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Revue de presse française

A la Une : Poutine de plus en plus isolé

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AFP

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« Poutine le paria », s’exclame Libération. Poutine qui a quitté prématurément le G20 hier en Australie, constate le journal : « il s’en est d’abord pris plein la figure dans la presse locale avant de recevoir le même traitement de la part des chefs d’Etat et de gouvernement anglo-saxons. Vexé, Poutine a finalement décidé de sécher le déjeuner final, d’avancer sa conférence de presse et de rentrer vite fait à Moscou. » Et finalement, commente Libération, « le G20, instance vaine et molle, aura eu le mérite de dire son fait à Poutine. Oui, la Russie fait la guerre à l’Ukraine et cette agression a un coût élevé pour son économie et son statut diplomatique. Les dirigeants du monde ont chacun joué leur partition, en mode majeur et claironnant pour les leaders anglo-saxons, plus tempéré pour Hollande ou Merkel. Mais sur le fond, après 4.000 morts, un avion civil abattu par la DCA russe et des mois d’atermoiements, le message est semble-t-il passé, forçant le président KGBiste et culturiste à quitter le G20. »

Toutefois, s’interroge La Croix, que peut gagner l’Europe en se confrontant à la Russie ? Rien de bon, répond le journal… « D’une part, précise La Croix, un bras de fer avec la Russie a peu de chances d’être gagné. Elle a une grande assise économique, détenant les plus importantes réserves de gaz naturel au monde. En outre, Vladimir Poutine est visiblement prêt à lui faire endurer des sanctions commerciales et financières et à sacrifier un peu de pouvoir d’achat des classes moyennes russes à ses rêves de grandeur. Moscou peut par ailleurs s’adosser à la Chine et pactiser avec les grands pays émergents pour résister aux pressions occidentales. D’autre part, poursuit La Croix, les Européens n’ont rien à gagner à une nouvelle bipolarisation du monde – la précédente ayant déjà largement fait sentir ses effets sur leur continent. Si leur but est de se constituer comme une puissance internationale autonome, économiquement et politiquement, ils ont intérêt à soutenir fermement l’Ukraine mais sans accentuer les antagonismes avec la Russie, où certains redoutent les choix du Kremlin. Cette voie moyenne est difficile mais elle permettra peut-être aux Européens de construire leur destin. »

Attention, prévient pour sa part, dans Le Figaro, la chercheuse américaine Fiona Hill, experte reconnue de la Russie et coauteur d’un livre sur Poutine : « s’il ne rencontre pas de limites, il ira au-delà de l’Ukraine, et déstabilisera d’autres pays, affirme-t-elle. Le problème est que Poutine n’est plus seulement un danger pour la souveraineté de l’Ukraine et la sécurité européenne, mais un danger pour l’ordre politique européen. Très clairement, son but est de discréditer les institutions européennes et la démocratie. Il veut aussi discréditer l’Otan dont l’existence est vue comme un danger. Depuis 2007, il nous dit qu’il veut un système de sécurité différent, un nouveau Yalta que nous ne pouvons accepter. Voilà pourquoi les Occidentaux sont décontenancés, estime encore Fiona Hill. Personne ne veut aller au bout de l’analyse et entrer dans la réalité d’une nouvelle guerre froide. »

Opération électoraliste ?

Dans les journaux également ce matin, « Sarkozy relance le débat sur le mariage homosexuel » : c’est le grand titre du Figaro. En effet, rapporte le journal, « pour la première fois, samedi, au meeting de Sens commun, un collectif créé au sein de l’UMP par d’anciens de la Manif pour tous, l’ex-président a promis d’abroger la loi Taubira s’il revenait à l’Élysée. »

