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Invité Afrique

Annick Girardin: «Il faut une sensibilisation à cette politique de solidarité»

Audio 05:30
Annick Girardin inaugure le nouveau centre de traitement d'Ebola à Macenta (Guinée forestière), le 14 novembre 2014.
Annick Girardin inaugure le nouveau centre de traitement d'Ebola à Macenta (Guinée forestière), le 14 novembre 2014. © Henri Soupa

C’est la semaine de la solidarité internationale. A cette occasion, la secrétaire d’Etat française chargée du Développement et de la Francophonie vient de faire un « tour de France » pour présenter les priorités du gouvernement en matière d’aide au développement. Avant cela, Annick Girardin a effectué une tournée dans les pays touchés par Ebola. Et elle s’apprête à participer au sommet de la francophonie à Dakar la semaine prochaine. Elle est l’invitée de Charlotte Idrac.

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RFI : Vous avez fait le « Tour de France » ces derniers jours pour la Semaine de la solidarité internationale. Sur le terrain, qu’avez-vous constaté ? Quelle est la perception des Français sur la solidarité internationale, sur la politique d’aide au développement de la France en particulier ?

Annick Girardin : Les Français pour cette Semaine de la solidarité m’ont exprimée souvent, dans les différentes escales que j’ai pu faire, qu’ils soutenaient cette politique gouvernementale. D’ailleurs l’Agence française de développement vient de diffuser l’enquête qu’elle a menée auprès des Français. 63 % des Français aujourd’hui souhaitent que le gouvernement poursuive cette politique en faveur des pays les plus fragiles, et notamment les pays du Sud et de l’Afrique.

C’est pourtant un pourcentage est en baisse depuis trente ans…

C’est un pourcentage en baisse, mais qui est relativement bon, me semble-t-il, quand on connaît la situation française aujourd’hui et les difficultés que les Français rencontrent.

Toujours d’après cette étude, les plus favorables à la solidarité internationale, sont les plus aisés, les plus âgés et les plus éduqués. Comment l’expliquez-vous ?

Il faut une sensibilisation à cette politique de développement et de solidarité. Il y a ceux qui y ont accès très vite, qui avec leurs parents ont eu connaissance d’actions en faveur de la solidarité des pays du Sud. Puis, il y a ceux qui le découvrent plus tardivement. On voit aussi que nos dispositifs doivent être revus, notamment ceux de volontariat de manière à ce que davantage de jeunes s’impliquent sur ces questions d’engagement, sur des missions et des déplacements vers l’Afrique, mais aussi à ce que les jeunes du Sud viennent rencontrer les jeunes du Nord.

Avant ce « tour de France », vous avez fait un nouveau déplacement en Afrique, en Guinée et au Mali, les pays touchés par Ebola. Vous vous étiez déjà rendue en Guinée. Comment jugez-vous la situation là-bas ? Avez-vous pu constater des progrès grâce à la mobilisation ?

Oui, en Guinée parce qu’aujourd’hui, au-delà d’un slogan qui est « Ensemble, nous vaincrons Ebola », cela s’est révélé sur le terrain. D’abord, « Ensemble » parce que les nations ont travaillé ensemble, la France et la Guinée. « Ensemble » parce que les ONG ont travaillé ensemble. C’est une grande première qu’un centre comme celui que j’ai été inauguré en Guinée à Macenta ait été à la fois construit par Médecins sans frontières, préparé entre Médecins sans frontières et la Croix-Rouge, et confié en gestion ensuite à la Croix-Rouge. Comme quoi en travaillant ensemble… C’est le cas aussi de toutes les institutions, mais aussi de la population puisque pour la première fois, un centre ne s’est pas monté dans l’urgence. Il a été pensé sur cinq, six semaines avec cette population qui a accepté le positionnement de ce centre proche du village, qui a participé à sa construction. C’est une vraie politique intégrée d’un centre de traitement que la France a réalisé en Guinée, à l’épicentre de cette épidémie.

Face à l’épidémie, des médecins et notamment des médecins français travaillent sur l’élaboration d’un vaccin thérapeutique. Si ça marche, est-ce que la France serait prête à l’offrir ce vaccin aux pays concernés ?

Il y a, en effet, le volet traitement. Il y a un travail autour du vaccin, mais aussi de médicaments puisque la France va pouvoir mettre à disposition un certain nombre de médicaments qui ont été utilisés, notamment ici en France pour soigner le cas de la jeune femme touchée par le virus Ebola, qui est guérie. Nous allons pouvoir les utiliser en Guinée dans notre centre. Et au-delà, la France soutient bien sûr la recherche sur le vaccin. Mais tout cela nous porte quand même à plusieurs mois et donc il nous fallait agir en urgence. La France va ouvrir trois autres centres d’ici la fin de l’année, au-delà des centres de formation et du processus d’évacuation sanitaire que nous avons mis en place.

La semaine prochaine, vous vous rendez au Sommet de la Francophonie qui se tient à Dakar au Sénégal. L’un des enjeux, même si c’est loin d’être le seul, est la succession d’Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La France a-t-elle une préférence ?

Ce n’est pas facile de succéder à Abdou Diouf parce que c’est quelqu’un qui a fait évoluer l’OIF, notamment sur la question de la paix. Il y a aujourd’hui à choisir un nouveau secrétaire général qui va impulser - et ça va être son rôle principal - une nouvelle dynamique francophone au service du développement économique, mais qui n’oubliera bien sûr en rien les valeurs que nous transmettons à travers la Francophonie. Qui est cette personne qui va incarner cette nouvelle politique, cette nouvelle stratégie ? La France aujourd’hui ne soutient pas particulièrement un candidat et souhaite pouvoir trouver un consensus avec l’ensemble des pays du Sud notamment.

Et si aucun consensus ne se dégage, est-ce que Abdou Diouf pourrait rester quelque temps encore et prolonger son mandat ?

Ce n’est pas une question qui est à l’ordre du jour. C’est quelque chose qui avait été évoqué, mais pour plusieurs raisons, à ce jour Adbou Diouf n’a pas souhaité prolonger son mandat.

La France veut-elle insister sur cette dimension économique de la francophonie lors de ce sommet ?

Ce volet économique bien sûr, mais aussi un autre sujet qui est important. Le nombre de locuteurs possibles en 2050 pourrait être de 760 millions, c’est notre grand défi. Est-ce que tous ces jeunes qui arriveront parleront véritablement le français ? C’est un grand défi de l’éducation. Cette Francophonie doit être une chance et, pour cela, il faut qu’elle soit utile.

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