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Les mots de l'actualité

POMPIER - 19/11/2014

Audio 03:20

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Michel Kafando, pompier de la révolution.

Voilà un titre un peu étonnant, qu’on a pu relever parmi les informations de RFI. Et pourtant il est assez simple à comprendre : Kafando, provisoirement à la tête de l’état du Burkina Faso, pour conduire la transition jusqu’aux prochaines élections, doit éteindre le feu de la révolution, rétablir ou du moins assurer la tranquillité de l’état. Et donc, de manière imagée, c’est celui qui apaise – le pompier –  qui fait redescendre la tension, restaure et maintient l’ordre.

En effet, que fait-il le pompier ? Il éteint l’incendie ! Il appartient à ce corps qu’on appelle parfois un corps d’élite, régi de façon un peu militaire et qu’on appelle quand ça brûle : « Au feu : les pompiers ! » comme on dit parfois ! Et c’est tout ?
Oh non ! Le pompier, il fait bien d’autres choses. On l’appelle en cas d’urgence, urgences médicales ou urgences d’accident, car ce sont les secours les plus rapides. Et toute l’imagerie populaire qui accompagne ces héros repose encore sur une réalité : la voiture rouge, la grande échelle, les pin-pons…

Les pin-pons surtout m’intéressent.  Parce que cette onomatopée, qui désigne la sirène à deux tons des pompiers, est complètement entrée dans le langage courant. Ce succès fait jubiler celui qui s’intéresse un petit peu à la langue : en effet, pin-pon est un mot-bruit – bien que ce soit une onomatopée, une imitation – et c’est un mot-bruit tout à fait acceptable, qui rend compte justement de cet avertisseur sonore à deux notes « Pin – pon – pin – pon ». Mais en même temps, pin-pon fait forcément penser à pompier, comme si un mot était le double de l’autre. Ce qui par ricochet donne au mot pompier un côté incroyablement expressif et presque familier. C’est peut-être ce qui explique la popularité du mot.

De quoi nous faire oublier que le pompier vient de la pompe, qu’avec les pompes, on envoie de l’eau, qu’avec de l’eau projetée, on éteint les incendies.

Le mot apparaît d’abord avec un sens totalement perdu. C’est au départ, au XVIIIe siècle, le fabricant de pompe. Et puis il va prendre son sens moderne, petit à petit de soldat du feu.

Et bientôt le voilà associé à ce qu’on appelle le sapeur, puisqu’on parle des sapeurs pompiers.

Le sapeur lui aussi est ancien, autant que le pompier. Pendant longtemps, il n’a été qu’un soldat modeste, appartenant le plus souvent au x unités du génie. Le sapeur est chargé de détruire les constructions défensives de l’ennemi : c’est-à-dire saper les murs d’enceinte, de creuser des galeries pour atteindre des positions qu’on n’oserait pas cibler à découvert. Le sapeur, il sape !

Alors aujourd’hui, on parle des sapeurs pompiers qui font penser à la fumée : quand ça brûle, ça fume ! Et c’est ainsi qu’on comprend une expression très familière liée au tabac : un gros fumeur fume comme un sapeur, ou parfois même il fume comme un pompier !

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