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Revue de presse française

A la Une : basculement

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AFP

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Horreur, indignation, incompréhension et beaucoup de questions dans les journaux ce matin après la confirmation par les autorités françaises qu’un jeune Français, originaire de Normandie, figure parmi les bourreaux de l’Etat islamique.
« Maxime, 22 ans : l’itinéraire d’un bourreau français en Syrie », s’exclame Le Figaro en première page. « Né le 17 mars 1992 dans l’Eure et ayant grandi à Bosc-Roger-en-Roumois, commune de 3.200 âmes à une trentaine de kilomètres au sud de Rouen, celui qui se fait désormais appeler par les noms de guerre Abou Abdillah ou Abou Abdallah al-Faransi (le Français) se serait converti à l’islam dès l’âge de 17 ans avant de s’autoradicaliser sur Internet. Condamné à une amende 300 euros pour délit de fuite et défaut d’assurance, il attire l’attention des services de renseignements en 2011 en raison de son brutal basculement salafiste. 'Il s’est forgé tout seul une identité', assure Baptiste, un de ses amis évoquant sa conversion via les réseaux sociaux. À Bosc-Roger-en-Roumois, les volets de la maison familiale sont restés fermés lundi : les parents de Maxime ont quitté les lieux depuis l’annonce de la participation de leur fils au dernier massacre de l’Etat islamique. »

Alors, s’interroge Paris-Normandie, « comment un adolescent, issu de parents normands a-t-il pu, depuis une bourgade tranquille, sombrer ainsi ? Où sont passées les sentinelles sociales que sont l’école, les services publics en général, les gendarmes de l’internet, pour ne pas avoir décelé chez lui cette tentation mortifère ? Et combien y a-t-il aujourd’hui de Maxime Hauchard ? Le terrorisme a un visage, celui d’un jeune homme que ses proches croyaient insouciant. L’horreur s’en trouve démultipliée. »

« C’est une révélation qui bouleverse, soupire Le Parisien. Il y a donc parmi les bourreaux, les assassins du groupe Etat islamique, des enfants de France. Des jeunes dont on ne peut même pas dire qu’ils auraient été exposés au prosélytisme de quelques imams extrémistes dans des quartiers multiculturels, qui n’ont pas connu en prison l’influence d’islamistes radicaux. C’est au cœur d’un paisible village normand, au milieu d’une communauté rurale que Maxime Hauchard a développé le goût de combattre et de tuer au nom de la religion qu’il avait adoptée. » Et Le Parisien de s’interroger : « sans une lutte acharnée contre les réseaux qui l’ont recruté, combien de jeunes en quête d’identité risquent, comme lui, de se voir entraînés vers ce qu’il y a de pire ? »

Trois ou quatre cas par jour…

Malheureusement le phénomène s’amplifie, explique dans Le Figaro, le préfet Pierre N’Gahane, responsable du volet prévention dans le plan gouvernemental de lutte contre la radicalisation et les filières jihadistes : « le mouvement de départs vers la Syrie n’est pas en train de se tarir, affirme-t-il. Environ 650 signalements nous ont été faits jusqu’à présent, ce qui correspond à une moyenne de trois ou quatre cas par jour. On ne peut malheureusement pas dire que le phénomène s’essouffle. Dans 90 % des cas, ce sont les familles - le plus souvent des mères - qui s’inquiètent et nous contactent. Dans 55 % des cas, il s’agit de familles qui ne sont pas de culture arabo-musulmane et qui appartiennent à la classe moyenne ou supérieure. »

Quel est le profil du candidat au djihad ? demande Le Figaro. Réponse de Pierre N’Gahane : « on trouve des profils très différents. Chez la plupart de ces jeunes, il y a beaucoup de naïveté et une grande fragilité, sur fond, parfois, de familles désunies ou en conflit. Avant d’entrer dans cette dérive sectaire, ils 'se cherchaient', voulaient donner un sens à leur vie. (…) Ils se convertissent, non pas à l’islam, mais à la radicalité, entrant dans une 'secte'qui les met en danger et met la société en danger. 90 % du recrutement se fait via Internet et 80 % des départements français sont touchés. »

Libération tente également de trouver des réponses… « Qui sont ces jihadistes ? Qu’ils soient français, anglais, kirghiz ou philippins, ils n’ont en général aucune expérience militaire, indique le cabinet américain Soufan Group, qui a réalisé une des études les plus complètes sur le profil des combattants étrangers. Ils sont, la plupart du temps, jeunes, entre 18 et 29 ans, voire entre 15 et 17 ans. (…) Plus surprenant à première vue, les nouveaux jihadistes n’ont quasiment jamais de lien, familial ou culturel, avec la Syrie. Les combattants européens ne fréquentaient en outre que rarement les mosquées dans leur pays. Un quart des 1.000 jihadistes français se sont récemment convertis. La difficulté à les repérer avant leur départ tient à ce que la plupart ne se sont jamais fait remarquer, ni pour un éventuel intérêt pour la cause jihadiste ni pour des affaires criminelles. »

Libération s’interroge encore : « Pourquoi partent-ils ? Souvent solitaires et isolés, les jihadistes européens trouvent dans le jihad 'la cause supérieure' qu’ils recherchaient, note le Soufan Group. Ils se sont généralement autoradicalisés via Internet, parfois en parcourant les commentaires et les photos sur Facebook ou Twitter de jihadistes déjà partis. Les dirigeants de l’Etat islamique semblent, sinon encourager, du moins laisser faire les combattants qui veulent s’exprimer sur le Web, même si cela peut les conduire à se faire arrêter lorsqu’ils quittent la Syrie. Preuve, selon les Nations unies, qu’ils y voient un moyen de recruter facilement de nouveaux volontaires. »

Dassault dynamité ?

On reste avec Libération qui publie le témoignage d’un ex-homme de confiance de l’industriel Serge Dassault, un témoignage accablant… Cet homme s’appelle Gérard Limat. Il était le comptable et l’ami de Serge Dassault. Il a raconté aux juges avoir, de 1995 à 2012, remis en cash à l’ex-maire de Corbeil 53 millions d’euros, transférés de Suisse. Libération a pu avoir accès aux procès-verbaux. Libération qui estime que « les confessions de cet homme de l’ombre risquent de dynamiter le système Dassault. Serge Dassault, « un homme qui derrière les déclarations tempétueuses a piétiné sans gêne les fondements de notre démocratie, s’exclame le journal. Accusé d’avoir acheté des voix pour sa réélection dans son fief de l’Essonne, il est au cœur d’un montage financier complexe qui lui aurait ainsi permis de détourner des dizaines de millions d’euros. Le témoignage accablant de son ancien homme de confiance atteste de l’ampleur du système. Face à ces révélations, conclut Libération, qui sont entre les mains de la justice, les dénégations et les sempiternelles diatribes contre les journalistes ne suffiront plus. »

Rester dans l’horizontalité…

« Paris dit non aux tours »… La capitale française apparemment ne veut pas suivre les exemples de Londres, Barcelone ou encore Moscou… En effet, relate Le Parisien, « le projet de la tour Triangle, une pyramide de verre tout en transparence, qui devait être érigé porte de Versailles, dominant le périphérique, près du parc des Expositions, a été retoqué en Conseil de Paris. De quoi geler les ardeurs des architectes et des promoteurs quant à de futures constructions vertigineuses. »
Selon la formule de l’UNESCO, Paris restera donc « l’une des rares villes horizontales préservées ». Du moins pour le moment…

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