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Revue de presse Afrique

A la Une: le lieutenant-colonel Zida nommé Premier ministre de la transition

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Sorti par la grande porte, il revient au pouvoir par la fenêtre… L’ex-homme fort du pays qui a pris les rênes après l’éviction de Compaoré devient donc le Premier ministre, militaire, du président, civil, Michel Kafando.

Et sitôt nommé, rapporte Fasozine, « Yacouba Isaac Zida a laissé entendre dans la soirée que le nouveau gouvernement serait formé “dans au moins 72 heures”. »

Alors qui va vraiment diriger le Burkina durant cette année de transition ? Le président ou bien le Premier ministre ? De prime abord, estime le quotidien Le Pays, la nomination de Zida est « un compromis de bon sens. […] L’ex-numéro 2 du Régiment de sécurité présidentiel a su préparer le terrain à la prise de cette décision. Il a géré avec une certaine maestria, la période pré-transitoire. Avec son équipe, il a su ramener l’ordre au moment où Blaise Compaoré venait de prendre la clé des champs sous la pression de la rue et que le Burkina tanguait dans tous les sens. Il faut dire aussi qu’il a su frapper les esprits en accédant à l’impératif de céder le pouvoir à un civil et en tenant des discours qui rappellent à l’opinion un certain Thomas Sankara. […] N’empêche que bien des démocrates, soupire Le Pays, auraient préféré une personnalité civile à la primature. […] Cette décision de nommer Zida Premier ministre s’apparente, toute proportion gardée, aux manœuvres du président russe, Vladimir Poutine avec son Premier ministre Dimitri Medvedev. […] Et il faut bien craindre, poursuit le quotidien ouagalais, que le chef de l’Etat, Michel Kafando le civil, soit juste utilisé pour satisfaire certaines formalités et contenter la communauté internationale. Le risque que le vrai pouvoir demeure entre les mains de l’armée n’est pas inexistant donc, estime Le Pays. Il faudra donc espérer qu’une fois de plus, les acteurs de la transition, surtout les forces de défense et de sécurité, surprennent agréablement le vaillant peuple burkinabè en levant les doutes sur leurs intentions, en démontrant qu’elles n’ont pas un agenda caché dans la conduite de cette transition. Sinon, on ne sera pas vraiment sorti de l’auberge. »

Théâtre de marionnettes ?

Inquiétude partagée par L’Observateur PaalgaL’Observateur qui évoque également le « syndrome Medvedev/Poutine, cet attelage russe où dans les faits, c’était le Premier ministre, l’ancien KGBiste Poutine, qui détenait la réalité du pouvoir. » On peut craindre, poursuit le journal, « qu’auréolé du prestige que lui ont conféré les deux semaines qu’il a passées à la tête de l’Etat, le colonel Zida ne conçoive le président Kafando comme son homme lige dans un théâtre de marionnettes où il tirerait les ficelles. »

Tout de même, tempère L’Observateur Paalga, « rien dans le comportement du colonel Zida durant ses deux semaines de présidence ne laisse deviner un tempérament dominateur et accapareur. Deux traits de caractère qui peuvent entacher l’harmonie souhaitable entre un chef de l’Etat et son Premier ministre. Surtout dans les circonstances actuelles. » Par ailleurs, poursuit le quotidien burkinabé, « la transition est bien encadrée non seulement par la Constitution mais aussi et surtout par la Charte consensuelle solennellement signée dimanche dernier. Il ne s’agit donc pas d’une navigation à vue comme au temps de Jean-Baptiste Ouédraogo et Thomas Sankara. Une date butoir a été fixée pour les tâches transitoires dont le couronnement sera l’organisation d’élections présidentielle et législatives sous délai impératif de douze mois. Croisons donc les doigts, conclut L’Observateur, pour espérer que tout ira pour le mieux dans la meilleure des transitions entre le président, Michel Kafando, et son Premier ministre, Yacouba Isaac Zida. »

Au service de la Grande muette ?

Enfin, le site d’information Guinée Conakry Infos exprime également des doutes… « Alors qu’on était encore subjugué par la brillante et heureuse issue que les Burkinabè ont trouvée à la crise consécutive à la démission de Blaise Compaoré, voilà que la nomination du colonel Zida, au poste de Premier ministre vient refroidir quelque peu les ardeurs démocratiques de plus d’un, constate Guinée Conakry Infos. […] Pour le président Kafando lui-même, poursuit-il, la nomination de Zida à la primature n’est pas le signe d’un départ rassurant. En effet, en cédant aux exigences de l’armée aussi précocement, il sacrifie une part importante de sa liberté, disons de sa marge de manœuvre. S’il ne redresse pas très vite la barre, prévient Guinée Conakry Infos, il risquera de donner l’impression qu’en réalité, c’est lui qui est au service de la Grande muette. Or, dès que le colonel Zida et ses camarades le sentiront vulnérable à leurs menaces voilées, ils ne le lâcheront plus. Et ce sera la fin de tous les espoirs associés à la succession pacifique et plutôt civilisée de Blaise Compaoré. »

 

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