de chef de l’Etat et de président du Faso, souligne le quotidien. Qui évoque, non pas une femme mais un « homme au-dessus de tout soupçon », un « mouton à cinq pattes ». C’est lui qui l’écrit.

Burkina Faso : passeports plus en règle

Et c’est lui qui livre cette information concernant le Burkina Faso : la possible annulation d’une vingtaine de passeports diplomatiques. Dont celui de Blaise Compaoré... L’Observateur Paalga croit en effet savoir qu’une vingtaine de passeports diplomatiques des dignitaires de l’ancien régime « ont été annulés ». Outre le nom de l’ex-président burkinabè, le quotidien ouagalais cite, entre autres, celui de sa femme, Chantal, de son frère François ou encore de Moustapha Chafi.
 
Burkina Faso : le général blessé

L’Observateur Paalga qui annonce aussi que le général Kwamé Lougué a été « évacué vers la France ». Le journal publie une photo du militaire, que l’on aperçoit assis sur un fauteuil roulant, la jambe gauche allongée « en raison d’une fracture » et le pied droit bandé.

Mais dans quelles circonstances le général, tant réclamé par la foule lors de la révolution, a-t-il eu la jambe fracturée ? L’Observateur Paalga n’est pas en mesure de l’expliquer à ses lecteurs, car les militaires qui accompagnaient la presse au domicile du général Lougué ne lui ont guère laissé le loisir de faire son travail. « A quoi sert alors d’inviter la presse si on ne veut pas qu’elle aborde les vrais sujets ?, s’offusque en conséquence L’Observateur Paalga. On comprend que l’objectif visé dans la médiatisation de cette évacuation du général Lougué vers la France est de donner l’image d’une armée soudée, mais de là à vouloir faire de la rétention d’information », morigène le confrère ouagalais. Ainsi va la presse. Et pas seulement en Afrique.

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