Commentaire du Figaro : « en acceptant de parler d’'abrogation' devant les militants de Sens commun, Nicolas Sarkozy n’a pas levé toutes les ambiguïtés de sa position sur le mariage pour tous. Mais il a spectaculairement légitimé le débat sur une remise en cause de la loi Taubira. Et fait sauter un tabou, celui de son irréversibilité. » Toutefois, relève encore le quotidien d’opposition, « l’ancien chef de l’État a pris un risque. Celui de décevoir ses amis qui ont accepté le mariage pour tous sans convaincre ceux qui ne voient dans son ralliement à l’abrogation qu’une simple opération tactique, trop ambiguë pour être sincère. Et s’il est trop tôt pour savoir s’il profitera ou pâtira de sa prise de position, il est clair que l’écho suscité par le meeting de Sens commun incitera les animateurs de la Manif pour tous à ne pas relâcher la pression sur l’UMP jusqu’à la présidentielle. »

Libération s’interroge : « en tirera-t-il tous les bénéfices électoraux espérés lors de l’élection à la présidence du parti, le 29 novembre ? Pas évident. Car la part de cynisme électoraliste de cette annonce n’a échappé à personne. Surtout pas aux militants dont les acclamations célébraient moins le candidat lui-même que la concession qu’ils venaient de lui arracher. »

Le ton est donné… La plupart des éditorialistes dénoncent ce matin l’opportunisme et l’électoralisme de Nicolas Sarkozy. A commencer par L’Opinion, quotidien d’opposition : « sur la défensive, affirme-t-il, l’ancien président donne l’impression de verser dans l’électoralisme de circonstance, au risque de mécontenter tout le monde, de brouiller son image. Au même moment, ses concurrents pour la primaire jouent la carte de la conviction et capitalisent pour l’avenir : Bruno Le Maire dans la posture du courage, Alain Juppé sur le créneau de la droite humaniste. »

« Si pour Henri IV, 'Paris valait bien une messe', le strapontin de l’UMP vaut bien une 'abrogation', ironise Le Courrier Picard. Quitte à relancer avec cynisme un débat propice à toutes les dérives malsaines. »

Pour La Charente Libre, « Nicolas Sarkozy laisse planer un grand flou sur ses convictions réelles dont on peut retenir au final qu’il veut être président, de l’UMP dans quinze jours, de la République dans trois ans. Or ce double combat l’amène sans cesse à sauter à cloche-pied d’un point de vue à l’autre sans convaincre personne. »

Paris-Normandie enfonce le clou : « le candidat à la présidence de l’UMP souhaite, par pur clientélisme, instaurer deux mariages distincts : celui de Monsieur et Madame tout le monde, et celui de Monsieur et Monsieur ou Madame et Madame. Nicolas Sarkozy met ainsi en pièces l’avancée sociétale dessinée par la gauche. C’est un peu comme si Jacques Chirac, lors de sa tentative de conquête de l’Elysée en 1988, avait annoncé abroger la loi contre la peine de mort votée en 1981. (…) En 2012, rappelle le quotidien normand, 58 % des Français étaient favorables au mariage homosexuel ; aujourd’hui, ils sont plus des deux tiers. La France évolue, les Français évoluent, mais pas Nicolas Sarkozy. »

Un Johnny authentique !

Enfin, Rester vivant, le 49e album de Johnny Hallyday, sort ce lundi… Et Le Parisien n’y va pas par quatre chemins… Le Parisien qui parle de « chef d’œuvre » : « Hallyday n’a jamais approché d’aussi près ses héros. Il n’a jamais été aussi proche non plus de ce qu’il aime, donc de ce qu’il est, transcendé par des compositions et des textes bouleversants signés Yodelice, Jeanne Cherhal, Miossec, Daran… Il se livre ici comme jamais sur sa vie, ses rêves, ses travers, son parcours. Un disque miroir de sa vie. Donc forcément un peu de la nôtre. »

« Johnny la fureur de vivre », renchérit Le Figaro qui est tout aussi laudatif : « Rester vivant restitue aujourd’hui l’idole nationale telle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : authentique. Loin de succomber à un désir de multiplier les tubes de variétés, l’album est un vibrant hommage à la musique américaine (…). »

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