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Chronique des matières premières

Le courtier de pétrole Trafigura publiera ce qu'il paie

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Des barils de pétrole.
Des barils de pétrole. Getty Images/Photo 24/Brand X Pictures

Trafigura, le courtier de pétrole très implanté en Afrique, rejoint l'Initiative pour la transparence des industries extractives. Une première pour une maison de négoce pur.

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Trafigura, le troisième courtier mondial de pétrole (133 milliards de dollars de CA en 2013), à l'image souvent ternie par les affaires, adhère à l'ITIE, l'Initiative pour la transparence des industries extractives. Les groupes miniers et pétroliers comme Rio Tinto, Shell ou Total, même Glencore, ont déjà rejoint l'ITIE, mais c'est la première fois qu'un négociant pur fait le pas.

À partir de 2015 Trafigura publiera dans son rapport annuel ce qu'elle aura payé aux États membres de l'initiative et à leurs sociétés pétrolières nationales, 31 pays à ce jour, volontaires eux aussi pour publier ce qu'ils ont perçu en revenus, taxes et droits de licences. La démarche, totalement volontaire, a donc de quoi surprendre de la part de Trafigura, plus souvent citée dans le passé pour des fraudes sur les volumes de pétrole achetés au Congo-Brazzaville ou à l'Afrique du Sud ; sans parler du scandale en Côte d'Ivoire des déchets pétroliers du Probo Koala, un navire affrété par Trafigura, il y a huit ans.

Ce pas vers plus de transparence est d'ailleurs limité par définition au périmètre des pays membres de l'ITIE, ce qui signifie que les citoyens de l'Angola ou de la Guinée équatoriale, pourtant pays de production majeurs pour Trafigura, ne connaîtront pas les versements du négociant. Trafigura n'aura aucune obligation non plus s'agissant du troc de brut contre des produits pétroliers au Nigeria, pourtant membre de l'ITIE. Mais par ce geste, Trafigura espère changer un peu son image, d'autant que les financements sont plus difficiles et le contexte pétrolier morose.

Le négociant basé à Amsterdam et Genève prend aussi les devants, puisqu'une législation européenne, contraignante cette fois, l'obligera in fine à déclarer ses versements aux pays pétroliers. On comprend mieux pourquoi le geste de Trafigura fait des émules : en début de semaine le numéro quatre du négoce de pétrole, Gunvor, disait voir l'Initiative pour la transparence des industries extractives d'un bon oeil !

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